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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Klas Rydberg
(chant)

-Erik Olofsson
(guitare)

-Johannes Persson
(guitare)

-Fredrik Kihlberg
(guitare)

-Anders Teglund
(claviers)

-Andreas Johansson
(basse)

-Thomas Hedlund
(batterie)

-Magnus Lindberg
(batterie)

TRACKLIST

1)Marching to the Heartbeats
2)Finland
3)Back to Chapel Town
4)And With Her Came the Birds
5)Thirtyfour
6)Dim
7)Dark City, Dead Man

DISCOGRAPHIE


Cult Of Luna - Somewhere Along The Highway
(2006) - postcore - Label : Earache Records



Salvation, tout de blanc vêtu, n’avait pas forcément plu à tout le monde, malgré la présence de morceaux monstrueux tels qu’ "Echoes" (formidable mise en bouche) ou encore "Leave Me Here". Cet album, amorçant le changement progressif débuté sur The Beyond, suit une logique qui n’appartient désormais qu’à Klas Rydberg et ses sbires. Somewhere Along The Highway, quant à lui, pousse un cran plus loin les aspirations du groupe nordique, qui se positionne désormais clairement comme l’un des fers de lance du postcore. Si vous voulez vous initier à ce style très particulier, la triade Neurosis/Isis/Cult Of Luna vous sera toute indiquée.

Le cas Cult Of Luna est désormais complexe. Les sept compositions de ce nouvel album sont dans la droite lignée de Salvation, dont on aurait poussé toutes les compteurs à leur maximum: plus atmosphériques et aériennes, mais aussi plus lourdes, plus étirées, plus froides et mélancoliques. Autant dire que si vous n’appréciez pas les morceaux à tiroirs et à rallonge, vous allez être servis malgré vous. Débutant par un vicieux morceau minimaliste et ambiant ("Marching to the Heartbeats"), tapissé de riffs sous accordés et larséniques, orné d’un chant clair sépulcral, on se dit alors que Cult Of Luna n’a pas fait assez de séances de photothérapie pour guérir de sa dépression chronique. Et on vise juste: la lumière - donnée toute nouvelle pour Cult Of Luna grâce à des mélodies enfin splendides - effleure ce disque sans jamais l’éblouir.

"Finland" débute la cérémonie de la façon la plus incroyable qui soit: rythme pachydermique et écrasant (quel son de guitare!) qui croise une explosion planante où les trois guitaristes enchevêtrent leur splendide grain de guitare. La suite de ce nouvel album lorgnera vers ces contrées où l’équation lourdeur du propos + lyrisme exacerbé + minimalisme jamais fortuit, en bons paradoxes qu’ils sont, formera le squelette de ce nouvel album, plus oppressant et étouffant que jamais. Salvation contenait beaucoup moins sa rage et éclatait de façon un peu trop systématique, alors que Somewhere Along The Highway multiplie les fausses pistes ("And With Her Came the Birds", "Thirtyfour", le substantiel "Dark City, Dead Man", labyrinthique au possible) et les montées en puissance hypnotiques ("Dim" et son cathartique final, où l’électronique joue de son attractive étrangeté, "Finland").


Ce nouvel album de Cult Of Luna pourrait bien être sa plus belle oeuvre, mais il est aussi plombé par les éternels défauts du genre: redondance et langueur exacerbée. Résolument axé sur les ambiances, l’émotion et sur les antagonismes – à ce titre, il pourrait bien rebuter plus d’une personne hermétique à ce style - Somewhere Along The Highway est l’album le plus sincère et le plus travaillé des Suédois, à écouter seul, au calme et en fermant les yeux. Le voyage n’en sera que meilleur. Inspirez profondément, vous y êtes presque…


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