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CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 22 décembre 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Danny Cecati
(chant)

-Con Papazoglou
(guitare)

-Rob Gorham
(basse)

-Sam Giaccotto
(claviers)

-Zain Kimmie
(batterie)

TRACKLIST

1)Hypnosis
2)Illusions
3)Bridge to the Past
4)The Unseen
5)Always Reasons
6)Wasting Away (Alone)
7)From Darkness Till Dawn
8)Confessions
9)A Clouded Mind

DISCOGRAPHIE


Eyefear - The Unseen
(2008) - heavy metal - Label : Dockyard1



Eyefear nous avait surpris, il y a seulement un an, avec A World Full Of Grey qui attestait d’un potentiel indéniable dans un metal d’obédience symphonique qui innovait par une approche pop assez surprenante. Oui, les Australiens se réclament de Queensrÿche ou de Fates Warning. Pas les moindres des références donc. Pourtant, une écoute rapide de The Unseen donne plutôt l’impression d’écouter du vieux Nightwish tant les claviers sont omniprésents, reproche qui avait déjà été formulé à la sortie de l’album précédent.

En revanche, et là tout le monde sera d’accord, il faudra chercher longtemps le côté prog pourtant annoncé sur l’étiquette que le groupe s’est collée. Les structures, sans faire pour autant dans l’enchainement bateau type riff-couplet-refrain-couplet-refrain-solo-refrain-fin systématiquement, sont tout de même à des lieues de ce que l’on peut trouver chez un Symphony X. De plus, aucune signature rythmique un peu plus exotique ne vient chatouiller le cerveau, ou si peu, pas plus que des harmonies alambiquées ou un côté technique exacerbé. Bref, point de prog ici. Est-ce un mal ? Certainement pas lorsque l’on voit que même les plus grands du style se sont embourbés dans la complexité et en ont depuis longtemps oublié d’aller à l’essentiel (et s’appellent Dream The… heu non, rien). Mais le problème de The Unseen, c’est que les Australiens tombent dans l’excès inverse : en cherchant à ne pas faire de vague, aucun passage n’attire vraiment l’oreille. L’utilisation systématique de nappes de synthétiseur écrase l’ensemble et fatigue les tympans à la longue, donnant à l’album une platitude dont on se serait bien passé. On ne peut pourtant pas reprocher au mix de manquer de puissance, mais lorsque l’on a Tommy Hansen aux manettes, on attend certainement mieux.

Pourtant, il faut reconnaître que l’ensemble est assez bien ficelé. Rien n’est réellement mauvais et quelques bonnes idées ressortent çà et là pour celui qui offrira à The Unseen une écoute suffisamment attentive pour arriver à imaginer ces passages sortis du contexte aplatissant de l’album. Quelques riffs sont bien assez gros pour chatouiller, si ce n’est le cou, au moins le pied, tels que celui de "Darkness Till Dawn" (malheureusement très rapidement rejoint par ce fameux synthé), ou encore le final de "Always Reason". Et l’on se rendra vite compte que ces bons moments correspondent à chaque fois aux passages ou la guitare reprend le dessus. Même si l’on ne peut pas reprocher à la batterie d’en faire des toms, pardon, des tonnes, Zain Kimmie ne brille pas non plus par son originalité et reprend même la double que Stuart Dowie avait réussit à laisser de côté sur A World Full Of Grey. Dommage. Danny Cecati, le vocaliste en poste, fait preuve d’un talent évident mais tombe lui aussi dans un travers bien propre au heavy : faire de la performance plutôt que de l’émotion. L’utilisation du vibrato sur toutes les notes longues devient assez vite agaçante et tout est chanté dans un registre mélodique agressif assez aigu, donc pas des plus reposants. Pourtant, le seul moment d’émotion, nommé "Wasting Away", est réussi, il faut le reconnaitre.


Cela ne suffit malheureusement pas à sauver The Unseen de tous ses travers. Dommage, Eyefear n’a pas su apprendre des erreurs faites sur l’album précédent et en rajoute d’autres. Pourtant, le talent est palpable et certains passages mériteraient meilleur traitement, écrasés qu’ils sont par tous les poids qu’ils ont à porter. Et sachant qu’il s’agit mine de rien du quatrième album des Australiens, les espoirs de correction de ces défauts commencent sérieusement à s’amenuiser.


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