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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Peter "Peavy" Wagner
(chant+basse)

-Victor Smolski
(guitare+claviers)

-Mike Terrana
(batterie)

TRACKLIST

1)Morituri Te Salutant
2)Prelude Of Souls
3)Innocent
4)Depression
5)No Regrets
6)Confusion
7)Black
8)Beauty
9)No Fear
10)Soul Survivor
11)Full Moon
12)Kill Your Gods
13)Turn My World Around
14)Be With Me Or Be Gone
15)Speak Of The Dead
16)La Luna Reine

DISCOGRAPHIE


Rage - Speak of the Dead
(2006) - heavy metal - Label : Steamhammer



Une chose est sure à propos de ce nouveau Rage: c'est celui qui se sera le plus fait attendre. Jusqu'à Soundchaser, la formation emmenée par Peter Wagner était habituée à sortir des albums studio à un rythme proprement stakhanoviste: une nouvelle galette tous les ans. Et il faut rajouter à cela la qualité constante des réalisations qui, même si elles ne présentaient pas toutes un intérêt égal, donnaient rarement une impression d'inachevé ou de bâclé. En contrepartie, il ne fallait pas s'attendre avec une nouvelle sortie de Rage à une quelconque innovation (sans parler de révolution), la plus notable ayant eu lieu il y a plus de dix ans avec l'introduction d'éléments symphoniques dans l'album Lingua Mortis, enregistré avec un orchestre.

Après quelques albums de power/heavy assez conventionnel - mais toujours de qualité - le trio renoue avec l'aspect néo-classique et la composition ambitieuse. Ainsi la première moitié de cet album est constituée d'une longue "suite" intitulée... Lingua Mortis, assemblage de courts passages instrumentaux et de morceaux heavy caractéristiques de Rage, enregistrés avec l'Orchestre Symphonique de Minsk. Ce qui était sensé être le principal attrait de l'album n'arrive pas à convaincre pleinement: même si le groupe essaye de lui donner une continuité en enchevêtrant les éléments, par exemple la rythmique de "Prelude of Souls" reprise à la fin d'"Innocence" ou l'atmopshère triomphante de "No Regrets" faisant écho à l'introduction très "peplum" "Morituri Te Salutant", il n'arrive pas vraiment à achever une impression d'unité. La faute en revient sûrement à une durée trop courte pour une composition essayant d'être tour à tour grandiloquente, agressive, sombre ou encore mélancolique...

On pourrait aussi se plaindre de l'utilisation de l'orchestre qui n'est pas tout à fait optimale: les arrangements auraient pu être plus riches, plus fouillés, même si on est quand même loin d'un bête calquage sur le riff de guitare ou la ligne vocale. Ces quelques défauts mis de côté, on retrouve du Rage comme on l'aime: riffs puissants, refrains à reprendre en choeur, et la voix toujours aussi puissante et mélodique de Peter Wagner, le tout agrémenté de quelques petites surprises, comme les percussions en introduction de "Beauty" ou les accents presque industriels au début de "No Regrets". Certes, les habitués du groupe ne seront probablement déroutés, mais l'efficacité est toujours au rendez-vous, et Rage réussit à se répéter et à rester fidèle à son style sans jamais sombrer dans l'auto-parodie.

Ainsi, la deuxième moitié de l'album propose des titres "à la Rage" certes très classiques, mais jamais lassants. Mention spéciale pour le virtuose Smolski, dont les solos ont la capacité rare de combiner technique et émotion, à la fois démonstratifs et pleins de feeling. En somme, un opus qui n'arrive pas à être pleinement à la hauteur des ambitions affichées, mais qui valait quand même l'attente un peu plus prolongée que d'habitude.




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