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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Sammy Hagar
(chant)

-Eddie Van Halen
(guitare)

-Michael Anthony
(basse)

-Alex Van Halen
(batterie)

TRACKLIST

1)The Seventh Seal
2)Can't Stop Lovin' You
3)Don't Tell Me (What Love Can Do)
4)Amsterdam
5)Big Fat Money
6)Strung Out
7)Not Enough
8)Aftershock
9)Doin' Time
10)Baluchitherium
11)Take Me Back (Deja Vu)
12)Feelin'
13)Crossing Over

DISCOGRAPHIE


Van Halen - Balance
(1995) - hard rock hard US - Label : Warner



Une longue absence de quatre ans avait séparé For Unlawful Carnal Knowledge de Balance, sans oublier l'album live Right Here, Right Now qui était paru entre temps. Un laps de temps beaucoup trop long en tout cas durant lequel Van Halen a bien pris le temps de peaufiner son nouveau bébé. A propos de bébé, que symbolise exactement la pochette ? Un groupe à deux visages ? L'un sérieux et l'autre déjanté ? Mystère. Rien n'a été laissé au hasard sur Balance : une production parfaite, très raffinée sans pour autant sonner surfaite (Bruce Fairbairn) et un niveau technique exemplaire, avec un Eddie Van Halen qui ne cherche plus à en mettre systématiquement plein la vue.

Une grande maturité donc dans l'interprétation ce qui devait conduire logiquement à un style plus posé et moins rock 'n' roll. C'est bien le problème de Balance d'ailleurs, trop travaillé et pas assez spontané, ça manque cruellement de peps et de classiques mémorables tout ça. Enfin, Van Halen n'a pas viré grunge contrairement à ses contemporains de l'époque (Motley Crue, Skid Row), c'est déjà ça. Pourtant, l'album démarre bien avec "The Seventh Seal", un titre bien catchy dans la lignée de "Poundcake", avec le riff qui tue par excellence, le meilleur titre assurément. Enormément de reverb' sur la guitare, c'est assez impressionnant voire étouffant par moments. La batterie a également un pur son, avec un groove et des breaks d'une subtilité comme jamais il en avait fait.

Ensuite, les choses se gâtent avec le single "Can't Stop Lovin' You" d'une mièvrerie sans équivoque, avec un solo très court histoire de ne pas choquer les fans et des choeurs insupportables sur le refrain «ouuuuuuuuuu ouuuuu». "Don't Tell Me (What Love Can Do)" est sauvé de peu par son refrain mélodique, car à part ça, on s'ennuie ferme avec les riffs heavy et simplistes sur ce titre, même si encore une fois, le son des guitares n'en finit pas de trouer le cul. En fait, on se rend vite compte que le fun, une des caractéristiques essentielles de la musique de Van Halen, a disparu à jamais et semble s'être envolé du côté de David Lee Roth et de son Your Filthy Little Mouth qui, bien que loin d'être parfait, est quand même plus réjouissant que le Van Halen cuvée 1995. Mais après tout, tout le monde s'en balance de David Lee Roth (facile celle là je sais). Ici, chez Van Halen, l'objectif a été semble-t-il de devenir le plus harmonieux possible, au détriment de l'énergie primaire qui prédominait sur F.U.C.K.. Et même sur les titres les plus enjoués comme le rock 'n' roll de "Big Fat Money", Van Halen est devenu trop sérieux, trop sage et du coup, ben on s'ennuie sur ce disque qui n'est pourtant pas mauvais en soi, loin s'en faut.

Il y a bien quelques titres sympas comme le mid-tempo rock et groovy "Amsterdam" et ses «Yeah yeah yeah» sur le refrain, un "Feelin'" très mélodique ou l'instrumental "Baluchitherium" que n'aurait pas renié Joe Satriani en personne (mais avec une section basse-batterie plus intéressante que chez le Satriani habituel), ou même quelques intermèdes anecdotiques avec les bruitages bizarres de "Strung Out" et le court intermède percus - batterie "Doin' Time" censé apporté une couleur tribale à l'album, mais rien de bien excitant. Deux ballades aussi dont une bien nase au piano, dans le plus pur esprit ricain et avec des arpèges très communs à la guitare, Eddie nous a rarement habitué à ça ("Not Enough") et une autre assez jolie à la guitare acoustique ("Take Me Back (Deja Vu)"). On se réjouira juste pour l'éclair de génie que représente "Aftershock", où les riffs heavy d'Eddie alliés à ses harmoniques plus épurées que jamais font mouche, de même que le chant de Sammy Hagar retrouve de la pêche pour l'occasion.


Par rapport à F.U.C.K., Balance déçoit beaucoup et laisse perplexe pour l'avenir de Van Halen puisque tout laisse croire que la dynamique fun et énergique du groupe va disparaitre à jamais. Ce visage "sérieux" ne convient pas tant que ça à ce groupe puisque sur Balance, le groupe a du mal à déchainer les passions et à exciter à fond l'auditeur (excitation qui demeure indispensable à l'écoute d'un disque de Van Halen, sinon ce n'est pas du Van Halen). Il représente à ce jour le dernier album de Van Halen avec Sammy Hagar, et le style mature (et prise de chou) emprunté sera en parti repris sur le très décrié III, avec Gary Cherone au micro, mais avec en plus un retour bienvenu du rock 'n' roll bon enfant.


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