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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 29 août 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Alice Cooper
(chant)

-Glen Buxton
(guitare)

-Michael Bruce
(guitare)

-Dennis Dunaway
(basse)

-Neal Smith
(batterie)

TRACKLIST

1)School's Out
2)Luney Tune
3)Gutter Cat Vs. the Jets
4)Street Fight
5)Blue Turk
6)My Stars
7)Public Animal # 9
8)Alma Mater
9)Grande Finale

DISCOGRAPHIE


Cooper, Alice - School's Out
(1972) - hard rock - Label : Warner



Si jadis les oeuvres d'Alice Cooper terrifiaient l'Amérique bien pensante, lorsqu'on les réécoute aujourd'hui, elles sonnent comme du bon vieux rock 'n' roll, avec un mec qui braille derrière. Après deux albums plutôt hard (Love It To Death et Killer) qui ont permis à Alice Cooper de s'imposer durablement, School's Out marque le retour vers un esprit "Zappa-ien" plus proche de ses deux premiers méfaits, les méconnus Pretties For You et Easy Action.


En effet, s'il existe un disque qui symbolise à merveille les années folles d'Alice Cooper, ce serait bien de School's Out qu'il faudrait parler. Parmi tous les albums du Alice Cooper Band période Warner, si on regarde de plus près, on se rend compte qu'aucun d'entre eux n'est réellement parfait : Love It To Death avait des influences 60's trop évidentes et prévisibles, Killer contenait deux titres plus faibles ("Be My Lover" et "Yeah, Yeah, Yeah" pour ne pas les nommer), Billion Dollar Babies était ouvertement commercial... finalement, Muscle Of Love était sûrement le plus homogène de tous, mon préféré (avec Killer évidemment, quand même !) car diablement rock 'n' roll, d'une maturité exemplaire, allant droit à l'essentiel et ne contenant pas d'arrangements guignolesques propres à Bob Ezrin. Quid de School's Out ? Ce disque pourrait être perçu comme une vaste clownerie car il laisse part à toute la démesure du personnage d'Alice Cooper, bien aidé en cela par Bob Ezrin encore une fois.

School's Out part un peu dans tous les sens, c'est certainement son album le plus délirant. Des références régulières sont faites aux cartoons de la Warner Bros, sa maison de disque, comme c'est le cas à la fin de "Gutter Cat vs. the Jets" ou sur le dernier titre, "Grande Finale", conclusion digne d'une BO de film. Le seul reproche qu'on peut faire à School's Out est son absence de classiques car à part "School's Out" justement, il n'y en a pas. "School's Out" est un morceau vraiment heavy et hargneux ; Alice Cooper y est déchaîné comme jamais, en contraste avec la gentille chorale de marmots sur le refrain : un grand classique et un riff légendaire qui ne quitteront jamais les set-lists en concert. Les autres morceaux ne sont pas à classer dans le hard rock à proprement parler, ils sont orchestrés comme une pièce de théâtre et ne doivent pas être pris individuellement. Et c'est là où on se rend compte des faiblesses (légères) de ce disque et du songwriting parfois un peu approximatif. School's Out sent bon la défonce et les années 70 ; autrement dit, ça part un peu en couille par moments.

Une fois n'est pas coutume, le mimétisme entre Alice Cooper et Jim Morrison se retrouve sur "Blue Turk" qui, par son aspect bluesy et jazzy, rappelle fortement la musique des Doors. Même chose pour l'enfantin "Gutter Cat vs. the Jets", l'utilisation des claviers évoque les Doors là aussi, en plus fun quand même. "Luney Tune" voit le groupe renouer avec des sonorités psychédéliques qui disparaîtront complètement sur les albums suivants. "Alma Mater" est la ballade de service, imparable, pas mièvre pour un sou et elle prouve à quel point Alice Cooper sait aussi... chanter, ce qui était loin d'être évident pour le public qui le considérait comme un clown. "Public Animal # 9" est le seul titre furieusement rock 'n' roll et comme d'hab dans ce cas-là, ça dépote sévère. Les chœurs « yeah yeah yeah » et les claviers sont énormes, et ne parlons même pas du final sur lequel Alice Cooper pète littéralement un cable. Quant au déjanté "My Stars", il ne manque pas de folie et il représente bien les structures bordéliques de ce disque, c'est à mon avis la grande réussite de School's Out, avec un piano endiablé et un refrain turbo rouleau-compresseur. Les roulements de caisse claire y sont rigolos car tellement rudimentaires.


D'un côté, le grand public n'a jamais reconnu Alice Cooper pour sa musique mais plutôt comme un habile businessman, capable de vendre ses albums grâce à son image. Et de l'autre, les fans peuvent avoir tendance à s'emballer un peu vite et à crier au génie à chacune de ses oeuvres ce qui serait, dans le cas de School's Out, quelque peu exagéré.


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