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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Schmier
(basse+chant)

-Uwe "Schmuddel" Hoffman
(guitare)

-Jörg Michael
(batterie)

TRACKLIST

1)3rd Man Introduction
2)Parasite of Society
3)Silverskull
4)Remission
5)Doomsday for the Prayer
6)18 and Life
7)Read My Lips
8)Backs to the Wall
9)Egomaniac
10)The Calling
11)Payback Time
12)Rapid Fire

DISCOGRAPHIE


Headhunter - Parasite Of Society
(2008) - heavy metal musclé - Label : AFM Records



Dans la famille « reformation complètement inattendue », je voudrais Headhunter : bonne pioche ! Malgré la présence de Schmier, qui a fondé ce combo suite à sa douloureuse éviction de Destruction, on ne peut pas dire que le groupe ait rencontré un franc succès du temps de sa première incarnation. Après la réédition de ses 3 albums parus entre 1990 et 1994, cette réunion (durable ou simple one-shot en vue du prochain Wacken ?) est une nouvelle chance pour les Allemands de démontrer leur savoir-faire.

Après une petite intro décalée, une véritable tradition chez Headhunter, "Parasite of Society" déboule avec dans ses bagages une petite surprise : c'est du thrash ! Car aussi étonnant que cela puisse paraître vu le passé de Schmier, Headhunter a toujours donné dans un heavy metal musclé, une sorte de Priest shooté aux anabolisants. Or, ce nouvel album débute par un titre typiquement thrash, excellent au demeurant avec une petite touche melodeath qui rappelle le dernier album en date de Kreator. Un avant-goût du prochain Destruction attendu pour cet été, Schmier ayant visiblement décidé de se bouger les fesses en cette année 2008 ?

Toutefois, ce premier titre n'est pas du tout représentatif de l'orientation générale de ce 4ème album. Les choses rentrent en effet dans l'ordre dès le morceau suivant avec "Silverskull". Voilà un titre dans la lignée de "Hit Machine", qui s'avère parfaitement représentatif du style Headhunter : des riffs d'obédience heavy assez classiques, mais joués avec une forte envie d'en découdre, un tempo assez enlevé et, cerise sur le gâteau, un refrain bien catchy. Headhunter s'avère également à l'aise sur les morceaux plus lents, comme l'excellent "Remission" et son refrain tourmenté (et sa belle accélération finale) ou le bulldozer "Doomsday for the Prayer". Et une nouvelle fois, Schmuddel y est pour beaucoup.

On ne sait pas trop comment Schmier a repéré ce guitariste quasi inconnu au moment de la création de Headhunter (et qui depuis officie chez les allumés de V8 Wankers), mais ce fut assurément un riche idée. En plus de riffer comme un malade, le garçon dispose d'une véritable patte en solo, qui le voit apporter une touche mélodique à une musique plutôt musclée. Tout comme les précédents albums, Parasite Of Society est pour lui l'occasion de faire le show en multipliant les prouesses. Mention spéciale à Jörg Michael, qui démontre (si cela restait encore à prouver) qu'il est un grand batteur aux multiples facettes, loin de ses prestations robotiques raillées du temps de la splendeur de Stratovarius.

Malheureusement, malgré un début en fanfare, Parasite Of Society s'essouffle assez rapidement. La reprise décalée de la célébrissime ballade de Skid Row "18 & Life" ne fonctionne pas vraiment, et vient même couper la dynamique de l'album. Car après cela, plus grand chose à signaler. Quelques morceaux agréables sans être sensationnels au mieux ("Read My Lips", du heavy allemand classique, ou le plus lent et fouillé "Backs to the Wall"), de véritables ratés au pire : "My Calling" et "Payback Time" sont 2 mid tempo bien lourdauds, dans la lignée des plus gros foirages de Destruction en la matière. "The Calling" fait même partie de ces morceaux dont on sait qu'il n'y aura rien à en tirer juste en écoutant l'intro ! Et point de reprise délirante en fin de course, juste une reprise sage et appliquée du "Rapid Fire" de Judas Priest.


Pour son retour discographique, Headhunter signe un album agréable qui remplit parfaitement son office en matière de heavy bien burné. Toutefois, sans vouloir trop pinailler, on pouvait s'attendre à mieux à l'écoute des premiers titres très percutants. A l'évidence, il manque quelque chose pour venir chatouiller A Bizarre Gardening Accident pour le titre de meilleur album de Headhunter. Mais ne me faites surtout pas dire ce que je n'ai pas dit : Parasite Of Society demeure largement assez bon pour espérer qu'Headhunter ne s'en tienne pas là et continue son chemin.


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