1895

CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Chris Bay
(chant+guitare)

-Dan Zimmermann
(batterie)

-Armin Donderer
(basse)

-Lars Rettkowitz
(guitare)

TRACKLIST

1)Demons Dance
2)Innocent World
3)United Alliance
4)Mr. Evil
5)Queen Of My World
6)Light Up The Sky
7)Words Of Endeavour
8)Blackened Sun
9)Dimensions
10)My Dying Paradise
11)Magic Moments
12)Far Away

DISCOGRAPHIE


Freedom Call - Dimensions
(2007) - mélodique speed metal - Label : SPV Steamhammer



Freedom Call accueille cette année deux petits nouveaux : le bassiste Armin Donderer et le guitariste Lars Rettkowitz. Avec pas moins de quatre titres à leur crédit, les nouveaux venus bouleversent littéralement la musique du groupe, comme si leur arrivée avait fourni à Chris Bay l’impulsion salvatrice, la coup de boost tant attendu pour enfin faire de Freedom Call autre chose qu’un groupe de seconde zone. Curieux renversement de situation.

Vous l’aurez compris, ce qui précède n’est rien d’autre qu’une vaste blague, qui plus est de goût assez douteux. Non, Freedom Call n’a pas pris pour bonne résolution 2007 de se mettre au scratch ou de jouer du postcore. Rien d’alarmant à cela. Mais de là à se faire un point d’honneur à enregistrer strictement le même album tous les ans, il y a un pas. À l’instar d’Hammerfall, Freedom Call devient une contre-référence pour tous les aspirants heavy-metalleux, et même pour les autres d’ailleurs. Décrétons donc que ces groupes ont créé un style à part entière : «l’insi-speed-metal». Allons plus loin : dans leur style, ce sont les meilleurs. Chris Bay revient nous le démontrer avec Dimensions.

Le pire dans tout cela, c’est que la musique n’est pas foncièrement mauvaise, ni particulièrement mal produite. Au contraire, le son est puissant, chaque instrument est élégamment mis en valeur, y compris les claviers et les chœurs. Le problème, c’est Gamma Ray. C’est Helloween. C’est Stratovarius. C’est Angra. C’est Edguy. C’est etc. Chaque couplet, chaque refrain, chaque riff, chaque solo (ils sont rares), chaque ligne de basse ne peuvent manquer d’évoquer tel ou tel groupe ; groupes qui n’ont pas non plus inventé l’eau chaude, entendons-nous, mais qui ont au moins eu, à un moment donné de leur carrière, l’éclair de génie de chercher à adapter la musique au contexte et non l’inverse. Comment – et surtout, pourquoi - Daniel Zimmermann reste t-il fidèle à ce groupe parodique de sa formation principale ? "Innocent World", "United Alliance", "My Dying Paradise" sont-ils autre chose que des ersatz sans intérêt des hymnes de Gamma Ray ?

Freedom Call adopte la « stratégie » de la stagnation volontaire. Je refuse en effet, peut-être que ma méfiance me perdra, de croire qu’un groupe puisse à ce point rester innocemment statique vis-à-vis du passé – mais aussi et surtout vis-à-vis de sa propre carrière. Cela est absolument gênant, quoiqu’on en dise. Que l’on parle des mélodies, des arrangements de claviers, des textes, des rythmes, des tentatives de breaks, tout est écrit à l’avance. Elizabeth Teissier adepte du gay-metal, peut-être les échanges vocaux et les chorales féminines de "Light Up The Sky" auront échappé à vos prédictions... Dimensions est un disque de heavy-speed correct. Mais pour qu’un disque de heavy-speed commence à être bon, il faut qu’il soit excellent, et c’est bien là l’équation du siècle. Ou alors on essaie d’évoluer. Parlez-en à Sonata Arctica.




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