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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tom Araya
(basse+chant)

-Jeff Hannemann
(guitare)

-Kerry King
(guitare)

-Dave Lombardo
(batterie)

TRACKLIST

1)South Of Heaven
2)Silent Scream
3)Live Undead
4)Behind The Crooked Cross
5)Mandatory Suicide
6)Ghosts Of War
7)Read Between The Lies
8)Cleanse The Soul
9)Dissident Aggressor
10)Spill The Blood

DISCOGRAPHIE


Slayer - South Of Heaven
(1988) - thrash metal - Label : American



«Père, pardonne leur,
Car ils ne savent ce qu’ils font.
» (Luc 23 :34)

1988. Bobby a vingt ans. L’agitation est grande à la maison de repos. La naissance de Jordy et la censure progressive de Ken le Survivant au Club Dorothée ont été perçus par une majorité de pensionnaires comme la preuve irréfutable de l’existence du Mal. Ce que les masses abruties de medocs croient, Bobby ne s’en soucie guère. Car pour lui, les desseins du Malin sont infiniment plus explicites : Slayer va accoucher d’un successeur à Reign in Blood et la terreur, de nouveau, coulera dans ses veines. Bobby le sait : on peut brûler un single de Jordy, on peut oublier l’innocente petite boucherie qu’est Ken le Survivant. Mais Slayer, on ne s’en détourne point.


S’il y a un album sur terre qui aura fait lever des milliers de petits poings crispés, c’est bien South of Heaven. Combien ont-ils été, ces thrasheux de tout poil, de tous âges, à s’offusquer de l’improbable successeur de Reign in Blood ? Une légion. Il faut dire, à leur décharge, que Slayer a réussi là un contre-pied parfait, une Panenka oserais-je dire, aussi irritante que foutrement bien réalisée. Fallait le faire quand même, sortir un album aussi… lent et… posé (relativisons hein) après la formidable dégelée administrée deux ans plus tôt. On en avait dans l’pantalon à c’t’époque là, c’est sûr, et un peu dans la tête aussi, comme vous allez voir…

Il y a dans ce South of Heaven quelque chose d’indéniable, c’est sa qualité. Oui, South of Heaven est un bon album. Il n’est pas parfait, il n’est pas aussi irrésistible (se dit des albums dont la qualité aliène chez l’auditeur toute capacité à maîtriser rationnellement l’émotivité déclenchée par l’écoute) que le sont ses deux célèbres frangins, mais il est bon. Et c’est, je crois, ce qui est le plus énervant dans l’affaire. Si encore Reign in Blood avait été suivi d’un funeste étron, toute cette rage et toute cette frustration auraient été justifiées. Mais que peut-on reprocher à un album tel que South of Heaven, plein de maîtrise et d’assurance, qui ouvre bien grand la voie à ce que sera le vénéré Seasons in the Abyss ?

On lui reprochera les défauts de ses qualités. Si les perles que sont "South of Heaven" (et son intro lourde de menaces, pleine des vocaux plaintifs d’Araya), "Mandatory Suicide" (titre illuminé par la richesse du jeu de Lombardo, mais plombé, reconnaissons le, par un solo bien merdique d’Hanneman), "Ghost of War" (attention, break génial) et "Behind the Crooked Cross" (riff imparable, houla oui) témoignent d’une évolution incontestable, elles ne laissent que peu de chance aux autres morceaux, bien plus faibles pour la plupart.


Et ce sont ceux là qui ont été jeté en pâture aux excités réclamant du "Angel of Death" à tous les repas. À force d’entêtement, c’est tout l’album qui a été condamné pour défaut de violence notoire, et son refus de crâmer les feux rouges. Rien de définitif en soit, puisque Seasons in the Abyss, en tournant définitivement la page Reign in Blood, fera beaucoup pour la réhabilitation de l’œuvre. Œuvre qu’on ne devrait ignorer pour toutes les raisons mentionnées ci-dessus, mais aussi et surtout pour l’incroyable production orchestrée par Rick Rubin, qui a presque fait de la batterie de Dave Lombardo l’élément central de cet opus. Connaissant le talent du garçon, on ne saurait lui reprocher.


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