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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-David Allan Coe
(chant+guitare)

-Dimebag Darrell
(guitare)

-Rex Brown
(basse)

-Vinnie Paul Abbott
(batterie)

TRACKLIST

1)Nothin' to Lose
2)Rebel Meets Rebel
3)Cowboys Do More Dope
4)Panfilo
5)Heart Worn Highway
6)One Nite Stands
7)Arizona Rivers
8)Get Outta My Life
9)Cherokee Cry
10)Time
11)No Compromise
12)N.Y.C. Streets

DISCOGRAPHIE


Rebel Meets Rebel - Rebel Meets Rebel
(2006) - heavy metal folk Heavy Metal / Country - Label : Big Vin Records



Voilà que les frères Vinnie Paul et Dimebag Darrell, rendus célèbres par Pantera, décident de rendre hommage à leur père et à leur origine musicale : la country. Mais eux, ce sont des musiciens metal. Ils vont donc faire appel pour le chant, la guitare rythmique et l'esprit sudiste à un type bien connu dans le milieu, David Allan Coe, célèbre chanteur de country music. La basse sera assurée par Rex Brown lui-même, et c'est ainsi que ces véritables cowboys de l'enfer, accompagnés d'un spécialiste du blues des blancs, tentent leur expérience pour le moins originale.

On commence par la piste "Nothin' to Lose", dont l'introduction est absolument mythique. On y entend des jeux de casino, assaisonnés par des cris féminins plutôt tendancieux, le tout sur un riff de guitare palm-muté et une basse slappée, formant ainsi un passage mémorable de l'histoire de la musique. S'ensuit un riff très metal suivi de très près par une ligne de voix plutôt country. Le contraste peut faire rire la première fois, mais ça reste du grand art, et ce premier morceau laisse présager le meilleur pour la suite. On constate d'ailleurs que ce cher Dime n'a rien laissé au vestiaire et qu'il a fait usage de tout son savoir faire dans les solos de guitare et les divers effets dont lui seul a le secret. Malgré les quelques aspects de cette chanson rappelant les States, ce premier morceau est clairement orienté metal.

Il faudra attendre la piste suivante, le morceau éponyme, pour jouir de passages plus country. Il se finit en effet sur une rythmique endiablée accompagnant un solo de violon, rappelant l'allure des trains des films dont l'action se déroule en 1880. Il fait également référence à la musique folklorique irlandaise, la country ayant puisé une grande partie d'elle-même dans la musique traditionnelle européenne, n'étant finalement qu'un mélange de musiques folkloriques de divers pays suite à l'émigration vers le Nouveau-Monde. Mais même ces aspects, orientés plus country que metal, apparaissent à nos oreilles comme assez violents. En revanche, la formation calme quelque peu le jeu avec l'instrumentale très latino nommée "Panfilo".

Rappelons que la country est une des influences (souvent oubliée) du rock 'n roll, tandis que le metal est issu de ce style lui-même. Et bien, le morceau "One Nite Stands" met tout le monde d'accord. Sur un rythme plutôt entraînant et une voix rappelant les premières heures du rock, on nous présente ici un véritable morceau de rock 'n roll, de par ses tonalités, ses lignes de voix, ses solos de guitare, mais le tout à la sauce metal et avec un son plus gros et lourd. Les guitares acoustiques sont elles aussi de la partie, citons par exemple la piste "N.Y.C Streets" pour illustrer cela. Le quatuor fait aussi usage à pas mal d'endroits de bruitages, comme dans la piste d'ouverture ou encore dans "Cherokee Cry", où vous pourrez entendre pendant quelques secondes des cris d'Indiens sur une petite rythmique rigolote made in Vinnie.


Un album à déconseiller aux amateurs de country pure ou de death metal dur, mais à faire écouter d'urgence à tous vos contacts ouverts d'esprit et à ceux qui aiment le bon rock 'n roll. Il s'agit de l'ultime cadeau que Monsieur Darrell aura fait à la musique, sa dernière occasion de nous montrer que ce n'était pas pour rien qu'il était considéré comme un des meilleurs guitaristes metal. Cet album sent bon le Sud américain d'il y a 150 ans, le Bourbon, et les tables de Black Jack.


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