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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 30 avril 2022
Sa note : 19/20

LINE UP

-Jayn Hanna Maiven
(chant+guitare)

-Christopher Smith
(batterie)

TRACKLIST

1) Sirens Nocturne
2) Lowly Weep
3) Unbound
4) Where the Devil Waits
5) Love Sudden's Death
6) The Seas
7) Immortals
8) Fear Not, My King

DISCOGRAPHIE

Realms (2016)
The Buried Storm (2022)

Darkher - The Buried Storm



-Qu’est-ce que tu fais, grand-père ?
-Je sème, Jeanne. Je mets des graines dans la terre.
-Des graines de quoi, grand-père ?
-Des graines de tempête.
-Ça a quelle saveur une tempête, grand-père ?
Le vieux s’essuie le front et regarde la gamine.
-La prochaine fois que tu pleures, Jeanne, goûte une de tes larmes.


Abandon, transcendance et candeur. Oh oui alors, de la candeur. Beaucoup de candeur. "Where The Devil Waits" est un pur morceau de candeur. Jayn Maiven-Darkher et son jardin secret, à l’abri de l’agitation du monde. Jayn Maiven-Darkher sur la plage, dans un cercle. Elle connecte avec ses divinités intérieures, toutes proches, avec les divinités de la nature, près d’elle également. Mais elle connecte aussi à distance avec nous. Oh my God, Jayn Maiven, what have you done? Comment as-tu pu évoluer d’une manière aussi grandiose en l’espace d’un seul album ? Realms était un joli signe avant-coureur, un peu répétitif, beaucoup marqué du sceau de Portishead, pas encore abouti. Mais là… Les références à Portishead sont toujours présentes, sur "Love’s Sudden Death" et "Fear Not, My King" notamment, mais bien moins envahissantes. À la place, notre sorcière bien aimée s’est attelée à composer une mixture rappelant le Sin Eater d’Amber Asylum, Light Field Reverie, Aleah Starbridge, Agnes Obel… et tout ce qui est doux, triste, fort et bouleversant.
The Buried Storm est une merveille de musique sombre, de chant éploré, que la batterie et une guitare viennent épauler par moments. "Lowly Weep" se prolonge ainsi, en mode instrumental, bien après que Darkher ait fini de nous murmurer des choses d’une beauté infinie. Même structure, en plus pesant et hypnotique, sur un "Immortals" sublime, qui remuera fatalement les tripes à toute personne pas trop fermée aux élans mélancoliques. Quant à "Where the Devil Waits", il est plus court mais pas moins porteur d’émotions. De plus, les paroles sont belles. Elles permettent à The Buried Storm de passer de manière définitive dans le monde de la pure poésie. La scène de deuil, toutes sirènes hurlantes, qu’est "Fear Not, My King" clôt d’une manière magistrale cette incroyable ode à l’Art. Les dark divas se servent de l’art. Sans ego mal placé, en toute discrétion, Jayn Maiven-Darkher, elle, sert l’art. Son Roi n’a effectivement rien à craindre.


I dive in the waves
They’ve risen above me
Capsized in the seas
Immortal are we
La vie est un passage, la mort, un voyage. The Buried Storm nous rend l’ensemble plus fort et plus brillant. Merci.






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