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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2008
Sa note : 8/20

LINE UP

-Glenn Danzig
(chant)

-Eerie Von
(guitare)

-John Christ
(basse)

-Chuck Biscuits
(Batterie)

TRACKLIST

CD 1
1)Pain Is Like an Animal
2)When Death Had No Name
3)Angel of the 7th Dawn
4)You Should Be Dying
5)Cold, Cold Rain
6)Buick McCane
7)When Death Had No Name
8)Satan's Crucifiction
9)The Mandrake's Cry
10)White Devil Rise
11)Come To Silver (Acoustic)
12)Deep
13)Warlock

CD 2
1)Lick the Blood Off My Hand
2)Crawl Across Your Killing Floor
3)I Know Your Lie
4)Caught in My Eye
5)Cat People
6)Bound By Blood
7)Who Claims The Soulless
8)Malefical
9)Soul Eater
10)Dying Seraph
11)Lady Luciferia
12)Under Belly of the Beast
13)Unspeakable Shango Mix

DISCOGRAPHIE

Lost Tracks (2007)
Skeletons (2015)

Danzig - Lost Tracks
(2007) - Heavy Blues Rock Gothique - Label :



Comment le jeune? Tu ne connais pas Glenn Danzig? Il faut dire que ca faisait une paire d'années que le Evil Elvis et sa voix d'outre tombe n'avait pas fait parler de lui (musicalement parlant bien sûr, sa carrière de producteur « cinématographique » n'ayant pas sa place ici). Alors histoire de rappeler à tout le monde qu'il existe encore, il décide de racler les fonds de tiroir pour sortir un double album de « rarities » et autres B-sides.

Petit rappel pour ceux qui ne connaîtraient pas la carrière du père Danzig. En 1977, il fonde les mythiques Misfits (mais si, le groupe qui a écrit "Die Die My Darling" et "Last Caress ") chantres d'un punk/garage délicieusement malsain. Cinq ans plus tard et quelques albums devenus cultes, Danzig les délaisse pour fonder Samhain , obscur groupe dont sont tirés les deux premiers titres de cette anthologie. Il rencontre alors Rick Rubin et rebaptise son groupe Danzig (ça a le mérite d'être clair). De cette heureuse union naîtront quatre albums de grande qualité, largement inspirés par le Sabbath période Ozzy, The Doors voire même Johnny Cash (pour lequel il a d'ailleurs écrit "13" et un autre titre qu'il a finalement gardé pour lui : "Come To Silver", qui apparaît sur Lost Tracks). Et puis c'est le drame : Danzig, qui ne donne pas sa part d'ego au chien, finit par s'engueuler avec Rubin et change de line-up. Il s'essayera ensuite à divers styles notamment l'Indus et le Power metal sans pour autant briller autant que dans son style de prédilection : le heavy blues.

Alors quid de cette anthologie? Autant vous dire tout de suite qu'elle est à réserver aux gros gros fans du bonhomme... Parce qu'attaquer la carrière de Danzig par ce Lost Tracks relève de la gageure tant l'ensemble fleure bon le grenier non dépoussiéré! On retrouve pêle-mêle, des morceaux qui n'étaient pas assez finis pour apparaître sur les premiers Danzig, des B-sides et quelques reprises. Parmi ces dernières on citera la très réussie "Cat People" (de Monsieur Bowie) extrêmement glauque sur le début et délicieusement décadente à partir de cet énorme riff qui déboule de nul part. Dans le rayon gros rock qui fait mal, on notera la présence de la superbe "Buick McCane" des cultissimes T-Rex (ce gimmick de guitare qui tourne sur le final est absolument époustouflant).

Pour rester dans les réussites, petit tour d'horizon des perles qui fleurissent çà et là. "Pain Is Like an Animal" avec son gros riff péchu et ses lignes catchy mérite d'etre cité, "Satan's Crucifiction" sent le Black Sab' à plein nez, mais fait son petit effet quand même. "Mandrake's Cry" et "Soul Eater" sont deux bons morceaux qui auraient mérité de figurer sur les albums réguliers du bonhomme. Mais les vraies réussites du coffret sont les magnifiques "Crawl Across the Killing Floor" et "Bound By Blood". La première, power ballad mélancolique, brille par ses guitares ingénieuses (les soli sont de toute beauté) et ses lignes de chant traînantes. "Bound By Blood" est de loin le meilleur morceau du diptyque ; riffs inspirés, soli extatiques et lignes de chant qui envoient : enfin du vrai doom/stoner qui fout des frissons!

Parce qu'il ne faut pas compter sur le reste pour vous procurer des érections... Tout au long des 26 titres , le médiocre côtoit le franchement mauvais voire même le pénible. "When Death Had No Name", que l'on retrouve sous deux formes «différentes » (comprendre une baclée, l'autre moins), "Come To Silver" ou encore "Who Claims The Soulless" contiennent leur lot de bonnes idées, mais le rendu n'est malheureusement pas à la hauteur. "Cold, Cold Rain", "Caught in My Eye" ou "I Know Your Lie" sont à la limite du supportable et toutes les tentatives Indus' du père Danzig tombent lamentablement à l'eau, sauf peut-être "Under Belly of the Beast", plutôt sympathique.


Si l'artwork de l'objet a été travaillé (un joli livret présenté sous la forme d'un comic, agrémenté de photos qui nous rappellent que le bonhomme est fan de musculation, de lui-même et de jeunes femmes légèrement vêtues), le contenu ne suit pas. Il est parfois difficile de faire passer des vessies pour des lanternes et ce Lost Tracks ne trompera personne. Plus proche du coup commercial destiné à délester quelques euros au malheureux fan que de la résurrection de perles rares, ce coffret contient en tout est pour tout six bons titres pour un total de 26 chansons... Faible ratio, vous en conviendrez.


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