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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 16 avril 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-Frank Albanese
(chant+guitare)

-Peter Brown
(guitare)

-Greg Nottis
(chant+basse)

-Armindo "AJ" Viana
(batterie)

TRACKLIST

1) The Million Violations
2) Kenosis
3) Lithopaedic
4) Iosis
5) Decollation
6) Death Complex
7) Casting of the Self
8) All That Was Promised
9) Name Them Yet Build No Monument

DISCOGRAPHIE


Hath - All That Was Promised
(2022) - death metal black metal un peu prog - Label : Willowtip



Hath avait surpris son monde avec Of Rot and Ruin, un premier album très réussi, déjà fort maîtrisé pour un jeune groupe. Désormais attendus au tournant, il aura fallu trois ans pour que ses membres nous reviennent avec une nouvelle offrande intitulée All That Was Promised (à la pochette old school discutable). Vont-ils pleinement prendre leur envol et confirmer les espoirs mis en eux ?

Estampillé death metal tendance prog, Hath mérite davantage l’étiquette death metal tendance black. Les ambiances, les gimmicks de batterie… La part black metal semble avoir gonflée ces dernières années dans la musique du groupe. L’album commence avec "The Million Violation". Bien que ce soit une chanson à part entière, cela ressemble à une introduction tout en montée en tension. Du coup, on a l’impression que la piste est trop longue et devrait se couper plus rapidement pour lancer "Kenosis" sur orbite. Le début de la galette donne un sentiment de retenue, d’attente, comme si le groupe n’osait pas lâcher les chevaux. Cette impression provient aussi d’une batterie qui abuse parfois d’un continuum de double pédale qui empêche l’ensemble de décoller, de prendre pleinement du rythme ("Lithopaedic"). Même chose pour l’aspect mélodique peu présent sur les premières pistes avant d’exploser en fin de disque. À se demander d’où vient cette timidité. La peur de l’émotion ?
Ainsi, Hath nous refait le même coup que Of Rot and Ruin qui possédait un début d’album sympa avant de s’envoler vers les cieux dans sa deuxième partie. Nous avons droit à un schéma identique pour All That Was Promised. Les premiers morceaux sont agréables, mais comme ancrés dans la terre (si ce n’est l’excellent "Kenosis" dont le solo est un des pics de l’ensemble). La suite mettra tout le monde d’accord. C’est comme si l’on avait lâché la bride aux musiciens. Les mélodies se font plus présents, les moments forts aussi. C’est là que l’on entend le plus les influences de Ne Obliviscaris ("All That Was Promised", "Casting Of The Self"). Étant donnée la référence, c’est là que l’auditeur prendra le plus son pied. Les Américains nous balancent de véritables tueries cette fois, du death/black mélodique aux accents prog, intense et efficace. Les solos deviennent des manifestes, d’une grande puissance émotionnelle. À l’écoute de la très belle intro acoustique de "Casting Of The Self", on aimerait dire au groupe : « assumez l’émotion, assumez la mélodie, c’est là que votre musique détruit tout sur son passage ». L'ensemble se termine d'ailleurs avec beaucoup de délicatesse, à la basse.


Hath nous produit un album dans la lignée du précédent. Une première partie de qualité, une deuxième partie dantesque. Si on pouvait comprendre l’erreur pour des rookies, on l’acceptera moins pour des sophomores. Au moins, le groupe a su préserver son talent et se pose comme un des meilleurs représentants du genre. On espère fort que le troisième album sera la perle noire qui leur permettra de déposer à nos pieds leur chef d’œuvre. En attendant, ne boudez pas votre plaisir.





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