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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Ihsahn
(guitare+chant+claviers)

-Samoth
(batterie+guitare)

-Mortiis
(basse)

-Faust
(batterie)


TRACKLIST

1) I Am the Black Wizard
2) Wrath of the Tyrants
3) Night of the Graveless Souls
4) Cosmic Keys to My Creations & Times
5) Introduction
6) Ancient Queen
7) My Empire's Doom
8) Forgotten Centuries
9) Night of the Graveless Souls
10) Moon Over Kara-Shehr
11) Witches Sabbath
12) Lord of the Storms

DISCOGRAPHIE


Emperor - Wrath Of The Tyrants
(1992) - black metal - Label : Candlelight



Attention, disque légendaire ! Tel devrait être le panneau annonçant cet album. Mais ne vous méprenez pas, si disque légendaire il s’agit, c’est surtout parce que c’est le premier enregistrement officiel de Emperor (enregistrement qui soit dit en passant n’est qu’une démo). En effet le groupe est encore tout jeune, et ne possède même pas encore de batteur attitré lors de sa première cession en studio (la démo Emperor), puisque Samoth, futur guitariste, occupe de manière assez incongrue ce poste.

De manière plus notable, 2 chansons qui figurent sur la 2e démo Wrath of the Tyrants seront réenregistrées par la suite sur l’étincelant In The Nightside Eclipse. Bien sûr avec une qualité sonore bien meilleure. Car s’il ressort une chose de la carrière d’Emperor, c’est bien cette constante progression au niveau de la production, chaque album étant mieux enregistré que le précédent. Ainsi, In The Nightside Eclipse, avec un son encore faiblard (bien que phénoménalement juste), fait mieux que ce Wrath Of The Tyrants. Celui-ci verse même dans le Darkthrone période A Blaze In The Northern Sky (sorti la même année, coïncidence ?) pour la première partie (la démo Wrath Of The Tyrants). La deuxième partie (la démo Emperor chronologiquement antérieure), est beaucoup plus death dans son approche du son et des riffs, sans doute est-ce dû à son antériorité et à la suprématie du death à l’époque (qui est le style originel de tous les grands groupes de black norvégiens du début des années 90). De plus elle n’a pas encore de claviers. Le groupe l’intégrera donc juste après, pour ensuite développer l’idée. Force est de constater qu’Emperor sans claviers… c’est un peu comme une vache laitière sans pis.
Enfin, ceci, bien qu’important, n’est pas la caractéristique principale de cet album. Non, ce sont bien évidemment les compos qui importent et sur ce point, Emperor montre qu’il est un groupe fantastique en devenir. Tout commence par "I Am The Black Wizard" d’excellente facture. D’entrée de jeu le groupe annonce la couleur, il y a du clavier et les riffs sont plus mélodiques que ce qui se fait couramment dans le black d’alors. En fait, Emperor creusera une véritable tranchée dans le style. Avant lui, aucun groupe ou presque n’utilisait les claviers dans la musique même, de temps en temps pour des intros, mais jamais pour accompagner la musique. Après, beaucoup (trop) de groupes l’imiteront pour créer ce qu’il conviendra d’appeler le black symphonique. Et comme pour aller de pair avec ces claviers, le groupe use de la mélodie. Les guitares, certes tranchantes, créent plus de la musique que de l’ambiance. Et c’est ce qui fera la force d’Emperor. Leur black est très mélodique.
Ensuite, c’est le tour de la légendaire "Wrath Of The Tyrants", d'après le sticker sur la réédition du cd en tout cas. Certes la chanson est bonne (comme toujours avec Emperor), mais elle n’est pas la meilleure non plus. En fait elle tient plus de fait historique puisqu’il s’agit de la toute première enregistrée par le groupe, voili. Petite anecdote, elle est la seule, avec "Night of the Graveless Souls", à être réenregistrée de la toute première démo, Emperor. On passe ensuite à cette "Night Of The Graveless Souls" qui montre toute l’importance du clavier dans la musique d’Emperor avec un court passage où il est tout seul comme un grand, et la descente de notes qu’il délivre est particulièrement bien trouvée. Cette partie de l’album est d’un généreux calibre et bien au-dessus de la majorité de ce qui peut exister dans le genre aujourd’hui. Quand on pense que ça date de 1992, on imagine les remous que ça a dû produire ! De sacrés. En tout cas, cette démo changera à jamais la face du black metal, ce qui n’est pas rien ! Et elle ouvrira la brèche à tout plein d’opportunistes comme c’est malheureusement l’habitude.
2 chansons sont à la fois sur cet album et sur In The Nightside Eclipse : "I Am The Black Wizards" et "Cosmic Keys To My Creations And Times". Force est de constater que le groupe va profiter dans leur passage sur album véritable pour les enrichir et les rendre meilleures encore, au-delà de la simple production. Elles bénéficieront d’un jeu plus clair et précis et de plus de claviers, plus travaillés. D’ailleurs, d'une manière générale les claviers sont moins présents sur cette démo que par la suite, une idée qui a dû forcer son chemin avant d'atteindre sa plénitude. Ce sont aussi les deux meilleures chansons du disque, hasard ? Un mot pour la seconde partie (Emperor pour ceux qui suivent), la plus longue (9 chansons sur les 13), mais de loin la moins intéressante. En effet, comme dit précédemment, le groupe est encore en plein dans la mouvance death de l’époque et montre qu’il n’a pas un talent particulier pour le genre, en plus du fait qu’il s’agisse des toutes premières compos d’un groupe, donc moins bien jouées. Celles-ci sont honnêtes mais ne révolutionnent, ni ne transcendent le style. Toutefois premier élément black, le chant est braillé.


Ca s’étend, ça s’étend, mais il faut finir cette (bien longue) chronique. En clair, un album qui vaut surtout pour ses quatre premières chansons (soit Wrath of the Tyrants) qui sont vraiment la genèse d’Emperor. Le reste, bien que loin d’être mauvais, appartient plus à l’Histoire qu’à l’indispensabilité sonore.


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