268

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Sabathan
(basse+chant)

-Nornagest
(batterie+guitare)

-Neibros
(guitare)

TRACKLIST

1)Boundless Demonication
2)Infernal Flesh Massacre
3)Spawn From The Abyss
4)Bloodline
5)Jehova Desecration
6)Diabolic Force
7)Land Of Demonic Fears
8)Radiance Of Mordacity
9)Graced By Evil Blood
10)Carnage In Worlds Beyond

DISCOGRAPHIE


Enthroned - Carnage In Worlds Beyond
(2002) - black metal - Label : Napalm Records



Des Belges ! Et oui, et même que ce groupe est plus connu qu’aucun groupe de metal noir français … Mais à leur décharge il faut avouer qu’ils tiennent une ligne de conduite et n’en démordent pas. Car à comparer cet album à leur premier, Towards the Skullthrone of Satan, les différences ne sautent pas aux yeux. Attention, je n’ai pas dit qu’il y avait une stagnation musicale ou un profond ennui à l’écoute de ces belges extrêmes, non. Juste qu’ils font toujours le même style de musique depuis leurs débuts, c’est tout à leur honneur quand on voit nombre de groupes de black errer un peu n’importe où et en faisant n’importe quoi surtout. Ici on sait à quoi on a affaire, du bon black brutal. Car il ne faut pas s’y tromper, la musique de Enthroned est excessivement puissante.

Pas trop de répit ne vous sera accordé durant toute la durée du disque. Les blast beats à tout va sont légion tout comme les longs roulements de double grosse caisse. En plus, la particularité de cet album est de proposer un son d’une puissance étonnante alliée à une profondeur épatante. Franchement, Enthroned a réussi à trouver un compromis idéal entre ambiance black metal et production écrasante, respect. On ne tombe pas dans le surproduit qui aurait nuit à ce black metal haineux. Plus dans le détail on notera des guitares bien mises en valeur avec une froideur caractéristique du genre et surtout une batterie, non seulement menée de main de maître par Alsvid de Seth et donc français, mais aussi dévastatrice rien que par sa production terrassante d’efficacité (notamment la caisse claire que je trouve faramineuse de puissance).

Au niveau des compositions, c’est du solide et efficace. Des riffs qui écorchent les tympans à chaque nouvelle piste et toujours agrémentés de soli (événement suffisamment rare dans le black metal pour être souligné) du plus bel effet, même si pas monstrueusement techniques. Ensuite c’est la batterie qui démolit tout, magnifiée qu’elle est par ce fabuleux mixage. Enfin le chant est dans la veine du pur black metal, bien écorché et finalement assez reconnaissable puisqu’il suffit de l’entendre pour savoir que nous sommes en présence de Enthroned. Du vrai bon black metal qui ne s’embarrasse pas de poudre aux yeux inutiles et qui va droit à l’essentiel, à savoir l’anéantissement de l’auditeur. Arrivé là, on pourrait se dire que c’est juste du black bêtement bourrin et donc redondant, et pourtant même si la violence est présente en permanence on ne ressent pas de déjà entendu ou cette impression d’écouter une seule et même chanson répétée 10 fois. En plus quelques petites surprises sont là pour gâter vos oreilles sous la forme d’une voix récitative sur fond de chœur religieux … cela donne une bonne impression de plénitude bien excellente. Et le mieux c’est que ça introduit une chanson plutôt calme, "Graced by Evil Blood", un fameux moment de répit au milieu de l’album. Les riffs ne sont plus décochés à la vitesse de la lumière et la batterie ne vous accule plus dans le mur à force de coup de butoir. Bien trouvé et bien joué. Une étrangeté d’autant plus qu’elle dure plus de 8 minutes au milieu de chansons plutôt courtes. En plus après, cela se conclut par le morceau-titre très court fait uniquement de piano, "Carnage in Worlds Beyond". C’est d’ailleurs la conclusion de l’album si on n’a pas l’édition limitée. Pour les détenteurs de la version avec bonus, vous aurez droit à "The Septentrionnal Shrine" dans la veine du black brutal de l’album, puis "The Horny and the Horned", une chanson de Impaled Nazarene et enfin "Genocide 2002", à la voix manipulée par ordinateur, que je devine être une auto-reprise d’après le nom, mais comme je ne connais pas suffisamment le groupe je m’abstiendrai de me prononcer.


Pour conclure on se retrouve face un groupe intègre, même si étrangement certains lui collent l’étiquette de vendus, et qui reste fidèle à ses convictions musicales tout en faisant évoluer sa musique vers plus de puissance. Vraiment un excellent album de vrai bon black metal bien brutal mais qui sait manier la finesse quand il le faut et avec talent. Du bon boulot qui fait plaisir à entendre dans un black metal décidément bien morne. A conseiller à ceux qui aiment quand ça bourrine.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3