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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 13 avril 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-Brian Molko
(chant+guitare+claviers+basse+percussions)

-Bo Stefan Alexander Olsdal
(guitare+claviers+basse)

Ont participé à l'enregistrement :

-Cody Jet Molko
(chœurs sur "Try Beter Next Time")

-Pietro Garrone
(batterie)

-Matthew Lunn
(batterie sur 1, 3, 8 et 9)

TRACKLIST

1) Forever Chemicals
2) Beautiful James
3) Hugz
4) Happy Birthday in the Sky
5) The Prodigal
6) Surrounded By Spies
7) Try Beter Next Time
8) Sad White Reggae
9) Twin Demons
10) Chemtrails
11) This is What you Wanted
12) Went Missing
13) Fix Yourself

DISCOGRAPHIE


Placebo - Never Let Me Go
(2022) - rock alternatif - Label : So Recordings



Si on regarde dans le rétroviseur, on peut dire que Meds aura été un tournant dans la carrière de Placebo. Point d’orgue artistique pour les uns (dont votre serviteur), début de la descente aux enfers pour les autres, il aura été dans tous les cas l’album qui acheva de les consacrer sur le plan international. Si Battle For The Sun, malgré de réelles faiblesses, reste honorable, Loud Like Love sonnait le glas d’un groupe à court d’idées. Pourtant neuf ans plus tard, le duo revient sans crier gare avec un huitième effort Never Let Me Go qu’il va falloir déguster comme du bon vin, tant il se révèle au fil des écoutes.

Entendons-nous bien, Brian Molko et Stefan Olsdal n’atteignent pas les sommets gravis par le passé (il serait trop long de les énumérer ici) et bien sûr certains défauts inhérents au groupe depuis des décennies sont encore bien perceptibles. J’en veux pour preuve les titres un peu trop faciles de par leur écriture et leur rythmique largement entendu chez Placebo. On citera "Hugz", "Twin Demons" le single "Beautiful James" ou encore "Try Better Next Time", même si les deux dernières citées s’avèrent efficaces (pour la première, c’est clairement le titre faible de l’opus). Comme à l’accoutumée avec le duo, les occurrences plus calmes sont légion et font partie des qualités indéniables du combo. Si "This is What You Wanted" n’est pas mémorable, le reste s’avère particulièrement délicieux et rend Never Let Me Go sublime. "Went Missing" est déchirante et rappelle les grandes heures des ballades de Without You I’m Nothing quand "Fix Yourself" est profondément touchante de par son message qui s’adresse à tous.
Mais comme par le passé, là ou Placebo conforte sa place de mastodonte du rock alternatif UK, c’est par sa capacité à offrir des compositions hybrides (qui fait de Black Market Music son meilleur représentant à mon avis), où les rythmiques sont au service du message et où Molko et Olsdal évitent l’écueil du « vite faisons-en un tube ». L’opener "Forever Chemicals" et son côté indus en est le parfait exemple, et sa richesse se découvre au fil des écoutes, tout comme la sublime "Sad White Reggae" (et son intro rappelant Daft Punk) ou encore le single "Surrounded by Spies" ainsi que l’hypnotique "Chemtrails". Ces occurrences se savourent petit à petit et leur côté non immédiat octroie à Never Let Me Go une aura particulière.


Ce huitième effort, s’il aurait pu être délesté de deux-trois propositions pour le rendre légèrement plus digeste, s’avère une véritable surprise tant on n'attendait pas Placebo à ce niveau, pensant que le groupe avait tout dit. Pourtant le duo est en forme, à l’image du final de l’excellente "Happy Birthday in the Sky" qui prouve que le groupe n’a rien perdu de ce qui fait sa magie.



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