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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Ash Advilsen
(chant)

-Tosin Abasi
(guitare)

-Evan Brewer
(basse)

-Vincent Vinh
(batterie)

TRACKLIST

1)Above the Pyramid and the Eye
2)Thoughts Dictate Reality
3)An Ode to the Evolution of Human Consciousness
4)The Sudden Realization
5)...of What You Were Missing
6)=[*]=
7)Single File to Bliss
8)There's No Sunlight in My Cubicle
9)The Keats Persona
10)1984-2004
11)Modern Day Babylon

DISCOGRAPHIE


Reflux - The Illusion of Democracy
(2005) - metalcore - Label : Prosthetic Records



Alors là, attention, une révélation énorme que ce Illusion Of Democracy! Première révolution: Reflux vient des Etats-Unis, pays où le néo et le metalcore ont le vent en poupe. Sortir un tel album en étant américain, cela relève de la bonne blague de potache. Mais non. Rien que la thématique de l'album (la politique américaine, les conspirations du pouvoir) annonce clairement la couleur: sous un thème cliché en cette période très négative pour le gouvernement U.S., Reflux réussit, grâce à un album véritablement coup de poing (vous allez comprendre), à se faire entendre. Seconde révolution: Reflux mange à tous les râteliers en ne recrachant rien. Traduction: cet album est un véritable condensé de metal extrême dans tous ses dérivatifs.


Empruntant autant (attention les yeux) au death-metal, au brutal death (Nile), au hardcore (The Dillinger Escape Plan, le chant hurlé), au metalcore (couplet hurlé/chant clair sur certains morceaux), au metal barré de Meshuggah pour l'amour du riff complètement à côté de la plaque ("The Keats Persona", instrumental véritablement schizophrène), qu'au metal progressif (les breaks à foison, innombrables - ET JE PESE MES MOTS -, la construction chaotique des compositions) et au cyber metal (le début de "The Sudden Realization..."), The Illusion Of Democracy rend tout à fait hommage à son titre.

Reflux a inventé le metal démocratique, où les styles de metal extrême les plus "influents" peuvent avoir leur droit de parole au sein d'un seul et même album. Bon, trêve de conneries, cet album est une pure tuerie. Maman, j'en ai encore plein les cages à miel: techniquement, ces Américains sont des killers de première, capables de ralentir, comme d'accélerer le rythme sur un simple coup de distortion. De plus, ils possèdent cette fraîcheur typique des jeunes groupes qui en sont à leur premier album: volatiles, concentrés d'énergie, insouciants et novateurs. Chaque morceau fait preuve d'inventivité dans sa construction (mention spéciale au diptyque "The Sudden Realization..."/"...Of What You Were Missing", véritable ode à Meshuggah), bien que l'ensemble puisse paraître complètement décousu au premier abord. Mais la froideur typique du modèle d'inspiration n'est ici que très peu présente.

Grâce à un mixage intelligent et une grande finesse d'écriture, il résulte de l'écoute de cet album (très bien produit au demeurant) une véritable jouissance devant un tel déballage d'idées au centimètre. Quand d'autant plus, on se prend un message politique très ambigu en pleine face (les élections américaines ont dû influencer l'écriture au plus haut point), couplé avec une technicité exemplaire ("Single File To Bliss" et son solo dantesque), on ne peut que rester coi devant tant de talent. Loin d'être insupportable à écouter malgré un degré de violence musicale très élevé, Reflux et leur Illusion Of Democracy est une petite perle venue des Etats-Unis, subtile et intelligente. C'est assez rare pour être souligné. Notez bien le nom du groupe, il risque de percer très rapidement, malgré le fait qu'il ne fasse aucune concession marketing. Vive l'intégrité, il n'y a que ça de vrai...




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