18946

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 29 avril 2022
Sa note : 15/20

LINE UP

-Claudia J.
(chant)

-Stefanos "K." Kintzoglou
(chant+basse)

-Christos "D." Dragamestianos
(guitare)

-Evans M.
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Marcela Buruiană
(chant)

-Mihai Coran
(claviers)

-Elena Doroftei
(alto)

TRACKLIST

1) Infinity
2) Future Narcotic
3) The Threat of Seduction
4) Feed Her Lust
5) Love Can Be a Wave
6) Ethereal Blue
7) Heaven's Passager
8) Desire
9) Back to That Enigma
10) The K Song
11) Fragrance from Planets of Delight (bonus)
12) SD 2001 (bonus)
13) Space Avenger (bonus)
14) Fear and Love (bonus)
15) Virtual Limit (bonus)
16) Back to Earth (bonus)
17) Oxcilarating Sensations (bonus)

DISCOGRAPHIE

Future Narcotic (2000)
Aegean Sorrow (2018)
Threnos (2020)

On Thorns I Lay - Future Narcotic
(2000) - doom metal gothique atmosphérique - Label : Holy records



Outsider séduisant, On Thorns I Lay n'aura cessé d'évoluer depuis ses débuts à l'orée des années quatre-vingt-dix. Du death doom initial, il ne restait déjà plus grand chose sur le délicieux Crystal Tears (1999), le prédécesseur de Future Narcotic, quatrième LP de la formation grecque, plus romantique que jamais. Et ce grâce à un élément déterminant : l'alto d'Elena Doroftei.

« Quoi ? Du saxophone dans mon metal ? Jamais ! » On se calme, le Gardien de la Foi, l'alto dont il est question ici n'est pas une déclinaison de la seule invention belge connue avec la tartine aux frites mais un violon plus grand, plus grave, plus chaleureux, et disons-le, plus beau, n'en déplaise aux musiciens classiques qui accablent les altistes de leurs blagues douteuses* sous prétexte que ces derniers seraient des violonistes ratés que l'on a recasés à la pratique d'un instrument moins virtuose ne servant qu'à compléter les quatuors à cordes. Ce qui n'est pas loin d'être exact, mais ce n'est pas une raison pour mépriser cette caste de grands sensibles à laquelle appartient sans nul doute la susnommée Elena, déjà présente sur Crystal Tears et qui illumine la quasi totalité des compositions de Future Narcotic de ses motifs profondément mélancoliques, et ce dès la magnifique exposition dénommée "Infinity".
Ses interventions enrichissent la texture sonore en se mêlant de manière étonnante mais convaincante aux claviers sidéraux. Ces derniers, guidés par Mihai Coran, lui aussi simple invité sur l'enregistrement, dominent la guitare de Christos Dragamestianos, le leader de la formation, réduite au rôle de soutien et dont les accords lourds, quoique discrets, constituent la caution metal de Future Narcotic. La puissance n'est donc pas le maître-mot de l'œuvre, effleurée par la voix claire, pour ne pas dire fantomatique, de Stefanos Kintzoglou, assistée d'une nouvelle vocaliste moldave faisant songer à Shirley Manson de Garbage en version timide. Incontestables points faibles de l'album, les parties chantées en rehaussent pourtant le climat gothique et éthéré qui compense certaines maladresses tels le long break avec chuchotis dénervant "Love Can Be a Wave", les accents aseptisés de "Back to That Enigma" et le linéaire, quoique hypnotisant final, intitulé "The K Song". Pas de chant sur "Heaven's Passager", instrumental aux synthés cosmiques scandé par une boîte à rythmes métronomique, qui trouve un écho sur "Space Avenger", l'un des bonus de très bonne facture – il y a même des vocaux hurlés sur l'un d'entre eux, "Virtual Limit" – amusante incongruité dans cette océan de fluidité fébrile, à l'image de la chanson titre.
Bénéficiant du chant tonique de Marcela Buruiană, une autre guest, "The Threat of Seduction" progresse à allure modérée, ce qui n'est pas toujours bon signe s'agissant d'un titre d'On Thorns I Lay dont les réalisations souffrent parfois de la modestie des moyens alloués par Holy Records, label défricheur et fauché. Ainsi, même l'alto ne parvient pas à vivifier le long et translucide "Ethereal Blue" qui porte un peu trop bien son nom. Cependant, dès que le rythme accélère, la félicité est au rendez-vous, particulièrement sur "Feed Her Lust" et "Desire", occurrences sœurs belles à pleurer amorcées par des mélodies aux claviers qui mettent à genoux, relayées par des lignes vocales à la fois ferventes et sensibles puis, une fois n'est jamais trop, par l'alto envoûtant. De purs joyaux.


Avec Future Narcotic, On Thorns I Lay poursuit son incursion dans des sphères gothiques et atmosphériques d'une manière singulière. Borné par des vocalistes limités et un budget qui ne permet pas les arrangements fastueux, le collectif d'apprentis toubibs exilés en Roumanie offre une œuvre certes inégale mais à l'ambiance unique, sentimentale en diable et prenante. Dont deux magnifiques compositions à retourner l'âme. Ces artisans passionnés aux fulgurances parcimonieuses et à l'esprit aventureux n'ont pas l'étoffe de leaders d'une quelconque scène et c'est ce qui les rend, au final, singulièrement attachants.

Quel est le point commun entre la foudre et les doigts d'un altiste ?
Ça ne tombe jamais deux fois au même endroit et quand ça tombe, ça fait mal !
» entre autres exemples scandaleux (mais drôles, il faut l'admettre)



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5