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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Pierrick Berube
(chant)

-Kevin Gruft
(guitare)

-Myk Russell
(guitare)

-Paris Bosserman
(basse)

-Scott Gee
(batterie)

TRACKLIST

1)Goodbye My Love
2)I'll Make It to Brigades
3)Red Dress
4)You Got Served
5)Amity
6)Of Sound and Fury
7)Running With Scissors
8)Move On
9)To the End
10)Hollywoodemia
11)White Lies
12)She Puts the Ho In Homewrecker

DISCOGRAPHIE

White Lies (2007)

Lovehatehero - White Lies
(2007) - pop punk metalcore - Label : Ferret Music



La magie des croisements... prenons un genre typiquement scandinave, le melodeath. Des musiciens américains craquent dessus, se l'approprient, y mêlent leurs propres influences hardcore et thrash, ça donne le metalcore. Et qu'à aller puiser dans le foklore musical US, d'autres ont eu l'idée d'adjoindre au metalcore un chant clair pop-punk à la Blink 182 ou Good Charlotte (et des millions d'autres) pour rendre tout ça plus joli et moins agressif. Et le reste de l'attirail de la pop-punk s'y est mêlé : harmonies vocales immédiatement identifiables, constructions simples et mélodies accrocheuses. En poussant la logique jusqu'au bout on se retrouve avec des albums comme ce White Lies qui mêle les feelings pop-punk et métal, tout ça parce qu'In Flames et consorts ont sorti des albums dans les années 90! La magie des croisements...

"Goodbye My Love" balance d'entrée de la twin lead, il y a un solo maidenien, le tempo est enlevé et le chanteur au timbre ado (comme il se doit) pousse même quelques hurlements ça et là... on se dit qu'on est face à un pop-metal gentillet et surtout très énergique, ce qui n'est pas forcément mauvais soit dit en passant. "I'll Make It To Brigades" propose des plans syncopés et un chant hurlé néo auréolés d'harmonies de guitare, enchaînés à des passages totalement inoffensifs, et la dichotomie du tout s'accentue avec "Red Dress" qui enchaîne growl, riffs en salve suivis à la double pédale et parties de nu-rock MTV putassières avec un culot certain. Le mélange entre ce style de rock formaté à la American Pie et du métal agressif avait déjà été tenté par le groupe Evergreen Terrace, mais là où ces derniers maintenaient un équilibre entre les deux influences et assuraient des transitions de chefs, les Lovehatehero mélangent les caractéristiques pour un résultat difficile à étiqueter.

Pour commencer la production de Lovehatehero puise dans les deux mondes : alors que la prise de chant renvoie directement à la pop, le son des guitares est métal (bien qu'étouffé) comme le prouve un titre comme "You Got Served" qui sans être réellement violent envoie quand même pas mal la sauce. Le même constat vaut pour "Of Sound & Fury" qui commence par une plan NWOBHM avant que le couplet ne s'embarque dans des riffs encore une fois pile à la limite entre metal et pop-punk. Cette facilité des guitares à trouver le juste milieu est un des points forts du groupe... mais comme pour le reste, on peut également retourner l'argument et affirmer que Lovehatehero a le cul entre deux chaises : on pourrait tout aussi bien parler de métal trop gentil. Nul doute que l'amateur de métal trouvera ça trop mou et trop radio-friendly pour vraiment accrocher, et les quelques passages hurlés risquent de faire fuir les djeunz...

...qui reviendront bien vite, car lesdits passages hurlés sont tout de même peu nombreux, et leur fonction réelle est de mettre le chant clair en valeur. Pierrick Berube s'inscrit ainsi en faux par rapport à ses musiciens : contrairement à eux il penche totalement du côté pop-punk et fait de fait vaciller l'équilibre fragile qui faisait tout l'intérêt de Lovehatehero. Car quand le tout bascule franchement dans la guimauve c'est systématiquement de son fait, et son chant désespérément clair adoucit les parties vraiment heavy : "To The End" aurait pu faire une chanson de power/heavy avec un autre chanteur derrière le micro (le solo, c'est du Helloween), mais Berube bride son groupe en se refusant à moduler comme le font ses petits copains, à l'exception de "Homewrecker". Cet album hybride est donc en demi-teinte : les amateurs de pop-punk seront sûrement soufflés par cette réappropriation survoltée de leur genre préféré, mais les métalleux resteront probablement sur leur faim. Dommage, l'intention était belle...




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