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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Markus Fagervall
(chant+guitare)

-Olov Andersson
(guitares+clarinette)

-Olle Sjögren
(claviers)

-Joel Lindberg
(basse)

-Johan Lundström
(batterie)

TRACKLIST

1)Lines Are Drawn Again
2)The Carafe [part II]
3)The Marriage Of Maria Braun
4)Rhododendron
5)Everywhere
6)Just Like You
7)Killer Couple Strikes Again
8)There's Got To Be A Way To Leave
9)The Thorn In Your Flesh
10)Lines

DISCOGRAPHIE

II (2005)

(2005) - rock prog - Label : Progress Records




Le premier album de Liquid Scarlet n’avait pas vraiment marqué les amateurs par son approche novatrice. C’était certes un bon disque bien inspiré mais il faut bien admettre que la citation 70’s n’y allait pas de main morte. Cependant, l’auditeur attentif aura peut-être remarqué que le groupe en avait largement assez sous le capot pour surprendre. Et c’est effectivement ce qu’il a fait avec ce second album, sobrement intitulé II.


Contrairement à certains groupes de prog' qui se répètent dès leur deuxième galette, les Suédois opèrent ici un changement assez radical de leur style. La musique est ainsi beaucoup plus intimiste et innovante tout en conservant une certaine touche 70’s. En fait, Liquid Scarlet à l’instar d’un Anti-Depressive Delivery se joue ici des clichés prog avec une maîtrise qui force le respect. L’exemple le plus parlant est sans conteste "The Carafe (part II)". Une pièce d’environ dix minutes qui débute comme l’Anekdoten sale et furieux de la grande époque pour sombrer dans un blues malade qui finit en apothéose Frippienne ! Un morceau hallucinant qui bouscule les conventions et fait entrer Liquid Scarlet dans la cour des grands du prog'.

Mais le groupe ne s’arrête pas là et n'a de cesse de surprendre. "Everywhere" est un autre exemple de manipulation de l’auditeur. En effet, après une très courte introduction plus incisive encore quelle de "The Carafe (part II)", le groupe switche directement sur un jazz intimiste mais très rythmé ! "Lines Are Draw Again" propose encore une formule qui fait mouche avec un superbe et délicat arrangement piano/voix pour finir sur une rythmique en béton. Bref, chaque titre possède une approche spécifique. Parfois dérangeante mais souvent déchirante, car le disque souffle une douce mélancolie qui s’insinue doucement mais sûrement en vous. On pourrait légitimement se demander si toutes ces variations n’en font pas pour autant un album bancal. Et c’est la que Liquid Scarlet signe son coup de maître. Car le groupe sait parfaitement gérer son style tout au long de l’album lui donnant une forte cohérence et cohésion tout en lui injectant une bonne dose de pop. Enfin, et c’est définitivement ce qui achève de convaincre, l’album possède cette petite touche impalpable dans les mélodies et dans le feeling général qui le rend mémorable.

Pourtant le disque n’est pas parfait. Le titre "Rhodondendron" pêche un peu par excès de proguitude. En effet, ce morceau constitue ce qui se rapproche le plus du premier album. A savoir un titre épique dans la grande tradition suédoise mais pas toujours très pertinent. Ajoutons à cela un milieu d’album, certes magnifique, mais un tout petit peu mou et nos rêves de perfection s’envolent. Mais ces minuscules défauts ne doivent pas entacher cette grande réussite qui se permet même de balancer des titres au fort potentiel commercial comme le génial "Killer Couple Strikes Again". Un morceau délicieux avec une ligne de basse démente et un refrain accrocheur comme on en voit rarement. La grande classe tout simplement.


Il faut tout de même bien signaler que le disque reste un petit peu difficile à digérer. Non pas que la musique soit difficile d’accès, mais les subtilités des titres ne se laisseront pas apprivoiser si facilement. Mais n’est-ce pas là la marque des grands disques ?


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