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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 18 octobre 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Marc Ferreira
(chant)

-Lydie Robin
(chant)

-Charly Sahona
(guitare+claviers)

-Thomas James
(basse)

-Diego Rapachietti
(batterie)

TRACKLIST

1)Swearing Lies
2)Be the One
3)Running Blind
4)Pearls of Dawn
5)Will You Save Me
6)Sparkling Rain
7)Hottest Ticket in Town
8)Love Gamers
9)Why ? This Women’s Life
10)Sublimated Dementia

DISCOGRAPHIE

Hybrid (2008)
Dawn of a New Era (2012)

Venturia - Hybrid
(2008) - metal prog - Label : Lion Music



Contrairement à toute attente, un des reproches récurrents que les adversaires du prog metal lui adressent est son manque de spontanéité et l’utilisation de codes qui en font un genre balisé et rigide. Alors que par définition, ce devrait être tout le contraire. Quoi que l’on pense des querelles de chapelles, force est de reconnaître qu'effectivement, une certaine forme de metal progressif est devenu tellement codifiée qu’elle en est prévisible. En voilà la preuve avec Venturia, un jeune groupe franco-suisse, dont le second album sort chez Lion Music.

Le style considéré ici est le metal progressif classique, celui de Dream Theater principalement, qui est la principale source d’influence de Venturia. Principale mais pas unique, nous retrouvons aussi dans la liste des influences des français les groupes de metal symphonique, un rapide coup d’oeil au line-up vous apprendra que Venturia possède deux chanteurs, un duo masculin/féminin. Lydie Robin ne chante pas pour autant en lyrique, bien au contraire elle varie entre un chant plutôt aérien emprunt de douceur et des lignes rock furieuses. Son duelliste Marc Ferreira possède lui un timbre très rock, qui contraste ou au contraire est un excellent complément à Robin. Variant ses lignes, il entre quelque fois dans le territoire du neo-metal sur quelques phrasés rappés. Les deux choristes font une prestation de grande qualité, qui ne souffre d’aucun défaut. Sans aucune fioriture technique, ils essayent tout au long de l’album diverses techniques de chant, sans jamais dénaturer les chansons, apportant de la richesse aux lignes mélodiques et une forme d'émotion.

Hybrid porte bien son nom, Venturia ayant incorporé tellement de plans issus d'azimuts différents: lignes de guitare speed ou thrash, ambiance Hard FM ou pop, nappes électroniques, lignes de basse groovy plus proche du Jazz que du metal. Les français expérimentent, changent le rythme en permanence, jouent avec les arrangements pour faire progresser les compositions, ce qui est bien normal pour le genre. L'écueil sur lequel bute Venturia est que ces progressions sont prévisibles, presque proches du gimmick, telle la montée en violence progressive. C’est bien amené, bien exécuté aussi, cependant un peu trop évident. Cela n’empêche pas deux des meilleurs titres de cet album, "Will You Save Me" et "Why ? This Women’s Life" de suivre ce modèle. Les deux titres débutent en ballade, pour s’intensifier vers une explosion finale magnifiquement menée par des orchestrations et des arrangements de qualité, sans même parler de la performance excellente de Lydie Robin sur "Why ? This Women’s Life".

Cependant, ces deux titres sont les exceptions qui confirment la règle: l’utilisation de plans gimmicks et les progressions trop évidentes sont contradictoires avec ce que voudrait être le metal progressif. Certains plans, tel ces montées de gammes, les quelques accords rapides de clavier vintage, sont trop prévisibles, trop peu surprenants, le groupe a tendance de plus à en abuser et à en parsemer dans chaque composition. Heureusement, le groupe n’abuse pas des démonstrations techniques, sauf ce solo inutile sur "Love Gamers". Les nombreuses digressions musicales, le nombre d’arrangements n’empêchent pas pour autant Venturia de composer intelligemment et de ne pas diluer son propos dans des longueurs inutiles, les chansons restent concises et concentrées sur l’essentiel, mis à part quelques fioritures et plans mentionnés au début de ce paragraphe.


Hybrid ne révolutionnera pas le monde du metal progressif, c’est évident mais ce n’est pas non plus le but de Venturia. Si le but du groupe était de produire un album typique du genre correct, il est atteint. Libre à chacun après de s’offusquer ou pas des gimmicks récurrents et prévisibles, presque des codes du metal progressif. La qualité technique, surtout celles des deux chanteurs, quelques chansons bien construites, sauront faire le consensus.


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