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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2008
Sa note : 9/20

LINE UP

-Nick D'Virgilio
(chant+batterie)

-Don Carr
(guitare+sitar+banjo)

-Dave Martin
(basse)

-Jeff Taylor
(claviers+accordéon+flûtiau)

-John Hinchey
(arrangements cordes et cuivres)

+ cuivres et cordes en pagaille

TRACKLIST

CD 1
1)The Lamb Lies Down on Broadway
2)Fly on a Windshield
3)Broadway Melody of 1974
4)Cuckoo Cocoon
5)In the Cage
6)The Grand Parade of Lifeless Packaging
7)Back in N.Y.C.
8)Hairless Heart
9)Counting Out Time
10)The Carpet Crawlers
11)The Chamber of 32 Doors

CD 2
1)Lilywhite Lilith
2)The Waiting Room
3)Anyway
4)Here Comes the Supernatural Anaesthetist
5)The Lamia
6)Silent Sorrow in Empty Boats
7)The Colony of Slippermen (Arrival - A Visit to the Doktor - Raven)
8)Ravine
9)The Light Dies Down on Broadway
10)Riding the Scree
11)In the Rapids
12)It

DISCOGRAPHIE


Rewiring Genesis - A Tribute To The Lamb Lies Down On Broadway
(2008) - rock prog - Label : Progrock Records



Tiens donc ! Un tribute à l’album-fleuve de Genesis quelques semaines avant la parution du mix 5.1 ? L’occasion était trop belle pour « donner un second souffle » à l’œuvre, dixit l’intrépide Nick D’Virgilio, et assisté du super-producteur Mark Hornsby, le voilà qui se lance dans une réinvention de The Lamb. Enfin, « réinvention », le mot est un peu fort, et c’est bien ce manque de prise de risque qui plombe l’album au final…

L’entreprise étant fort téméraire, NDV et sa bande ont fort justement limité leurs prétentions : dans cet hommage ne se dissimule aucune volonté de surpasser ou supplanter l’œuvre originelle. Et qui le pourrait ? The Lamb Lies Down On Broadway est tellement le reflet, d’une part de son époque, d’autre part de la vision d’un groupe à la personnalité énorme, que de tenter ne serait-ce que d’en reproduire la magie était mission impossible. Partant de là, l’opération Rewiring Genesis se propose un objectif raisonnable : apporter une autre couleur à l’ensemble, qui sera alors au pire anecdotique, au mieux rafraîchissant. Cette couleur se manifeste par l’apport de cordes et de cuivres dans la grande marmite, la plupart du temps en remplacement des solos de claviers de Banks. L’Agneau version music-hall, ça peut fonctionner ?

La réponse est oui. L’entrée des cuivres lorsque retentit le thème de la chanson-titre a de quoi surprendre au départ, mais dès la seconde écoute on salue la pertinence de ce choix ; il y aurait là un matériau de base pour transformer The Lamb… en comédie musicale sur les planches ! Et si ça ne vous fait pas rêver, j’en suis bien peiné. En tout cas, à chaque fois que le Tribute opte pour le style Broadway à tout va, ça fonctionne : l’excentricité ré-affirmée de "The Grand Parade of Lifeless Packaging" en fait un des meilleurs moments de ce projet, tout comme l’interprétation big band de "Counting Out Time" où Nick se lâche complètement aux vocaux et nous offre un beau moment d’euphorie. Un bon nombre de parties instrumentales ont également été arrangées dans cette perspective et ne jurent pas dans le contexte : "Riding the Scree", le solo médian de "The Colony of Slippermen"… c’était définitivement une bonne idée à exploiter.

Et le problème, justement, est que cette option n’a été assumée qu’à moitié. Car pendant ce temps-là, la formation rock en charpente de l'ensemble se contente de rejouer les morceaux presque à l’identique, et pour ceux où les synthés de Banks ne jouaient pas un rôle prépondérant à l’origine, l’exercice montre ses limites : "Fly on a Windshield", "The Chamber of 32 Doors", et tant d’autres n’apportent rien aux enregistrements de 1974. Le maillon faible de cette chaîne est le chant de Nick D’Virgilio : tout traumatisé qu’il a été par The Lamb dans sa jeunesse, il s’en tient trop souvent à la matrice Gabrielesque et va même jusqu’à reprendre ses inflexions vocales. Mais la comparaison est parfois bien cruelle : si Nick est parfaitement à l’aise pour faire le con et se lancer dans des voix tordues, son registre émotionnel et sa puissance sont clairement limités, et l’album en pâtit dans sa globalité. "Lilywhite Lilith" manque de punch, "In the Cage" ou "The Lamia" n’ont plus l’impact d’antan… et la frustration, l’ennui ou l’indifférence (au choix) s’emparent de l’auditeur.


Qu’importe que des fans eussent crié à l’outrage, faire de The Lamb un musical à la Broadway était une idée prometteuse, et quelques rares morceaux prouvent que le projet était sur la bonne voie. Mais est-ce l’obligation de sortir le « produit » avant le coffret Genesis à venir ? Est-ce le respect immodéré de NDV pour l’œuvre originelle ? Quelle qu’en soit la raison, l’idée de départ n’est pas suffisamment aboutie, et Rewiring Genesis restera un projet anecdotique de plus. Quel gâchis…


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