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CHRONIQUE PAR ...

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Yannoch
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jenny Englishman
(chant)

-Doc
(programmateur)

TRACKLIST

1)Breath From Another
2)Heaven Sent
3)Anyways
4)That Girl
5)Country Livin'
6)Flipher Overture
7)Half A World Away
8)Lounge
9)Superheroes
10)Indigo Boy
11)Swallow Me

DISCOGRAPHIE


Esthero - Breath From Another
(1998) - electro ambient - Label : Sony BMG



Alors que le groupe Esthero s’apprête à sortir un second album Wikked Lil Grrrls fin Juin 2005, revenons quelques années en arrière pour poser l’oreille sur leur première grande production intitulée Breath From Another… Un premier jet impressionnant de maturité, de classe et d’ouverture! L’accord entre la chanteuse Jenny et l’ingénieur du son Doc apparaît, d’une part, précis et maîtrisé du début à la fin de l’opus; cette réussite tenant en l’hétérogénéité des beats et rythmiques employées, mais également en ce timbre sensuel de Jenny qui interprète parfaitement les variations de reliefs orchestrées par son acolyte… Un album véritablement ouvert à tous!

Mais quelle mouche a piqué la chanteuse Jenny Englishman? On peut en effet se le demander à l’écoute du second morceau "Heaven Sent", lorsque la charmante demoiselle exprime toute sa détermination par la parole et soulève alors une houle rageuse, lors du refrain au rock assez prononcé. La volonté perceptible, dont fait preuve cette femme semble sans fin, juste est-elle apaisée par la force de raison qui habite l’artiste, et sa capacité à enchaîner les discours coulants entre deux orages revendiquant leurs intensités. Jenny pèse ainsi de toute sa voix sur l’album et les pistes purement instrumentales se font rare: signalons "Flipher Overture" à mi-chemin dans la production, sous forme d’interlude énergique sur fond de drum’n’bass non agressive.

L’album aime à jouer entre des plages fines coulant sur quelques notes de piano "Anywayz" et des morceaux plus péchu emmenés par la fougue de cette si belle voix féminine "Indigo Boy". Chaque piste possède donc son petit caractère, cependant "Lounge" dans un trip hop poignant semble se détacher… Suivez les aléas de la voix et laissez vous transporter! Le beat et les paroles qui apparaissent assez tristes de temps à autre, parviennent à rebondir sur une rythmique plus entraînante, aidée d’une discrète trompette sous forme de touche d’espoir. "Superheroes" reste d’ailleurs dans la même mouvance: c’est lancinant, reposant… A écouter seul ou à deux.

Répondre à la question: « Dans quel mouvement musical Esthero s’inscrit-il ? » n’est pas chose évidente tant l’amalgame des styles nous induit en erreur: hip-hop, rock, electro, acid-jazz… Une chose, en revanche, est sure: l’énergie qui remplit cet album! Colportée par la multiplicité des tons de la chanteuse Jenny, à l’image encore de "Shallow Me", une chaleur moite enveloppe cette production agréable et capable de présenter une rythmique rapide puis de passer à des beats lancinants toujours supportés par des histoires narrées par la délicieuse Jenny Englishman.


Sans être révolutionnaire, un premier album fort et harmonieux.


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