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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Brian Livoti
(chant)

-Paul Vaughan
(guitare)

-Tim Donovan
(guitare)

-Nicholas Kirlis
(basse)

-Michael Garret
(batterie)

TRACKLIST

1)The Burden of Choice
2)Catalepsy of Fear
3)Conference Call Immolation
4)Maddening Assault
5)Civic Bloodlust
6)Great Misleader
7)Demonically Entrenched
8)Sheathed in Blood
9)The Wrong End of Living
10)Multitask Suicide
11)Nihilism and Despair
12)The Widening Stain
13)Jesus is Coming
14)Irrational Hate Soaked Fury
15)Wallet Sized Dental Records
16)Mildewed Death Trap
17)Repent and Perish
18)Trial by Barrage
19)Steaming Pile of Outcome Measures

DISCOGRAPHIE


Watchmaker - Kill.Fucking. Everyone
(2003) - grindcore - Label : Willowtip



La guerre, c'est laid. La guerre, c'est monstrueux. Watchmaker l'a compris et a réalisé un disque laid et monstrueux, bref un disque de grindcore. Parangons d'une musique extrêmement brutale et sans compromis, leur seul but semble être de tester le seuil de tolérance aux bruits de l'infortuné auditeur obligé d'essuyer les trente minutes d'assaut sonore gravées sur ce disque. Aucun répit ni aucune pitié ne sauraient être de mise. Après tout, si vous l'avez dans votre lecteur, c'est que vous avez consciemment déboursé vos sous parce que votre exemplaire usé par le temps de Scum ne vous procure plus les frissons nécessaires, ou alors que vous êtes chroniqueur. Dans les deux cas, vous l'avez bien cherché.

Les riffs de Watchmaker doivent sans aucun doute être classés "secret défense", c'est pourquoi le grand public n'a le droit qu'à la version cryptée par une production au code irréversible, sûrement calculée par les plus grands esprits du Massachusetts Institute of Technology. Il faut de très gros efforts pour distinguer un quelconque soupçon d'harmonie, et généralement lors les rares passages où les six-cordes ne sont pas accompagnées par le reste du groupe, on a dans les oreilles un son qui se rapproche plus d'un grincement de porte de bunker que d'une note conventionnelle (l'intro de "Mildewed Death Trap" en est la parfaite illustration). Il subsiste néanmoins quelques passages qu'on pourrait presque qualifier d'accrocheurs (comparés au reste de la galette), dans une veine brutal death ou black extrême, toujours avec ce son à la limite du larsen.

Il n'est pas rare de voir des comparaisons entre les hurleurs du metal extrême et différents porcins ou bien d'infortunés écorchés vifs. Brian Livoti (par ailleurs songwriter et auteur de l'artwork) mérite amplement d'être comparé aux deux à la fois tellement ses hurlements, la plupart du temps suraigus, nous rappellent que la cruauté envers le bétail en temps de guerre comme de paix est une triste réalité. Il essaye parfois de moduler son "chant" dans un registre plus grave, mais cela influe en fait très peu sur l'impression globale laissée par sa prestation: ce type se faisait torturer lors des sessions d'enregistrement.

Au milieu de tout ce brouhaha se dresse l'élément le plus contradictoire du disque: la batterie. D'un côté, c'est le seul instrument bénéficiant de ce que l'on pourrait appeler une production décente, avec un son sec et précis qui se détache très clairement. Mais d'un autre côté, cette clarté attire trop l'attention, et la trop grande monotonie des schémas rythmiques saute alors aux oreilles. Bien sûr, il s'agit de monotonie toute relative dans le cadre d'un disque de grindcore, et vous serez quand même servis en roulements de toms, brusques changements de tempo ou accélérations progressives. Hélas, entre ces passages plus ou moins inspirés se pose un leitmotiv usant à base d'alternance entre caisse claire et grosse caisse, proche d'un blast beat, ce qui contribue à rendre le disque un peu plus éprouvant qu'il ne l'est déjà.


En bref, à réserver à tous ceux qui n'ont pas peur de franchir la limite entre musique et chaos sonore.


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