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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9.5/20

LINE UP

-Stefan Zell
(chant)

-Mikael Zell
(guitare)

-Per Broddesson
(guitare)

-Thomas Jansson
(basse)

-Andreas Baglien
(claviers)

-Marcus Losbjer
(batterie+chant)

TRACKLIST

1)End
2)My Room
3)His Cold Touch
4)...
5)Leaving Yesterday
6)Towards Loss
7)The Storm Inside
8)Coma
9)Release
10)Post Life

DISCOGRAPHIE

The Window Purpose (2001)
Still (2006)

Wolverine - The Window Purpose
(2001) - metal prog - Label : DVS



Pas évident de chroniquer un CD une fois qu'on s'en est fait une opinion définie. «Mais c'est le contraire, il raconte n'importe quoi l'autre chameau !», devez-vous vous dire. Et bien non! Je ne suis pas saoûl, et c'est bien parce que mon opinion sur The Window Purpose est maintenant bien arrêtée que je ne sais pas trop quoi écrire dans cette chronique. Car voyez-vous, la plupart des CD que je chroniquais jusqu'à maintenant avaient pour point commun de ne pas être réductibles à une phrase. Sauf pour l'album de The Duskfall, au sujet duquel j'avais allongé l'affirmation «c'est du In Flames» sur trois paragraphes (pas pu faire plus). Et bien Wolverine c'est tout pareil. Remplacez «In Flames» par «Dream Theater» et vous avez une chro honnête et objective. Quoi, je ne peux pas m'en tirer comme ça ? Et bien je vais développer, mais c'est vraiment parce que c'est vous alors.

Oui... Dream Theater... euh... et bien Dream Theater est un groupe de métal progressif hyperconnu, comptant dans ses rangs l'Etre Suprême en la personne de John Myung... Oups pardon, c'est vrai, on parle de Wolverine !! Je vous présente mes plus humbles excuses, mais à l'écoute de The Window Purpose il est naturel de faire l'erreur. Car imaginez-vous que Wolverine fait un genre de métal... complexe (tiens ?), rythmiquement travaillé (ça alors...) et intégrant de multiples influences assez progressives (quelle surprise !!). Les riffs de guitare vont du bon gros truc basique thrashy à la « boucle en 5/7 sur une batterie en 8/4 tandis que le clavier fait du 12/42 ». La prod en elle-même est bonne, basse audible, son de guitare shred, batterie claire, etc. J'ai dit que ça sonnait comme Dream Theater ? Ah oui pardon, donc je ne le répète pas.

Enfin, il faut donner un crédit à Wolverine : leur chanteur ne sonne pas comme James LaBrie, ce qui plaira sûrement à certains. Non, il sonne comme Timo Kotipelto (Stratovarius) par moments et comme Russell Allen (Symphony X) à d'autres, c'est dire à quel point son identité vocale est affirmée (rire sarcastique). En parlant de la bande à Timo Tolkki, on peut noter un morceau en deux parties, "This Cold Touch", qui sonne diablement Stratovarius dans sa première moitié. Plus précisément Strato quand ils se la jouent lourd et épique, comme sur le morceau "Alpha & Omega". Et la deuxième partie sonne... Dream Theater, yipee ! Et DT période Derek Sherinian pour être précis, orgue hammond oblige.

Car c'est une performance du groupe au nom de mutant griffu Marvel : être capable de sonner comme toutes les époques de Dream Theater selon les titres. Le premier titre, "My Room", est tellement pompé que c'en est parodique. En gros on entend passer des riffs de la bande à Portnoy arrangés de la même façon, et on peut jouer au jeu de l'époque: «ah, un riff d'Images And Words... aaaah là c'est du Awake pur jus», etc. Parfois on tombe sur un riff ou un arpège n'appartenant PAS au groupe américain, et on en est tout déstabilisé. L'instrumental "..." (oui, c'est le titre de la plage CD) est une mélodie arpègée qui rappelle plus la scène prog des seventies. C'est fort joli d'ailleurs. Puis "Leaving Yesterday" arrive derrière, et là c'est le grand retour de la Petrucci Attitude. Attention, ce n'est pas que les notes dévalent comme chez notre shredder adoré; c'est le son, la mélodie, le placement qui forcent l'impression de déjà entendu. Sinon le titre est sympa, assez pop avec une guest féminine à la voix très agréable qui se marie bien avec celle du sieur Zell. Mais il suffit qu'un feeling différent s'installe quelques secondes pour que l'ombre du groupe de Rudess (je vais bientôt être à court de périphrases) revienne d'un seul coup, et rebelote. On finit par perdre espoir à force, et à raison.

Bon, les points positifs de ce skeud : le chant est « inspiré » mais d'un très bon niveau technique. Ce type pourrait faire un très bon chanteur de heavy-speed avec son registre haut-perché et puissant (il avoue être un fan de Geoff Tate)... Et le chant hurlé est agréable, bien que sous-exploité. Car de temps à autre un petit coup de growl vient renforcer tout ça, et ça passe en général fort bien. J'ai toujours pensé que quelques hurlements ici et là ne feraient pas de mal à la musique du Rêve Théâtre, et de ce point de vue-là c'est plaisant. On peut dire qu'en général Wolverine est un groupe d'excellents musiciens qui nous gratifient de très rares moments de joie perdus au milieu d'une montagne de clichés métal-prog. L'intro mystérieuse et mélancolique de "Towards Loss" fait son petit effet, mais la musique derrière est TELLEMENT pompée sur les géants du prog métal que même le chant hurlé ne rattrape pas la sauce. Quand on est pas dans DT on est dans Liquid Tension Experiment, c'est dire !


Résumé: ce n'est pas mauvais, loin de là. C'est juste complètement cloné. Mais alors complètement ! C'est surprenant de voir un groupe sortir une musique si variée et pourtant si déjà faite. Je ne vois au final que deux raisons d'acheter ce CD. Un : vous êtes un fan hardcore de progressif, et vous achetez TOUT ce qui sort dans ce genre. Deux : vous êtes taquin et aimez les blagues, et vous voulez faire croire à vos amis que DT a changé de chanteur et sorti un nouvel album. En dehors de ces deux cas de figure, je vous conseille de garder vos sous pour un groupe réellement innovateur et pas un clone de plus. Tiens, vous avez déjà des albums d'Opeth au moins ? Comment ça non ?! Et bien voilà une idée de dépense intelligente...


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