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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 28 janvier 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

- Bastian Sobtzick
(chant)

- Thomas Buschhausen
(guitare)

- Bernhard Horn
(guitare)

- Thorsten Becker
(basse)

- Bodo Stricker
(batterie)

TRACKLIST

1)ZAHQ
2)Zombiefied
3)Spiel Mir Das Lied Vom Sterben
4)Und wenn der Schnee…
5)Mein Puls = 0
6)Tanz Der Teufel
7)Phantomschmerz
8)Quarantäne
9)Infiziert
10)Der Tag an dem die Schwärze blieb
11)Fremdkörper
12)Das Ende von John Wayne
13)Porn From Spain

DISCOGRAPHIE


Callejon - Zombieactionhauptquartier
(2008) - metalcore - Label : Nuclear Blast



Voila ce qu’on peut lire dans la biographie officielle de Callejon fournie par Nuclear Blast, label allemand puissant parmi les puissants : “Far away from the stereotype that is Metalcore, copy cats and clichés of today's metal scene, the band creates an independent, self-contained sound” On en lit des conneries dans ces bios rédigées par des labels peu scrupuleux et seulement désireux de rentabiliser leur investissement (c’est leur boulot après tout), mais des comme ça c’est assez rare.

Car la musique de Callejon est tout sauf originale. Pas mauvaise, entendons-nous bien, mais vraiment très classique et complètement formatée par ces fameux stéréotypes qui régissent le metalcore aujourd’hui. Derrière cette pochette répugnante se cache un album dont le concept tourne autour des films de zombies à la Romero dont le groupe est très fan. Après une intro qui tente de poser cette ambiance angoissante déboule un excellent "Zombiefied" qui contient tous les ingrédients du tube metalcore actuel: riffs qui lorgnent vers le death mélodique, batterie rouleau compresseur, chant core hurlé sur les couplets et refrain accrocheur sur lequel la voix se fait plus mélodique sans être totalement claire, puis passage instrumental en guitares harmonisée sur une rythmique en tagada tagada qui ne peut être qu’un hommage à Iron Maiden. N’oublions pas le son puissant et très clair, voire aseptisé, et le cahier des charges est parfaitement rempli. Seule excentricité : le chanteur s’exprime dans sa langue maternelle, celle de Goethe et des Tokio Hotel.

Bon début, malheureusement le meilleur moment de l’album est déjà passé… Les autres morceaux se divisent en deux catégories. On trouve d’une part une majorité de titres dont la recette est littéralement copiée sur celle de l’excellent opener, mais malheureusement avec beaucoup moins de réussite : "Infiziert", "Das Ende von John Wayne", ou encore les classiques mais efficaces "Mein Puls = 0" et "Tanz Der Teufel". D’autres morceaux sont le fruit d’une démarche plus commerciale en essayant d’être le plus accessibles possible, comme ce "Spiel Mir Das Lied Vom Sterben" au break central plus mélodique ou surtout cet infame "Und wenn der Schnee" entièrement chanté en voix claire. Encore pire, "Phantomschmerz" est une ballade pseudo romantique avec arpèges de guitares, violons et un chant qui essaye d’être émouvant… en allemand c’est dur. Quant à "Fremdkörper" c’est une autre ballade, à la guitare acoustique cette fois ci. Second degré kitch assumé ou morceaux sérieux affreusement commerciaux? Penchons pour la première solution, c’est préférable.

On trouve quand même quelques ovnis totalement inattendus au détour du disque. La dernière minute de "Spiel Mir Das Lied Vom Sterben", piano-voix nasillarde bien kitch, fait penser à une musique de cabaret des années folles (et peut évoquer le "Lazing on a Sunday Afternoon" de Queen). Sur le dernier titre, "Porn From Spain", on trouve un passage au chant rap totalement improbable interprété par un certain K.I.Z. soit disant légende allemande du Hip Hop (s’ils le disent…). En dehors de ces quelques délires rien de bien excitant à se mettre sous la dent, l’album devenant très rapidement ennuyeux. D’autant plus que l’écoute du CD promo est rendue difficile par un horripilant voice over, cette voix qui couvre la musique à intervalles réguliers pour nous dissuader, nous vilains chroniqueurs habités par le démon, de mettre l’album en téléchargement illégal sur internet. Ici c’est une voix de zombie qui interrompt les morceaux en allemand ! Pas facile de rester concentré sur la musique dans ces conditions…


Ce Zombieactionhauptquartier est donc tout le contraire de ce que prétend la biographie du groupe. Callejon n’est qu’un nouveau groupe de metalcore parmi tant d’autres, pas pire qu’un Caliban par exemple mais pas tellement meilleur non plus. Seul le chant en allemand et quelques petites excentricités preuves d’un certain second degré lui procure un peu plus de personnalité.


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