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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Geddy Lee
(chant+basse+claviers)

-Alex Lifeson
(guitare)

-Neil Peart
(batterie)

TRACKLIST

1)Tom Sawyer
2)Red Barchetta
3)YYZ
4)Limelight
5)The Camera Eye
6)Witch Hunt (Part III of Fear)
7)Vital Signs

DISCOGRAPHIE


Rush - Moving Pictures
(1981) - rock prog - Label : Moon Records




Après une série d’album d’une qualité assez bluffante, on pouvait se demander si Rush allait finir par sortir un album décevant lorgnant vers la daube. Après tout, cette fois-ci ça y est, nous sommes entrés dans les sombres eighties maudites et si l’on suit la logique progressienne, Rush devait donc faire de la pop de mauvaise qualité. Mais non, même pas ! Au contraire ! Rush ne sort rien de moins que son album culte avec Moving Pictures !


Album culte? Je vous avouerais que je ne considère pas Moving Pictures comme le meilleur disque du groupe. En effet, le disque n’est pas parfait et Rush a déjà fait mieux à mon humble avis. Pour autant, n’allez pas croire que Moving Picturse soit une déception ou un album moyen car ce disque est encore une fois une réussite. Comment expliquer alors que le groupe arriva à aligner tant de bons disques de suite sans lasser ? Sans doute est-ce le fait d’une des caractéristiques les plus fameuses de Rush, à savoir cette capacité d’évolution subtile qui marqua la carrière du groupe. Le génial (encore !) Permanent Waves présentait donc déjà une évolution avec des compositions plus courte, légèrement plus pop mais toujours très prog. Moving Pictures suit donc logiquement ce schéma. Et l’entrée en matière, "Tom Sawyer", ne démentit pas ce constat. En effet, le titre est court, accrocheur et follement bien composé. Un joli break instru vient à point nommé jouer avec l’auditeur avide de sa ration. A noter que les claviers se font de plus en plus présent, notamment dans ce titre. Cependant, si le titre est bon, c’est loin d’être le meilleur morceau du groupe et sa réputation est sans doute quelque peu surfaite.

On se dit alors que Rush a peut être perdu sa petite flamme, ces petits riens qu’on ne s’explique pas et qui emmènent l’auditeur voguer quelque part entre le ciel et les étoiles. C’était sans compter sur le talent du groupe qui dès "Red Barchetta" retrouve son inspiration magique. Un des meilleurs morceaux du groupe rempli de bonnes choses, de soli venus de nulle part, de cette rythmique et cette approche mélodique si caractéristique qui me remplit d’émois à chaque fois. Comme si cela ne suffisait pas, Rush lâche une petite instrumentale. Il s’agit du titre "YYZ", qui comme la coutume l’exige, est un pur chef d’œuvre technique et ludique. Je ne sais pas comment Rush peut faire de si bons instrumentaux. Cela me laisse pantois. Sans doute la classe. Oui c’est cela, Rush a la meta-classe. Tout simplement. On se dit alors que ce disque peut encore satisfaire au critère qui ferait de lui une œuvre aussi puissante que Hemispheres. Malheureusement, "Limelight" souffre un peu du même constat que "Tom Sawyer". Même approche, très bon titre, mais il manque un petit quelque chose. Vous me direz que c’est très subjectif et que certaine personne adore ce titre. Et vous aurez raison.

Le raccourcissement général des morceaux n’empêchent pas Rush de nous écrire une pièce plus longue. Cette fois-ci, il s’agit de "The Camera Eye". Onze minutes de Rush comme on les aime. Technique, mélodique et subtil. Finalement, Rush c’est aussi comme les Kinders chocolat, c’est du bonheur en barre. Cette petite douceur à peine ingurgitée ne nous laisse pas le temps de digérer la suite qui passe malheureusement un peu moins bien. Car "Witch Hunt" est peut-être le moins bon titre de l’album. Une texture sonore qui n’est pas sans rappeler le sombre "Cygnus X-1" (un bon point certes) mais le titre, assez linéaire, n’exploite jamais son coté noir pour nous écraser sous une nappe de claviers un peu lourdingue. Mais nous n’allions pas quitter l’album sur une mauvaise impression. "Vital Signs", dernier titre, est succulent. Une approche reggae étonnante mais qui passe comme une lettre à la poste. Il faut dire que la rythmique du groupe s’y prête plutôt bien. Je n’ai pas parlé de la production ni de la performance de chaque musicien. Sans doute parce que comme d’habitude, tout cela est exceptionnel.


Concluons. Moving Pictures oscille donc entre le chef d’œuvre et le bon disque. Mais je ne peux me résoudre à la considérer comme l’œuvre la plus aboutie du groupe au vu de titres comme "Tom Sawyer" (malgré le culte qui l’entoure), "Limelight" ou "Witch Hunt". Je préfère Permanent Waves, qui à mon avis, propose plus de passage mythique. Et ce malgré "Red Barchetta" qui a déjà sa place au panthéon des titres féeriques.


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