2680

CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Cornelius
(chant+guitare)

-Lazare
(chant+batterie+claviers)

TRACKLIST

1)Sun I Call
2)Survival Of The Outlaw
3)Where Birds Have Never Been
4)Bragi (Instrumental)
5)White Frost Queen
6)There Is Need
7)Prayer Of A Son (Poem)
8)Crater Of The Valkyries
9)Sea I Called
10)Lokasenna

DISCOGRAPHIE


Solefald - Red For Fire: An Icelandic Odyssey Part I
(2005) - black metal pagan - viking - Label : Season Of Mist



Solefald a décidé de rendre un hommage appuyé aux terres vikings, avec la sortie de deux albums à six mois d'intervalle (Red For Fire, chroniqué ici, et Black For Death, prévu pour le début d'année prochaine). Ces deux albums ne formeront qu'un au final. Red For Fire est un concept-album, hommage à la mythologie nordique et aux terres vikings. La musique de Solefald s'y trouve donc métamorphosée, tout en conservant le style si atypique qui font de ce groupe norvégien un must en matière de black progressif. Si Pills Against The Ageless Ills et In Harmonia Universali (une réussite, entre baroque, classique et black alambiqué) avaient ravi les amateurs de ce style typiquement scandinave, Red For Fire risque de décontenancer au premier abord. Ce nouvel album, premier volet d'un diptyque, est un pur album de pagan/viking metal, avec de nombreuses touches de black, principalement instrumentales.

L'étrangeté et le propos très original que dévoilaient les précédents albums a été ici délaissée pour une musique tout aussi foisonnante, à l'âme aventurière. Dès l'ouverture "Sun I Call", qui retrouve son écho sur "Sea I Called", fermant la boucle provisoirement, on se retrouve sur les terres nordiques, tant l'esthétisme et la richesse des arrangements ("Bragi", violons en avant) des deux compères ne laissent aucun doute sur la désormais lointaine filiation du groupe avec le black metal originel, qui ne sert ici que de trame de fond. La voix cristalline d'Aggie Frost Peterson se pose délicatement sur de classieux arpèges de saxophone, vous transportant dans de hautes sphères musicales: le mouvement se fait ample, mesuré et parcimonieux, pour ensuite exploser dans un break black édifiant en milieu de morceau.

Le mot épique prend ici tout son sens: les éffrénés "Survival Of The Outlaw", "There Is Need" (froid, mécanique et menaçant), et surtout le magnifique - et je pèse mes mots! - "Crater Of The Valkyries", d'ores et déjà sur le panthéon des plus beaux morceaux de black épique, avec "As Fire Swept Clean The Earth" d'Enslaved (qui cultive ici quelques accointances avec Solefald sur ce disque) ne sont que témoignages sincères de l'amour de l'ex-Sturmgeist Cornelius et de l'ex-Borknagar Lazare envers leurs racines nordiques.

Loin de toute influence, ils livrent ainsi une de leurs oeuvres les plus abouties et les plus cohérentes à ce jour. Si In Harmonia Universali sublimait le terme alambiqué, autant avec Red For Fire, la recherche mélodique et émotionnelle prévaut sur l'expérimentation. Bien sûr, la voix black parfois très maladroite de Cornelius (compensée par la voix lumineuse de Lazare) ne plaira pas à tout le monde, loin du timbre écorché mais si expressif de Grutle Kjellson (Enslaved) ou de Garm (Ulver), tout comme l'absence de foisonnement baroque et illuminé décevra peut-être les purs admirateurs de ce groupe hors normes.


Solefald livre avec Red For Fire, disque de pure beauté artistique, une oeuvre qui peut facilement entrer dans le classement des plus beaux albums de cette année. On attendra simplement la conclusion de ce diptyque prometteur, en la personne de Black For Death, dont la couleur annonce un changement d'orientation bienvenu: Red For Fire est la lumière, Black For Death représentera certainement la noirceur. Des disques de cette trempe-là, on en redemande et pas qu'un peu.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2