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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Rob Halford
(chant)

-K.K Downing
(guitare)

-Glenn Tipton
(guitare)

-Ian Hill
(basse)

-Alan Moore
(batterie)

TRACKLIST

1)Victim of Changes
2)The Ripper
3)Dreamer Deceiver
4)Deceiver
5)Prelude
6)Tyrant
7)Genocide
8)Epitaph
9)Island of Domination

DISCOGRAPHIE


Judas Priest - Sad Wings Of Destiny
(1976) - heavy metal - Label : Gull Records



Si les deux premiers albums de Judas Priest, tous deux sortis chez Gull Records, ont mal vieilli, curieusement Sad Wings Of Destiny bénéficie d'une bien meilleure réputation que Rocka Rolla. Pourtant les deux albums ne sont pas si éloignés ; il s'agit d'un heavy encore fortement influencé par Black Sabbath, avec une liberté artistique propre aux années 70. Les deux albums ont même un son similaire, vieillot, assez proche du Sab là encore... un son qui ne convient pas vraiment à Judas Priest et qui n'aide pas à mettre en valeur le lyrisme des guitares.

Ici, les guitares ont un son presque aussi lourd et écrasant que celui de Tony Iommi. Heureusement, ce défaut sera rapidement corrigé à partir de Sin After Sin, merci Roger Glover. Le principal atout de Sad Wings Of Destiny est de contenir quatre titres phares et non des moindres puisqu'ils resteront longtemps présents dans les set-list du Priest : "The Ripper", "Victim of Changes", "Genocide" et "Tyrant". Rocka Rolla ne pouvait pas se targuer d'aligner quatre bombes métalliques, loin de là. C'est essentiellement pour ces classiques-là que Sad Wings Of Destiny est reconnu, même si ces versions studio sont parfois poussives, surtout celles de "Victim of Changes" et "The Ripper", d'une lourdeur toute Sabbathienne là encore. Mieux vaut s'écouter les versions live, nettement meilleures, disponibles sur Unleashed In The East.

Il faut se replacer dans le contexte, Black Sabbath était le groupe le plus heavy et influent à l'époque, Judas Priest commençait tout juste à poser les bases d'un heavy metal lyrique, encore sous influence, ponctué de vocaux sur-aigus (l'influence Ian Gillan), d'harmonies doubles (Wishbone Ash) et d'un parfum mystique propre aux années 70, sur lequel plane l'ombre Led Zeppelin. On peut s'en rendre compte sur la ballade aérienne "Dreamer Deceiver", un poil longuette, sorte de "Stairway to Heaven" à la sauce Judas Priest, avec un final nettement plus agressif ("Deceiver"). On n'échappe donc pas aux écueils de cette époque, le pire restant quand même le Queen-esque "Epitaph" au piano, sur lequel Rob Halford se la joue à la Freddie Mercury : ridicule ! A Night At The Opera est passé par là, rien qu'en écoutant les chœurs, cela paraît évident. Seul le très bon instrumental "Prelude" surprend positivement, avec "Epitaph" c'est un des rares morceaux du Priest à être construit autour du seul piano, le groupe se montrant tout à fait crédible dans cet exercice « progressif ».

La seconde face de Sad Wings Of Destiny est plus speed que la première, avec des tempos plus enlevés ("Tyrant", "Genocide"). Sur "Tyrant", un pur hymne heavy metal là encore, Rob Halford a eu la bonne idée de doubler sa voix sur certains passages, une excellente trouvaille qui sera reprise avec bonheur sur le final de "Sinner". "Island Of Domination" est également très heavy, dynamique, même si le Priest ne peut s'empêcher, une fois n'est pas coutume, d'inclure un passage bien lourdeaud à la Black Sabbath au milieu du titre. Sad Wings Of Destiny vaut surtout pour les quatre grands classiques cités plus haut, bibles métalliques indispensables pour comprendre le véritable point de départ du heavy metal tel que nous le connaissons tous. Mais le reste de l'album, assez maladroit et vieillot, n'est pas vraiment à la hauteur de la réputation de ce disque. Quatre classiques ne suffisent pas à faire un grand album.


Finalement, Sad Wings Of Destiny est un peu comparable à un vieux documentaire diffusé sur Arte à 2 heures du matin. Très instructif, c'est certain, mais aussi un poil chiant, le métalleux lambda préférera s'enfiler un bon vieux blockbuster années 80, tellement plus jouissif. C'est la même chose avec Judas Priest.


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