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CHRONIQUE PAR ...

4
Daphné
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 8/20

LINE UP

-Ed Kowalczyk
(chant+guitare)

-Chad Taylor
(guitare)

-Patrick Dalheimer
(basse)

-Chad Gracey
(batterie)

TRACKLIST

1)River
2)Mystery
3)Get Ready
4)Show
5)Wings
6)Sofia
7)Love Shines (A Song for My Daughters About God)
8)Where Do We Go from Here?
9)Home
10)All I Need
11)You Are Not Alone
12)Night of Nights

DISCOGRAPHIE


Live - Soings From Black Mountain
(2006) - pop rock - Label : Epic Records



Résumé des épisodes précédents: votre humble chroniqueuse est une fan absolue de ce groupe méconnu en France qu'est Live. Live, c'est de la pop-rock sans chichis et sans prétention, que l'on doit rapprocher aux sempiternels U2, ou encore R.E.M. (respectivement en moins glamour et en plus burné). Quinze ans de carrière ont fait que les quatre «boys» de Live n'ont plus rien à prouver. Ce qui a pour fâcheuse conséquence que ces derniers se reposent sur leurs lauriers... N'y allons pas par quatre chemins, leur dernier album d'inédits, Birds Of Prey, était décevant, et ce n'est pas avec Songs From Black Mountain qu'ils rectifieront le tir.

Birds Of Prey péchait par son manque cruel d'originalité et par sa durée excessivement courte – quarante-cinq minutes, pas une de plus. Mais l'esprit rock était toutefois conservé: les chansons, bien que faciles et courtes, gardaient une certaine saveur relevée. La donne est radicalement différente sur Songs From Black Mountain : adieu (ou presque) les guitares en colère et les éclats de voix enragés, place à une influence plus folk. Le ton baisse d'un cran, le chant se pose, l'instrumentation s'apaise, en bref, les couilles se ramollissent. Guitares acoustiques à foison, grooves popesques à volonté, accords country par-ci, et production variétoche par-là, on se retrouve devant un pur produit pour vieux.

Le groupe n'a pas perdu de ses qualités d'interprétation, mais elles ne sont pas exploitées à leur vraie valeur sur Songs From Black Mountain. Même les vocalises d'Ed Kowalczyk (à vos souhaits) sont timides. Et puis, où sont donc passés les textes engagés ? Les influences orientales ? Les audaces musicales ? J'ai envie de répondre quelque chose de grossier, mais je suis une fille, je me contenterai juste de me dire que, peut-être, l'évolution de la musique de Live va de pair avec leur évolution personnelle, leur équilibre spirituel ou familial ou je ne sais quoi d'autre. Car oui, il faut se rendre à l'évidence : ils vieillissent aussi. Finies les conneries, le rock ça va deux minutes, maintenant qu'on est grands, et qu'on perd nos dents, faisons de la soupe teintée d'années 80.

Certains rares morceaux valent cependant le détour, tels que "Show", un tube 100% Live-de-la-bonne-époque, mais dans l'ensemble, on s'ennuie plutôt ferme d'un bout à l'autre. Le dernier Steven Seagal m'avait donné une meilleure impression (et pourtant, c'est bien ramollo aussi), le dernier Dick Rivers également vaut presque mieux. La fan de Live que je suis prend beaucoup sur elle pour dire tout ce qui vient d'être écrit, mais il ne faut pas se voiler la face : Live, ça devient aussi mou et ennuyeux que du R.E.M.. La seule gentillesse que j'aurais à dire, est que ce disque sort à point en ce printemps: il fera un sympathique cadeau de Fête Des Pères.


Je vais donc allumer un cierge, et suis prête à me mettre à genoux, pour que Live retrouve les couilles qu'ils ont perdues sur la route, afin qu'ils nous sortent – enfin – un album de rock digne de ce nom, moderne, dynamique, audacieux, profond, puissant... En deux mots: comme avant.


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