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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 26 octobre 2008
Sa note : 19/20

LINE UP

-Bon Scott
(chant)

-Angus Young
(guitare)

-Malcolm Young
(guitare)

-Mark Evans
(basse)

-Phil Rudd
(batterie)

TRACKLIST

1)It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll)
2)Rock 'n' Roll Singer
3)The Jack
4)Live Wire
5)T.N.T.
6)Can I Sit Next to You Girl
7)Little Lover
8)She's Got Balls
9)High Voltage

DISCOGRAPHIE


AC/DC - High Voltage
(1976) - rock hard rock blues - Label : Atlantic Records



«In the beginning! Back in 1975!» Enfin, pour la vraie version, celle parue en Australie. Parce que pour le reste du monde High Voltage est parue en 1976 et regroupe en fait les deux premiers albums des Australiens, High Voltage et T.N.T.. Certains morceaux disparaîtront purement et simplement de cette compilation et d'autres se retrouveront sur le Jailbreak '74. Bref, pour nous autres européens, le High Voltage et sa légendaire pochette est le premier album d'AC/DC, celui par lequel tout a commencé.

En 1974, date à laquelle les morceaux ont été enregistrés, ceux que l'on connaît maintenant comme les dinosaures du hard-rock, ne sont encore que des gamins. Pensez donc, Malcolm vient d'avoir 21 ans, son sautillant frangin n'a que 19 ans (même si un petit malin chez Atlantic lui avait à l'époque retiré une paire d'années, histoire de) et ils ignorent tout du destin qui les attend. Enfin, ils sont quand même bien décidés à devenir des stars les frangibus! Malcolm quitte l'école très tôt pour rejoindre le groupe de son grand frère Georges, Velvet Underground (pas celui de Reed, évidemment), et Angus suit la même pente. Il bosse notamment comme maquettiste pour un fascicule « pour adulte » histoire de s'acheter du matos. Estimant sans doute que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même les Young décident de monter un groupe. Après avoir essayé une paire de line-up, ils se fixent sur Phil Rudzevecuis (dit Phil Rudd) épaulé par Mark Evans pour la section rythmique et recrutent Bon Scott pour assurer le chant. Bien leur en a pris. La voix de Scott est faite pour les riffs des Young : même énergie crue, brute, sans fioritures. Même mélange de simplicité et d'efficacité. Le reste appartient à l'Histoire du rock.

C'est donc avec ce line-up en béton armé que les « boys » enregistrent leur premiers titres. Et quels titres! Les frères (qui composent tout avec Scott) ont déjà les riffs bien affutés et une capacité d'écriture impressionnante. A commencer par la monstrueuse "It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll)". Riff d'intro en béton armé, duo basse/batterie qui groove et chanteur extatique: on est en plein dedans! Et ce duel cornemuse/guitare! Certains esprits retors diront qu'il n'y a jamais eu de cornemuse et qu'il s'agirait en fait d'un son de guitare trafiqué. Grand bien leur fasse ; l'idée de la cornemuse est quand même plus romantique. Cornemuse ou pas, ça envoie sévère. Les Aussies remettent le couvert avec l'excellent "Rock 'n' Roll Singer" où l'on commence à apercevoir les talents du gars Bon Scott. Au delà de ses indéniables talents de chanteur (cette voix!) se dessine l'incroyable capacité à « raconter » les chansons, à habiter les paroles, bref, à faire vivre les morceaux... Ce mec dégage un charisme surnaturel, même en studio! Il suffit d'écouter pour s'en convaincre les deux blues de l'album "The Jack" et "Little Lover". La première est mondialement connue et apparaît sur chaque set-list, la seconde, peut-être pas ce que le groupe à fait de mieux, brille tout de même par la prestation de Scott.

Ligne de basse qui tabasse, guitares crescendo et batterie qui file droit, "Live Wire" et sans doute le morceau le moins rock 'n' roll de l'album, celui qui dessine les prémisses du côté hard-rock d'AC/DC. Parce que sur cet album c'est encore du blues rock, limite boogie, qu'ils jouent. Enervé et velu, certes, mais du blues-rock quand même! Dans la même lignée hard/blues/rock, "T.N.T". est tout simplement parfaite : trois-quatre accords, une grosse caisse, un chanteur extraordinaire et des lutins diaboliques qui assurent les chœurs, la classe. Reste à aborder "Can I Sit Next to You Girl" et "High Voltage". La première nous montre un Bon Scott libidineux, diaboliquement sexy et au sommet de son art. Boogie-woogie à tout les étages, guitares catchy et refrain immédiat, ce morceau est magique. "High Voltage", le morceau, est une bombe. Guitares rock 'n' roll, simples mais efficaces, avec des vrais morceaux de groove dedans, un Bon Scott qui envoie le bois et un final d'anthologie : « High Voltage Rock 'n' Roll »! Rajoutez "She's Got Balls", hommage étonnant de Bon Scott à sa compagne et le tableau est complet. Et parfait. Chapeau bas.


Plus de 30 ans après sa sortie High Voltage n'a pas pris une ride. Il fait partie de ces albums historiques, que l'on peut réécouter et réécouter sans jamais se lasser. Et il ne faudrait surtout pas s'en priver. High Voltage ou la préface de l'histoire de 5 gars qui sonnent comme un seul. Merci messieurs.


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