1943

CHRONIQUE PAR ...

29
Sebrouxx
Cette chronique a été mise en ligne le 17 avril 2008
Sa note : 11/20

LINE UP

-Michael Monroe
(chant)

-Andy Mccoy
(guitare)

-Conny Bloom
(guitare)

-Andy Christell
(basse)

-Lacu
(batterie)

TRACKLIST

1)Hypermobile
2)Street Poetry
3)Fashion
4)Highwired
5)Power of Persuasion
6)Teenage Revolution
7)Worth Your Weight in Gold
8)Transcendental Groove
9)This One's For Rock'n'roll
10)Powertrip
11)Walkin' Away
12)Tootin' Star
13)Fumblefoot and Busy Bee

DISCOGRAPHIE

Street poetry (2007)

Hanoi Rocks - Street poetry
(2007) - hard rock - Label : Season Of Mist



À en croire Axl Rose, « Si Hanoi Rocks avait obtenu le succès qu'ils méritaient, vous n'auriez jamais entendu parler de Guns n' Roses ». En 2008, néanmoins, le dernier opus des Guns reste cependant plus attendu que celui (pourtant bel et bien sorti, lui) de Hanoi Rocks. Mieux que cela depuis son retour sur la scène musicale en 2002, la formation d’Helsinki en est déjà à son troisième album et confirme avec ce Street Poetry que Michael Monroe et cie font fi des modes actuelles de l’industrie rock mondiale. Mais surtout de la tendance finlandaise contemporaine. Un coup d'oeil sur la pochette vaut mieux qu'un long discours.

Petit rappel historique à ceux et celles qui ne voient en la Finlande qu’un autre pays du vacarme (Children of Bodom) et/ou du heavy mélodique chanté par quelques brunes évaporées (Nightwish). Ce pays abrite, depuis 1979, Hanoi Rocks. Le groupe a rapidement connu le succès sur ses terres natales avant d’envahir l’Angleterre, puis en toute logique le Japon (l'autre pays du maquillage!) En 1984, Bob Ezrin produit leur quatrième galette, Two Steps from The Move, qui leur ouvre les portes des USA (donc de MTV) et surtout du West Hollywood (donc du speed) qui sied parfaitement à leur look glam aussi assumé que travaillé. En découlent les inévitables rencontres heureuses (celles des Guns et surtout d’Axl, fan de la première heure) et malheureuses (celle de Vince Mötley Crüe Neil qui a tué accidentellement le batteur d’Hanoi – Dazzle - dans un accident de voiture). Le groupe et son charismatique leader Michael Monroe ne survivent pas à cette perte sèche, du moins, ne s’en remettent qu’en 2002 après un retour au bercail et x changements de line up. Soit dit en passant, le recrutement reste d’actualité pour Monroe qui cherche un nouveau batteur après le départ de Lacu, dernier frappeur en date qui a néanmoins pris part à l’enregistrement intégral de Street Poetry.

À l’écoute des treize (un chiffre hautement porte-bonheur, c’est bien connu) titres de ce dernier, une chose est sûre : autant on peut changer une équipe qui eût gagné, autant il reste difficile de mitonner autre chose que ce qui a pu faire recette par le passé. En l’occurrence, pas un Glam type Ratt ou Poison, mais plutôt un gros rock qui tâche tendance T-Rex ou Rolling Stones énervé. Hanoi ne s’en cache et, mieux, ne s’en prive pas en rendant ouvertement hommage à ses idoles lors du refrain de "This One’s for Rock n Roll", hymne à l’amour que Monroe voue aussi bien à Mick Jagger qu’à Joey Ramone. L’influence du premier se sent d’ailleurs sur plusieurs titres. "This One’s…" louche sans vergogne sur "Midnight Rambler" et "Honky Tonk Women", sans pour autant passer pour un désagréable plagiat. Quant à "Teenage Revolution", la chorale d’enfants rappelle, quelque part, les chœurs de "You Can’t Always Get What You Want". Monroe et les siens sont donc déterminés à se faire plaisir, et heureusement d’ailleurs. Le riff d’ouverture d’"Hypermobile" n’est donc voué à rester lettre morte : le groupe a sorti l’artillerie lourde pour 44 minutes sans la moindre ballade langoureuse, mais avec un instrumental final plutôt insolite pour le groupe.

44 minutes de gros rock comme dit précédemment, mais ponctuées ici et là de quelques envies d’ailleurs. Un tantinet de reggae ("Fashion"), de lead guitar surf pour faire plaisir à Tarantino ("Fashion" encore) mais aussi de groove accompagné d’une légère section de cuivres ("This One’s for Rock n Roll", encore et toujours). Il n’en demeure pas moins que malgré ces quelques incartades en « territoire étranger », Hanoi joue fort, use pleinement des ressources proposées par ses deux guitaristes qui ont parfaitement révisé leur « Keith Richards/Richie Sambora/Slash pour les Nuls » et exploitent parfaitement - tant en rythmique qu’en solo - les possibilités offertes par une Les Paul pluggée à un stack Marshall. Tous les potards sont réglés sur 11 et la chaîne d’effets réduite à sa plus simple expression (un peu de wha wha et de flanger histoire de pimenter la relation à l’instrument). Monroe, lui, travaille toujours autant sa voix à la Marlboro et continue de sortir épisodiquement le saxophone (si, si en 2007-2008 !) comme à la belle époque. Même Velvet Revolver n’a pas encore osé le faire dans ses compos les plus clichés.


Un cahier des charges réduit au minimum pour un groupe qui ne cherche plus à prouver grand chose si c’est que l’énergie et l’envie sont toujours présentes, même si le tout semble répétitif faute de changements de tempo. Amis musiciens, Street Poetry flirte avec le concept d’album métronome : si vous souhaitez revoir vos gammes en 47 minutes, tout en savourant une autre face de la Finlande que celles offertes par Alexi Laiho ou Tarja Turunen, foncez. Car à défaut de constater qu’Hanoi RULES, le constat est indéniable : Hanoi ROCKS.


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