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CHRONIQUE PAR ...

60
Dizayeure
Cette chronique a été mise en ligne le 04 octobre 2008
Sa note : 18/20

LINE UP

-Manuel Munoz
(chant+guitare)

-Nicolas Chevrollier
(guitare)

-Vincent Danhier
(basse)

-Frank Métayer
(batterie)

TRACKLIST

1)We Cry As One
2)It Can’t Be !
3)How Could You ?
4)Won’t Follow Him
5)It’s the Same for Everyone
6)Somewhere Else
7)Joy & Happiness
8)Transition
9)Quietly Kissing Death
10)All…
11)The Bathroom Monologue

DISCOGRAPHIE


The Old Dead Tree - The Nameless Disease
(2003) - mélodique dark metal - Label : Season Of Mist



Août 1999. Frédéric Guillermot, batteur original de The Old Dead Tree, se suicide de manière soudaine et imprévisible. Cet acte va profondément marquer le jeune et prometteur groupe parisien, qui venait tout juste de sortir sa première démo intitulée The Blossom. De ce drame et de la tristesse du groupe naîtra quatre ans plus tard leur premier album The Nameless Disease, entièrement dédié à Frédéric, que ce soit par les paroles ou les émotions transmises tout au long des onze morceaux.

Tristesse, souffrance, colère, incompréhension, impuissance,… voilà quelques-unes des nombreuses émotions que l’on trouvera dans The Nameless Disease. Ce premier album est le plus brut de la discographie de The Old Dead Tree, écrit et interprété avec les tripes du groupe. Vous n’y trouverez donc pas les arrangements travaillés d’une façon presque cinématographique que l’on entendra plus tard sur The Perpetual Motion et The Water Fields, mais les fondations à nu du style du groupe, sans artifice : des chansons en clair/obscur, avec alternance de riffs et d’arpèges, de chant clair et de growl. Manuel n’a jamais chanté aussi bien que sur cet album : sa voix est parfaitement maîtrisée et nous transmet une myriade de sentiments et de sensations ("Somewhere Else", "All" ou "How Could You" pour ne citer que celles-ci). Du pur bonheur.

Les autres membres de la formation ne sont pas en reste pour autant. Dès la première chanson "We Cry As One" on peut profiter du talent du batteur et de sa maîtrise de la double pédale, talent qui se confirmera tout au long de l’album ("It Can’t Be", "Joy & Happiness", …). Les parties de guitare sont également excellentes, que ce soit en riffs mémorables et dynamiques ("How Could You", "It’s the Same for Everyone") ou en arpèges mélancoliques et mélodieux ("All", "The Bathroom Monologue"). Et enfin, le meilleur pour la fin : la basse, qui est parfaitement mise en valeur (et à juste titre) sur cet album. En effet, outre les introductions de "It Can’t Be", "Quietly Kissing Death" et "Won’t Follow Him" qu’elle interprète quasiment toute seule, elle est bien présente et parfaitement audible à n’importe quel moment de l’album, que ce soit lors des passages calmes comme lors des passages énervés.

Comme toujours chez The Old Dead Tree, l’album est incroyablement cohérent, à la façon d’un album-concept, avec une progression digne d’un film et des transitions parfaites entre les titres (ah ce merveilleux triptyque que forment "Transition", "Quietly Kissing Death", "All…"). Dans chaque chanson, des passages calmes et mélancoliques côtoient des moments plus énervés, remplis de rage et de colère, de souffrance et de haine. Même si l’album est en général assez simple d’accès, certains titres le sont plus que d’autres, comme par exemple "It Can’t Be" (une véritable tuerie ce titre en concert !). L’ambiance change à la fin de l’album, comme l'apparition du printemps après un hiver rude, ou le lever du soleil après une nuit éprouvante (oui je sais, je suis d'humeur poétique aujourd'hui) : "All... " marque la fin du deuil, et "The Bathroom Monologue" le début de la guérison.


Le disque se clôt donc d’une bien belle façon, sur une dernière pensée optimiste pour Jérémie (« But wherever you are, I hope you keep laughing. Yes, Just keep laughing »). Le deuil du groupe a été fait à travers ce fabuleux disque, qui ne peut laisser personne indifférent. La souffrance s'est apaisée et le groupe va pouvoir penser à son futur. Ce premier album pose les bases du genre que The Old Dead Tree continuera à exercer sur ses deux opus suivants, qui seront certes très bons, mais n'arriveront pas à égaler ce The Nameless Disease.


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