2821

CHRONIQUE PAR ...

1
Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Geddy Lee
(chant+basse)

-Alex Lifeson
(guitare)

-Neil Peart
(batterie)

TRACKLIST

1)A Farewell to Kings
2)Xanadu
3)Closer to the Heart
4)Cinderella Man
5)Madrigal
6)Cygnus X-1

DISCOGRAPHIE


Rush - A Farewell To Kings
(1977) - rock prog hard rock - Label : Moon Records



Oui le jeune, je sais ce que tu penses. Tu te dis qu’il s’agit encore là d’une vieillerie, d’un de ces vieux groupes depuis fort longtemps périmés. Passé de mode pour le jeune, le Rush ! Et pourtant, le jeune ne sait pas que Rush est une référence absolue du hard prog, que ce groupe a influencé tout un pan des énervés aux cheveux longs que l’on croise parfois sur ce site. Un constat s’impose, le jeune ne sait donc pas que Rush… c’est mythique !


Revenons un peu en arrière. Lorsque 2112 sort en 1976, c’est un Rush définitivement plus progressif qui s’impose. C’est en toute logique que ce "A Farewell To Kings" continue dans la voie ouverte par l’opus précédent. Schéma qui se terminera sur l’album essentiel Hemispheres. C’est ainsi que l’on retrouve sur cet album des claviers plus présent qu’auparavant. Tempérons toutefois en rappelant que les claviers chez Rush sont plus souvent utilisés en nappes, présents pour soutenir une mélodie ou remplir l’espace, que pour des soli de folie. Car les éléments primordiaux chez Rush, sont avant tout le jeu de guitare de Lifeson et la section rythmique incroyable du groupe. D’ailleurs, le morceau titre du disque qui ouvre l’album est particulièrement parlant, notamment sur le passage instrumental où la rythmique syncopée fait merveille. Quand à la prestation vocale, les mélodies développées par Lee sont assez typiques, bien dans l’esprit Big Rock du groupe. A noter que le chant n’était pas encore tout a fait maîtrisé, certaines parties trop aigües du disque peuvent même déplaire.

Il fallait bien un tube sur le disque, capable de passer en radio. C’est le rôle du cultisme "Closer To The Heart", morceau court et efficace où Lifeson fait des merveilles sur un soli mémorable. La mélodie du titre est parfaitement enjouée avec des paroles plus qu’optimistes (et complètement utopiques soit dit en passant). Le ton général chez Rush n’a jamais été dépressif de toute manière même si le final du disque réserve son lot de surprises. "Madrigal" est aussi un morceau assez court. Ballade de l’album, le texte est magnifique mais les mélodies ne soulèvent pas plus d’enthousiasme que cela. Le titre le plus faible de l’album, sans doute. Mais le meilleur reste encore à venir… Notamment avec "Cinderella Man". Morceau typique de Rush basé sur une grosse guitare carrée et une belle prestation instrumentale où la rythmique fait toujours merveille. Un point faible ? Des mélodies vocales juste sympathiques.

Reste encore deux titres à découvrir sur cette galette, ou comment passé d’un album hautement sympathique à l’un des indispensables du groupe, voire du monde progressif en général ! Les hostilités débutent avec un "Xanadu" qui ne fait pas de quartier ! Onze minutes de musique purement géniale, tout simplement ! Prenez une intro mythique d’environ quatre minutes tout en progression électrique (qui au passage aura traumatisé toute une horde de musiciens, Dream Theater en tête), des passages instrus prog' bien musclés, des rythmiques qui clouent sur place, une composition géniale, un refrain parfaitement chouettos ou l’on chante avec joie «XANADUUUU»… Stop n’en jetez plus, ce titre est tout simplement génial. Toi le jeune metalleux en culotte courte qui écoute Linkin Park (ne n’envoyez pas de lettres d’insultes, j’ai rien contre ce groupe !), décrasse toi un peu les oreilles avec du Rush ! Effet garanti !

Oui je sais, j’étais presque modéré au début, mais que voulez-vous, il s’agit de Rush tout de même ! Comment rester insensible ? Surtout quand le groupe juge bon de définitivement enfoncé le clou (ça commence à faire relativement mal !) avec "Cygnus X-1" ! Ce morceau est la première partie d’un conte spatio-mythologique qui se terminera sur le successeur de A Farewell To Kings, Hemispheres. Un voyage dans l’espace que Rush rend particulièrement étouffant et malsain ! Loin des sonorités habituelles du groupe, "Cygnus X-1" se pose comme un morceau particulièrement sombre et éprouvant pour l’auditeur. Les rythmiques hachées et la guitare nerveuse rendent palpable les tensions et lorsque le morceau nous emmène à la rencontre d’un trou noir(ce sont des choses qui arrivent), tout devient calme et inquiétant un instant… jusqu'à l’explosion finale où le groupe nous entraîne dans un maelström musical démentiel ! Nous sommes plus proche d’un King Crimson sous amphéts que du Rush habituel ! Chef d’œuvre musical !


Avec son final explosif, ses morceaux purement Rushien et jouissif, le fameux "Closer to the Heart" et le fantastique "Xanaduuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu", Rush nous prouve encore une fois son statut de groupe culte ! Quand on pense que la suite va s’avérer encore meilleure et que la discographie du groupe va gentiment devenir plus concise mais tout aussi efficace, on ne peut que s’agenouiller, lever les bras et crier : Rush est Grand, Rush est Dément ! Moi sectaire ? Mais non !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7