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CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 22 décembre 2008
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Chris Boltendahl
(chant)

-Manni Schmidt
(guitare)

-Jens Becker
(basse)

-H.p. Katzenburg
(claviers)

-Stefan Arnold
(batterie)

TRACKLIST

1)The Brave
2)Scotland United
3)The Dark of the Sun
4)The Reaper
5)The Roundtable
6)Excalibur
7)Circle of Witches
8)The Ballad of Mary (Queen of Scots)
9)Lionheart
10)Morgane Le Fay
11)Knights of the Cross
12)Rebellion (The Clans Are Marching)
13)Heavy Metal Breakdown

DISCOGRAPHIE


Grave Digger - Tunes of Wacken
(2002) - heavy metal - Label : Drakkar Records



Au sortir d’une trilogie médiévale qui avait mine de rien permis à Grave Digger de se faire une réputation plus que solide dans le milieu du heavy traditionnel, il fallait marquer le coup. Fidèle à ses convictions les plus profondes, le fossoyeur ne prend donc pas de risque et choisit l’option live, à domicile et en festival. Au Wacken, en l’occurrence. Ceux qui y sont déjà allés savent donc que Grave Digger y reçoit à peu près le même accueil que l’Irlande à Croke Park lors d’un Irlande-Angleterre. Les autres ont déjà raté quelque chose.

Car même s’il peut paraître surprenant, voire décevant pour certains, d’entendre Chris Boltendahl parler à la foule en allemand et ne pas comprendre un traitre mot des speechs, on se rend vite compte que tout cela tient de l’évidence la plus parfaite. Est-ce que "The Dark of the Sun", annoncé autrement que par un « WACKEN, ES GIBT WEITER, MIT, THE DAAAAAAAAARK, OF THE SUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUN » aurait un sens quelconque ? Certainement pas. Pas plus que "Lionheart" annoncée autrement que « LIONHEAAAAAAAAAAAAAAAAAAART » ou "Excalibur" annoncée autrement que par « EXCALIBUUUUUUUUUUUUUUUUUUR ». Donc vous voyez, finalement, pas besoin d’avoir fait allemand première langue pour comprendre ce qui se passe. Il suffit d’entendre l’intonation de la voix pour savoir ou gueuler, et le tour est joué. Et le fin public de connaisseurs qu’est celui du Wacken ne s’y trompe pas en donnant de la voix à chaque appel de Chris ou à chacun des refrains ultimement fédérateurs de Grave Digger. Une musique taillée pour le live qui prend enfin tout son sens.

Et cela fait plaisir à entendre. Chris beugle comme si sa vie en dépendait (comme en studio, en somme), la batterie est bien carrée et allemande (pourrait-il en être autrement ?), et la basse prend l’espace laissé vide par l’absence de seconde guitare, Uwe Lulis se doublant très souvent en studio. Uwe Lulis ? Mais non, il faut maintenant parler de Manni Schmidt. Car c’est déjà lui qui tient la six-corde dans ce Tunes Of Wacken. Et il fait honneur à son prédécesseur en reprenant la majorité de ses soli à l’identique tout en y rajoutant un côté agressif pas déplaisant et en se permettant quelques fantaisies. Et finalement, le manque de guitare rythmique n’est pas gênant la majorité du temps, excepté dans certains soli plus aériens où le fossé harmonique entre la basse et la guitare est trop important pour être inaudible. Mais cela ne diminue en rien le plaisir d’écouter cet enchainement d’hymnes absolus. Car même si Tunes Of Wacken, du fait de son contexte et du groupe qui y officie, n’est pas un grand live comme peuvent l’être le Live After Death ou le Made in Japan, l’ambiance est clairement à la fête et vu que Grave Digger a eu la bonne idée de ramener la fête chez nous, pourquoi bouder notre plaisir ?

D’autant que le son est bon, très bon même. Contrairement à beaucoup de lives récents, dans lesquels un travail beaucoup trop important sur le son donne l’impression d’écouter un album studio sur lequel on aurait rajouté des bruits de public enregistrés pendant la tournée, le son de Tunes Of Wacken est bien cru. Le grain rajouté sur la voix et la guitare donne encore plus d’efficacité, si cela était encore possible, aux riffs dévastateurs de Manni et aux refrains épiques de Chris. Autre avantage de ce Tunes Of Wacken, c’est qu’il permet de se farcir un bon best-of du fossoyeur à moindre frais. Car même si l’on se serait bien passé de "The Ballad of Mary", le reste offre un résumé très pertinent de la trilogie médiévale agrémenté de quelques vieilleries loin d’être hors de propos. Cela dit, cette ballade permet au moins d’éviter la saturation auditive que pourrait créer cette déferlante de puissance. On aurait cependant peut-être aimé que Heart Of Darkness soit mieux représenté que par la seule "Circle of Witches". Ce qui nous mène à un autre défaut de ce live : le fait qu’il ait été enregistré en festival raccourcit forcément la setlist par rapport à un show en tête d’affiche et Grave Digger a certainement le répertoire pour rajouter au moins 4 titres et sortir un double.


Mais mettons de côté ces quelques désagréments mineurs et savourons comme il se doit l’offrande qu’est Tunes Of Wacken, moyen idéal de faire découvrir Grave Digger au néophyte et occasion ultime de se replonger dans tous ces hymnes à la fois. Avec ce live, la boucle Uwe Lulis est enfin bouclée et les Allemands peuvent tourner la page sereins, avec le sentiment du devoir accompli.


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