2812

CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 24 novembre 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Anne Trautmann
(chant)

-Ronny Gruber
(chant)

-Lars Köhler
(chant)

-Andreas "Eddy" Gemeinhard
(guitare)

-Marek Arnold
(claviers+sax+clarinette)

-Heiko Rehm
(basse)

-Ulf Reinhardt
(batterie)

TRACKLIST

1)New Rising
2)Stay Beside
3)Step Into My World
4)Melissa
5)My Lovely Mr.Singing Club
6)Attract Me
7)Paid for Glance
8)Moon Talks to Me
9)Rising Shore
10)Closer

Pistes bonus:
11)Out of Clouds
12)Making Of

DISCOGRAPHIE


Seven Steps To The Green Door - Step In 2 My World
(2008) - rock prog hybride mais pas trop - Label : Progrock Records



Je ne sais pas pour vous, mais moi, Seven Steps To The Green Door, ça me rappelle forcément ce grand classique du cinéma américain pudibond, Derrière La Porte Verte, dans laquelle la sémillante Marilyn Chambers s’abandonne aux cimes du plaisir en compagnie de troublantes déesses saphiques et de jeunes étalons priapiques. De là à dire que Step In 2 My World agit en l’auditeur comme un aphrodisiaque, il y a un fossé que l’on ne saurait franchir, et que celui qui a déjà procédé à l’union charnelle sous fond de metal prog teuton me jette la première pierre.

Pas question, donc, de chevauchée fantastique : Seven Steps est un groupe terre à terre, à la musique carrée, bien dans son époque et les questions qu’elle soulève : la plupart des morceaux traitent de l’individualisme ambiant et du repli qu’il engendre chez les individus. On passera sur l’originalité flagrante de ce thème, à croire qu’il s’agit d’un passage obligé pour revendiquer l’étiquette « progressive » de nos jours, mais cet aspect n’est pas poussé au premier plan. Sur le plan musical donc, le rock progressif musclé que développe le groupe n’a rien d’excentrique, les claviers restent dans la norme des sonorités « en vogue », et le chant est somme toute très classique : ils sont trois à se partager la tâche, ce qui permet une multiplicité des approches, mais chacun reste commun dans son registre. Le timbre léger d’Anne Trautmann apporte la fraîcheur nécessaire à l’exercice, tandis que les deux mâles officient dans le nasillard expressif pour l’un, et le chant de bellâtre à la Labrie pour l’autre. Son usage n’est pas toujours du meilleur goût, notamment sur la ballade "Melissa" où le refrain vibrant contrebalance par chance une performance vocale trop appuyée pour convaincre.

Un disque standard de plus, alors ? Non, car le groupe tire son épingle du jeu par ses audaces stylistiques. L’orientation prog sert alors de prétexte pour une cohabitation entre jazz, rock et metal, tout en restant dans les limites du raisonnable et en n’oubliant jamais le refrain qui va bien. "Paid for Glance" est un illustre représentant de cette prise de risque mesurée, avec son outro big band en contrepoint humoristique d’une pièce ambitieuse, à l’assise mélodique sûre. La formation se permet même quelques phrasés rappés qui se fondent parfaitement dans le décor, malgré une scansion teutonne qui peut rappeler les grandes heures de Scooter. Ces phrasés, nous les trouverons sur le troublant "Closer" et sur la meilleure pièce du recueil, un "Stay Beside" où tout est en place : une première partie diablement groovy qui déboule sur un riff compresseur, remettant les compteurs à zéro pour un final épique avec un groupe à l’unisson. Ceci étant dit, quelques tentatives tombent à plat, comme un chant core à l’exécution peu convaincante sur la plage-titre, ou ce fichu slap sur le refrain de "Rising Shore" qui ne justifie absolument pas son utilisation, et gâche le tableau tout en contrastes que le groupe avait réussi à peindre sur ce titre.


Ces mélanges de couleur maîtrisés suffiront néanmoins à remporter l’adhésion de la frange mélodique du progressif, tant le soin apporté sur ce point par Seven Steps To The Green Door est sensible. Pas d’esbroufe ni de lourdeur derrière la porte, rien que quelques maladresses et un classicisme parfois gênant dans les compositions. Que voulez-vous, on n’est jamais content : là où il y a mélange, nous aurions préféré obtenir une fusion complète, car les genres en eux-mêmes sont traités de façon trop respectueuse… il va falloir lâcher la bride au prochain essai !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6