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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 10 décembre 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Glen Rougheade
(chant+guitare)

-Kit Endean
(guitare+chant)

-Euan Macfarlane
(basse)

-Steven Gibson
(batterie)

TRACKLIST

1)Enchantment
2)Pastlife
3)Loss
4)Everything Will Be Fine
5)Shaking Games
6)Royal Blood
7)KIMB
8)Born into the Grave
9)Nine Mile Ride
10)Let It Turn
11)Palomino

DISCOGRAPHIE

Palomino (2008)

The Sound Ex - Palomino
(2008) - rock pop rock - Label : Demolition



Y'en a marre du metalcore scandinave, du death slovaque et du néo malgache. Y'en a marre de ce nouveau guitariste de shred neoclassique ethnique que Lucificum veut absolument qu'on écoute, « non mais tu vas voir, le mec a beaucoup de feeling », etc. Y'en a marre. Puisque c'est comme ça on va se faire un de ces disques qui rendent Phlippe Manoeuvre et Dr Gonzo heureux, un bon vieil album de rock anglais. Après tout il paraît que certains batteurs primitifs jouaient avec une simple pédale au temps du néolithique...

Palomino c'est un genre de collage de tout ce que le rock anglophone a pu faire de bien depuis, disons, 1970. Beaucoup de trucs cool donc. Entre des effluves de Stone Temple Pilots ici et de Pearl Jam par là on découvre un break de guitare claire qui renvoie directement aux Strokes ("Enchantment") alors que l'atmosphère naïve d'un couplet ailleurs nous renvoie à la belle époque où les fans de Blur attendaient ceux d'Oasis aux coins des rues pour leur refaire le portrait ("Shaking Games"). Ce voyage permanent dans le temps doublé d'un effet de balancier entre les cultures british et US donne une mixture d'autant plus plaisante que le groupe est composé de bons musiciens et que sa musique est bien produite. Les voix de Rougheade et Endean couvrent à elles deux un spectre relativement large : du chant éraillé rock voire stoner de "Kimb" au mimétisme avec Sting qui frappe ici et là, les chanteurs réussissent à marquer l'auditeur par leur constance bien plus que par une quelconque surenchère. En plus de la variété fondamentale de l'album The Sound Ex marque également par ce sens de la retenue qui est d'autant plus agréable que le fan de métal lambda n'y est pas habitué.

Tout n'est pas rose non plus : non seulement la logique de collage du groupe limite forcément la qualité du tout (pas ou peu d'identité propre), mais il ne se révèle pas également doué dans toutes les démarches. Très fort quand il s'agit de chiader un peu les arrangements comme sur les couplets ciselés de "Pastlife" où quand il évoque fortement Kyuss sur un "Palomino" psychédélique et bien lourd, il échoue parfois sans qu'on comprenne pourquoi. A part évoquer le souvenir amusé de la britpop war des années 90 "Shaking Games" ne provoque pas grand-chose, de même qu'on ne retient "Royal Blood" qu'à cause d'une ligne de basse tellement pompée sur Police qu'on bascule brutalement dans l'abus. C'est dommage car les The Sound Ex assurent dès qu'il s'approprient leurs influences au lieu de bêtement s'en servir comme des outils : "9 Miles Ride" est un échec car l'ombre de Placebo est bien trop pesante, mais "Let it Turn" colle la gouache car on ne peut pas rattacher le morceau à un groupe en particulier. Ces chansons qu'on écoute en se disant que ça ressemble à quelque chose mais sans pouvoir dire quoi sont le point fort du disque. Et fort heureusement, elles sont majoritaires.


Palomino ne changera sûrement pas la face du monde, et il faudra vraisemblablement que le groupe se crée un son à lui s'il veut percer un jour. Il n'empêche qu'en attendant l'album est vraiment très plaisant, et constitue un assortiment de titres rocks bien foutus qui font taper du pied et dont on retient les refrains. Et quand on vient de chroniquer 143 groupes de thrash, ça aère le cerveau comme pas possible... essayez, vous verrez.


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