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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juin 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Simon
(chant)

-Scarynx
(chant+guitare)

-Gali
(guitare)

-Kris
(basse)

-Oliv
(batterie+samples)

TRACKLIST

1)Altière Action
2)Prophylaxie
3)Onirique
4)Saccades
5)Uppercut
6)Intrinsèque
7)Constats en eas
8)Visceral
9)Woka
10)Clos
11)Spiral/Circle
12)El Amel Hada El Hbala
13)A Bout De Force

DISCOGRAPHIE

Contrastes (2008)

Eradicate - Contrastes
(2008) - inclassable - Label : Autoproduction



"Organitech metal", pourquoi pas ? On a vu des étiquettes plus stupides que ça défiler auparavant, et si les Nantais d'Eradicate ont décidé qu'ils faisaient ce genre musique on ne va pas non plus leur en vouloir pour ça. La formation a eu le temps de définir son son vu qu'ils sont actifs depuis plus de dix ans... même si d'incessants problèmes de line-up les ont condamnés à ne sortir qu'une démo et un véritable album (Armageden) depuis tout ce temps. Il semble que tout ça se soit enfin stabilisé et qu'Eradicate soit de retour pour de bon avec une vengeance.

Une chose est sûre : classifier et décrire leur musique relève du casse-tête pour chroniqueur. C'est à la fois complexe et direct, énervé et introspectif, hystérique et pensé. Ca ne vous aide pas ? C'est normal ! Eradicate part dans tous les sens et on ne peut que tenter d'isoler des caractéristiques ici et là, comme un double chant hurlé qui penche vers le hardcore surviolent, de gros riffs rythmiques, l'utilisation fréquente de samples et de boucles, une ambiance générale axée sur la folie furieuse, des brisures d'ambiances fréquentes... faire le tour de cette masse d'information qu'est Contrastes relève du challenge de premier ordre et on ne peut que constater que le titre de l'album est extrêmement bien trouvé. Les contrastes sonores en question sont servis par une prod ultra bien fichue qui permet de profiter des multiples couleurs de la palette du groupe : quand Eradicate lie rythmique ultra martiale, chant psychotique et touches de claviers éthérées dans "Uppercut" c'est bien la pertinence de la prod qui empêche le tout de sonner comme une bouillie.

Face à un univers aussi foisonnant on tente le jeu des parallèles : on retrouve le Hacride de "Perturbed" dans certains riffs déstructurés de "Woka", l'ombre de Lofofora vient planer sur les couplets de "Viscéral" via un placement chant / riff qui rappelle des souvenirs... mais Eradicate ressemble autant à Hacride ou Lofo qu'à des milliards d'autres groupes, et à aucun au final. Chant féminin envoûtant et claviers typés Samael sur "Intrinsèque", réminiscences franchement death sur "Saccades", riffs noisy dissonnants sur "Clos", sonorités electro avant-gardistes sur "A bout de force"... on s'y perd sans cesse, et Eradicate semble prendre un plaisir tout particulier à ce jeu. Le simple fait qu'un seul titre de l'album soit clairement humoristique alors que les autres pas du tout ("Constats en tas", hilarante) est très représentative de l'intention : aucune règle à laquelle se raccrocher ne nous sera donnée. Et si c'est impressionnant, du coup on ressort de ce maelström sans aucun souvenir précis, sans aucune chanson en tête. Est-ce voulu ? En tous cas c'est déstabilisant.


Se faire une opinion tranchée sur cet album est très difficile, même après l'avoir écouté encore et encore. Impressionnant ça l'est, sans doute aucun... les idées fusent sans cesse, les ambiances sont bluffantes, la violence de certains passages scotche au mur, l'univers présenté fascine... mais écouterai-je encore cet album dans une semaine ? Je n'en sais strictement rien, et je me contenterai donc de lui coller une note bateau et de vous inviter à poser une oreille dessus. Cliquez sur le lien...


www.myspace.com/eradicatefr


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