2020

CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 27 avril 2008
Sa note : 3/20

LINE UP

-Eöl
(chant+claviers)

TRACKLIST

1)Intro
2)Son of the Shades
3)...Of Wolves & Blood
4)Infernal Woods
5)Ravensong
6)The Nocturnal Moon
7)Long Winter Days
8)Unholy Gleam
9)Hidden in the Nebular Landscapes
10)Endless Dark Flames

DISCOGRAPHIE


Elffor - Son of the Shades
(2008) - black metal ambient - Label : Northern Silence



Vous pensez que c’est cool d’être chroniqueur ? Détrompez-vous ! Ok, nous avons plein de disques gratuits, des entrées de concerts gratuits et nous interviewons des musiciens que vous rêveriez de voir ne serait-ce qu’une fois dans votre vie. Puis être chroniqueur chez les Éternels, c’est un peu le sentiment de faire partie d’une élite. Tout cela, c’est bien joli, mais derrière tout ce glamour et ce strass se cache une face sombre. Cachée dans ces ténèbres se trouve la plaie du chroniqueur, l’indicible horreur que redoute tout critique: le promo de merde. Ben ouais.

Commençons par la biographie du sieur ayant accouché de ce monstre, puisqu’Elffor est un one-man-band. Son nom de scène est Eöl, il est de nationalité espagnole et il n’est pas beau. Outre Elffor, qui est son side-project, il joue dans un groupe du nom de Suffering Down. Entre 1998 et 2006, Elffor a sorti 4 albums en auto-production, limités chacun à 500 exemplaires. Et l’histoire aurait dû s’arrêter ici. Seulement, Northern Silence Productions décida de ressortir tous les albums du groupe à cause de, et je cite le feuillet promotionnel, « l'énorme et continuelle demande ». Les vendeurs de la FNAC témoigneront, chaque jour ils doivent gérer une longue queue de clients leur demandant s'ils possèdent dans leurs bacs le dernier Elffor. Et voilà donc pourquoi la réédition du second album d’Elffor, originellement sorti en 2002, trouva son chemin chez votre serviteur dans un nouveau packaging, re-mixé et agrémenté de deux titres nouveaux.

Musicalement, cela ressemble à quoi ? Répondre « à rien » serait tentant, mais pas exact. Elffor, cela ressemble à du Summoning période Dol Guldur, ou à du Burzum période Filosofem. Sauf que cela pourrait être proche de ces groupes si Protector et Silenius n’avaient aucun talent et aucun matériel et si Vikernes avait bouffé du Bisounours durant sa tendre enfance. Elffor, c’est donc de l’ambient avec un vague soupçon de black metal. De longues ... très longues ... trop longues ... nappes de claviers Bontempi constituent le cœur du disque et l’ossature de chaque morceau. Avec un tempo de 10 BPM et environ 3 notes par morceau, les parties de claviers (qui est quasiment le seul instrument utilisé) ne varient que très peu durant l’album, et même pendant un morceau. Chaque titre est introduit par une nappe, avec de rares variations (clochettes, samples bruitistes), qui va tenir tout le long du morceau. Sur certaines compositions, la première note différente est à 5 minutes, pour des titres tutoyant les 7 minutes !

Alors bien entendu il serait facile d’arguer que cette facilité dans l'écriture est là pour construire une atmosphère hypnotique, grâce à la répétition des trois mêmes notes. Sauf que non, cela n’hypnotise pas, et les apports et variations ne suffisent pas pour construire quelque chose de cohérent ou intéressant. L'atmosphère est risible au mieux, affreuse au pire. Cela vous fera au choix rire (le kitschissime du son du clavier, la boite à rythme égrenant ses pauvres percussions), pleurer de rire (la pauvre ritournelle pseudo-médiévale, digne du plus mauvais des RPG) ou encore hurler de rire (le rare chant black-metal, qui ne possède aucune puissance et est affreusement sous-mixé, le mélange entre mélodie médiévale au luth et samples indus, ou celui de percussions ethniques avec une cornemuse). Rien ne vient sauver ce disque, qui construit une atmosphère de pacotille, au point d’en être ridicule, avec des compositions qui ne décollent jamais.


Pitoyable et risible. Selon votre état d’humeur, vous passerez l’heure à écouter ce disque en vous lamentant qu’Elffor signe un contrat avec un label alors que des dizaines de groupes plus méritants n’en aient pas, ou en hurlant de rire devant le kitsch et le ridicule des ambiances et la pauvreté des compositions. Mais quelle mouche a piqué Northern Silence ?


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