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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 mai 2022
Sa note : 12/20

LINE UP

-Damon Good
(chant+guitare)

-Ben Petch
(guitare)

-Ben Newsome
(basse)

-Tim Call
(batterie)

TRACKLIST

1) Mountainous Shadows, Cast Through Time
2) The Exuviae of Gods
3) An Epic Dream of Desire

DISCOGRAPHIE


Mournful Congregation - The Exuviae of Gods - Part I (EP)
(2022) - doom metal Funeral - Label : Osmose



La longueur. Notion toute relative. Prenez trente centimètres. Vous pensez bien à ce à quoi je pense ? Ça fait long. Mais pour un arbre, c’est court. En musique c’est pareil. Quand un groupe disparaît des radars quatre ans, on trouve ça long. Sauf lorsqu’on parle funeral doom. On parle alors de norme, voire même de surchauffe. Mournful Congregation revient pour parler mue divine, en deux parties qui plus est. Le cortège mortuaire a donc des choses à dire.

Part I qui appelle une Part II (ce n’est pas moi qui le dis, mais le discours promo), cet EP est donc… l’équivalent d’un album normal chez bon nombre de formations. Trente-sept minutes, format hautement respectable qu’on acceptera comme tel en tant qu’EP. Remarquez, dans le style pratiqué, cela revient à trois chansons. Dont un réenregistrement d’une démo de 1995, les exégètes apprécieront. Les profanes se délecteront d’une relecture qui confine à la nouveauté. Bifurquons immédiatement sur cette reprise ou réinterprétation. Les anciens regretteront un nouvel enrobage trop propre faisant fi de la cradeur de la démo, d’autres s’étonneront de cette volonté d’épique via l’introduction de violons finaux. Et l’ajout de cinq bonnes minutes mine de rien. Demeure un titre axé sur la guitare sèche et une volonté plus forte de toucher au cœur l’auditeur. À ce sujet, le morceau-titre tire encore plus la corde sur la chose. Court (sept minutes, on s’entend), il égraine ses accords acoustiques à la manière du semeur qui lentement parcours son champ pour ensemencer les parcelles les plus propice à la croissance. Croissance de la douleur, de la mélancolie, on reprochera des guitares bien mielleuses mais les Australiens ont toujours eu un penchant pour intégrer force mélodies dans leur funeral doom des cavernes.
Finalement c’est bien la première chanson qui étale tout ce qu’on attend des doomsters : lenteur bien sûr, batterie pachydermique, mélodies funéraires et riffs martiaux, chant caverneux. Toute la panoplie y passe, avec toutes les qualités qu’on leur connaît. Car Damon Good est devenu maître dans l’art de façonner un funeral doom efficace et réussi. Le quidam pourrait penser à mal, se disant qu’il suffit d’aligner un accord de gratte toutes les quarante secondes, sauf que ce n’est pas aussi aisé. L’éloge de la lenteur réclame la science de l’accord juste et de l’enchaînement pertinent sous peine de sombrer très rapidement non seulement dans le misérabilisme musical, mais également dans l’ennui prodigieux. Rien de tout cela ici-bas, la dose de justesse fournie est conséquente, c’est donc l’esprit libéré que l’on se jette dans cette sortie. Bien sûr, avec quasiment trente années de carrière les amis croque-morts tombent dans une certaine routine. Car oui ils maîtrisent leur affaire, et oui, ils ravissent les oreilles amatrices, on ne peut s’empêcher de noter une constance facile dans la musique composée. Et si on se plonge dans la comparaison avec The Book of Kings, inévitablement celle-ci termine en faveur de ce dernier. Inspiration plus élevée, ambiance mieux façonnée, et probablement fraîcheur plus grande.


Pour conclusion, un EP agréable qui ne ment pas sur la marchandise. Il laisse entrevoir un groupe toujours maître en sa demeure. Les surprises n’abondent pas, d’autant plus qu’il y a un réenregistrement. Vous rétorquerez que pour un EP il n’y a pas scandale. Vrai. Néanmoins on exige plus que cela d’une des locomotives du genre.





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