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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 20 avril 2022
Sa note : 18/20

LINE UP

-Ross Dolan
(chant+basse)

-Robert James Vigna
(guitare)

-Alexander "Alex" Bouks
(guitare)

-Steve Salaty
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Daniel A. "Dan" Lilker
(chœurs sur "Let the Darkness In")

TRACKLIST

1) Abandoned
2) An Act of God
3) The Age of No Light
4) Noose of Thorn
5) Shed the Light
6) Blooded
7) Overtures of the Wicked
8) Immoral Stain
9) Incineration Procession
10) Broken Prey
11) Derelict of Spirit
12) When Halos Burn
13) Let the Darkness In
14) And the Flames Wept
15) Apostle

DISCOGRAPHIE


Immolation - Act Of God
(2022) - death metal - Label : Nuclear Blast



Lorsque l’un de vos groupes favoris sort un nouvel album, c’est toujours avec une certaine fébrilité que se fait la découverte de ce dernier. La crainte d’être déçu est en effet très grande. Et même lorsqu’il s’agit de monstres reconnus et adulés à travers le monde entier, l’assurance n’est jamais de mise.

Ce sentiment, beaucoup ont dû le ressentir lors de l’annonce de la parution d’Act Of God, la onzième offrande longue durée d’Immolation. Et pourtant, en plus de trente ans de carrière, les États-Uniens ont rarement désillusionné leur horde de fans. D’aucuns pourtant ne jurent que par leur premier disque, mais la plupart des amateurs de death doivent s’incliner devant une telle discographie, qui a inspiré une myriade de groupes. Rapidement, ce disque impressionne. La pâte Immolation, reconnaissable entre mille, est bien présente. Les primes écoutes laissent cependant présager quelque chose de plus qu’un simple bon album. Le style caractéristique, un death rampant et lourd, est toujours brillamment exécuté, mais au bout de quelques jours, les riffs se distillent lentement et s’ancrent dans l'esprit des auditeurs. Prometteur…
Il faut dès lors se garder d’un second écueil. Celui de s’enflammer, en se laissant griser par des écoutes trop nombreuses et trop rapprochées. Laisser la bête se tapir dans l’ombre, pour l’affronter de nouveau, encore et encore, afin de jauger de sa puissance de destruction. Et là, l’on peut décemment affirmer qu’Act of God a de quoi faire pâlir de jalousie des milliers de suiveurs. La sagesse d’Immolation est grande, bien qu’ici, il ne cherche nullement l’originalité. Rien ne déboussolera celui qui suit l’aventure des New-Yorkais depuis des décennies. Les passages dissonants composés par Rob Vigna font toujours mouche, tout comme les soli qui s’égrènent durant les cinquante-deux minutes de l’album.
La rythmique a toujours joué un rôle essentiel chez Immolation, mais force est de constater que rarement le travail de composition, notamment des parties de batterie, n’a été aussi poussé. Steve Shalaty est un excellent batteur, tout le monde en était conscient. Pour autant, pouvait-on imaginer que son jeu, puissant, parfois rapide, pouvait être aussi fin ? Il ne vole cependant pas la vedette aux autres membres, sachant habilement s’intégrer à l’ensemble, offrant une cohérence impressionnante. La simple écoute de "Noose of Thorns" ou de "Apostle" devrait aisément vous convaincre. Et que dire de la prestation sans faille de Ross au chant, toujours aussi profond et menaçant ?
Qu’il me soit enfin permis de dire quelques mots concernant le son de ce disque. Paul Orofino et Zack Ohren sont une fois encore responsables de ce dernier. Il se veut moderne, tout en gardant le côté sombre voulu par le quartet. "The Age Of No Light", le début de "Shed The Light" qui vous prend à la gorge ou le puissant "Overtures Of The Wicked" sont magnifiés par ce travail sur le rendu sonore, réellement impressionnant. Il rend justice à des compositions léchées, qui dépeignent un monde des plus inquiétants. Le contexte lié à la pandémie est-il responsable de cette réussite ? Malgré sa durée relativement imposante pour le genre pratiqué, il n’y a pas de temps-morts sur Act of God, qui se laisse déguster avec un plaisir non feint. Encore et encore.


À l’heure de dresser un bilan, c’est avec une certaine surprise que l’on reconnaitra de nouveau l’immense talent d’Immolation. L’on pouvait attendre un album sympathique et nous avons affaire à l’une des meilleures sorties dans le style. Immolation peut toiser les acteurs et amateurs de death metal, affichant une forme déroutante. "Close are we... to a World Below" affirmaient-ils il y a plus de vingt ans. Act Of God pourrait désormais bien s’y adjoindre pour devenir la bande sonore de notre monde, malheureusement en pleine déliquescence.





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