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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Anders Colsefini
(chant+percussions)

-Josh Brainard
(guitare+chant)

-Donnie Steele
(guitare)

-Paul Gray
(basse)

-Shawn Crahan
(percussions+chant)

-Joey Jordison
(batterie)

TRACKLIST

1)Slipknot
2)Gently
3)Do Nothing/Bitchslap
4)Only One
5)Tattered and Torn
6)Confessions
7)Some Feel
8)Killers Are Quiet
9)Dogfish Rising

DISCOGRAPHIE


Slipknot - Mate. Feed. Kill. Repeat.



Avant son album intitulé Slipknot, que beaucoup considèrent comme le premier album du groupe, la bande à Joey Jordison avait déjà commis ce Mate Feed Kill Repeat, aujourd'hui hissé au rang de collector culte. Les membres du line-up étaient bien différents: seuls Joey le batteur, Paul le bassiste et Shawn le clown percussioniste étaient alors de la partie. Il est bien évidemment impossible aujourd'hui de détacher cet album du reste de la carrière du groupe, et c'est donc dans une optique de comparaison que je vais chroniquer ce skeud. Mais Mate. Feed. Kill. Repeat. (quel titre, au passage!) est loin d'être un pâle brouillon de la machine à hits ultraviolents qu'est Slipknot aujourd'hui: il réussit même à étonner et à surprendre.

Beaucoup de titres de cet album ont trouvé leur place plus tard dans la discographie du groupe, dans des versions remaniées pour la plupart. C'est ainsi que le premier titre, "Slipknot", est une version ralentie de "(sic"), titre de tueur ouvrant l'album éponyme. Tout le monde me suit? Et bien c'est fort intéressant... Car même si la pertinence d'avoir ensuite accéléré le tempo apparaît clairement, ce titre est lourd et bien efficace. Les riffs sont bons, même joués lentement. Et là, alors qu'on s'attend à une bête version démo, arrive la première claque: un... SOLO DE GUITARE! Seigneur! Et même ensuite des... Argh... GUITARES EN TWIN LEAD! Rappelons que ces deux éléments ont été étiquetés "nouveautés" quand ils sont apparus sur Vol. 3 alors qu'en fait le groupe avait ça en poche depuis près de dix ans.

Car là est la grosse surprise de cet album: il est incroyablement varié. "Gently" commence sur une mélodie de guitare classique très jolie, et à partir de "Do Nothing/Bitchslap", les choses commencent même à sérieusement se compliquer. Car ce titre est... jazzy! Oui, vous avez bien lu. L'intro de basse slappée claque, et après un riff méchant de chez méchant, le break jazzy vous cueille au menton. Et il revient. Voilà un titre très expérimental, qui un surprendra plus d'un... Et encore plus quand la personne apprendra qu'il s'agit de Slipknot. Le summum est atteint avec le titre "Confessions", qui tape carrément dans le funk groovy à la Faith No More. Ce titre ne s'énerve jamais! C'est du bonheur. Le titre "Only One", qui n'avait conservé qu'un break légèrement jazzy dans sa version connue, est également rehaussé ici d'une partie de guitare seventies à la wah-wah. Irrésistible! Car pour le reste, bien qu'un peu plus lent, c'est déjà Slipknot: riffs fâchés et chant énervé.

Ce chant, parlons-en. Corey Taylor n'est pas encore arrivé, et Anders assure un chant tout à fait correct. Il est plus typé métal (thrash/death) que Corey dans ses hurlements, mais paradoxalement moins agressif. Son chant clair est moins lisse, moins pop, et également moins maîtrisé. En rap son flow et son grain de voix sont quasiment identiques à ceux de Taylor, ce qui fait bizarre. Pour les autres membres, je me contenterai de dire que Joey était déja à l'époque un batteur extrêmement doué, et que la basse de Paul est bien plus mise en valeur. La prod (NDLR : et même l'autoprod!), par contre, est perdante sans appel: Ross Robinson ou Rick Rubin aux manettes, tout de même, ça aide. Le contraste est très sensible sur le titre "Tattered and Torn" : le thème flippant à la guitare ressort beaucoup moins, tout simplement parce que le son n'est pas assez travaillé.


Cet album vaut le coup d'être écouté. Il ne recèle aucune réelle bouse, et l'identité de groupe est vraiment forte. C'est amusant de se rendre compte que Slipknot a en fait épuré sa musique: ils ont viré bon nombre de leurs caractéristiques de départ pour atteindre la formule qui a atteint le succès que l'on sait. Les éléments funk, heavy et thrash de ce disque ont disparu à l'époque du line-up définitif. Slipknot a prouvé avec Vol. 3 qu'ils peuvent aujourd'hui faire la musique qui leur plaît sans se soucier de qui que ce soit, et pondre leur meilleure offrande au passage. S'ils poussent l'indépendance jusqu'à ressusciter certains des éléments complètements barrés de ce disque, le quatrième album risque d'être pas mal gratiné.


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