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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 19 mars 2022
Sa note : 17/20

LINE UP

-Henri Koivula
(chant)

-Natalie Safrosskin-Koskinen
(chant)

-Jarno Salomaa
(guitare+claviers)

-Tomi Ullgrén
(guitare)

-Sami "Tundra" Uusitalo
(basse)

-Samuel "Samu" Ruotsalainen
(batterie)

TRACKLIST

1) Return to the Void
2) Dissolution
3) Solitary Downfall
4) Reflection in Slow Time
5) Forfeit
6) The Inner Desolation

DISCOGRAPHIE


Shape Of Despair - Return to the Void
(2022) - death metal doom metal funeral - Label : Season Of Mist



« Mmmmmm !! » Certaines de mes connaissances se sont déclarées déçues du dernier Shape of Despair. Je le conçois très bien. « Mmmmmmmmm !! » Il faut dire qu’entre Angels of Distress et Monotony Fields, forcément, la barre a été mise tellement haute... Donc, je peux les comprendre. « MMMMMMMMM !! » Mais par contre, vous allez devoir m’excuser, il y a une de ces connaissances qui gigote beaucoup. Je l’enferme à la cave et je reviens.

Bon, avouons-le, j’ai eu également du mal à rentrer dedans. Le réflexe classique : chercher les nouveaux "Night’s Dew" et/ou "Descending Inner Night". Ah ça… ils nous ont tellement habitués à des choses fabuleuses. Et puis les deux premiers titres de Return to the Void sont un petit peu en dessous de la magnificence ultérieure. Une magnificence plus discrète que celle, éclatante, d’une très grande partie de l’album d’avant. Oui, on peut avoir la splendeur modeste. "Solitary Downfall", "Reflection in Slow Time" et "The Inner Desolation" se dégagent lentement de la brume. Lentement, quand on y pense, c’est normal. Shape of Despair a beau incarner une version sucrée du funeral doom, il s’agit tout de même de funeral doom. Il faut donc prendre son temps et plonger dans ladite brume. Car, si Angels of Distress nous emmène dans des cimetières, si Monotony Fields nous entraîne dans une plongée dans des courants froids et apaisants, Return to the Void ressemble à l’illustration qui en est proposée. Un paysage sombre, naturel, enveloppé par d’immenses bancs de brouillard. Dans cet univers cotonneux, rien ne s’exprime avec netteté, au moins dans un premier temps.
Une seule sensation est tout de suite perçue : après l’essai infructueux de "Still-Motion", Natalie complète à nouveau sa panoplie lyrique. Elle ne se contente plus de chœurs et chante, dans un registre gothique classique, et bien meilleur que sur le titre d’Illusion’s Play. On se rend également compte qu’Henri ose le registre black sur "Forfeit". Pour le reste, tout n’est que doute. Déception. « Merde, par où saisir cet album? Tu vas pas me dire qu’il est réellement moyen ? » Et puis, petit à petit, des certitudes se forgent. Pour ma part, ça a commencé avec "Reflection in Slow Time", le plus « Monotony Fields » des titres du nouvel album, tout en résonance, growl surpuissant et courants du même acabit. Et puis, j’ai aperçu les contours du sublime début de "Solitary Downfall", l'un des meilleurs moments de l’album, avant que la dernière partie du dernier titre de l’œuvre, à rapprocher, elle, d’Angels of Distress, me hérisse le poil à nouveau. Et puis l’atmosphère, bon Dieu, l’atmosphère… Sombre, humide, dépressive, et belle, comme une randonnée d’automne par temps couvert, au milieu des sapins. Ouf, j’ai eu très peur.


Après Bellum I, d’Aquilus, j’ai encore dû me faire violence pour entrer dans l’univers de mon groupe préféré, cette fois. Mais ça a valu la peine. Parole de fanboy ? Peut-être. Essayez par vous-même. Tentez l’immersion dans un univers dont personne ne ressort complètement indemne. Moins immédiat, plus modeste, Return to the Void n’en reste pas moins une nouvelle preuve de la puissante classe de la Forme du Désespoir. Merci à eux.





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