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CHRONIQUE PAR ...

40
Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 10 février 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Brian Johnson
(chant)

-Angus Young
(guitare)

-Malcolm Young
(guitare)

-Cliff Williams
(basse)

-Phil Rudd
(batterie)

TRACKLIST

1)Hell's Bells
2)Shoot to Thrill
3)What Do You Do for Money Honey
4)Givin the Dog A Bone
5)Let Me Put My Love Into You
6)Back in Black
7)You Shook Me All Night Long
8)Have a Drink on Me
9)Shake a Leg
10)Rock and Roll Ain't Noise Pollution

DISCOGRAPHIE


AC/DC - Back In Black
(1980) - hard rock - Label : Atco Records



Difficile de trouver dans l'histoire du rock un album plus marquant que Back In Black. Tout d'abord parce qu'il s'agit de l'album de rock le plus vendu au monde (42 millions de copies tout de même, soit un album toutes les 20 sec en moyenne) et surtout car il sert d'éloge funèbre au très charismatique Bon Scott, décédé quelques mois auparavant. C'est dans ce contexte pas simple que déboule Brian « The Throat » Johnson, avide de montrer qu'il a tout à fait sa place dans le combo australien.

Suite au décès aussi tragique que soudain de Bon Scott, les frères Young parviennent à surmonter l'immense chagrin qui les habite et décident que la meilleure façon de saluer la mort de leur ami est de continuer de faire exister AC/DC. Ils engagent Brian Johnson et enregistrent Back In Black en quelques mois. Inutile d'avoir fait de grandes études de psychologie pour comprendre la signification du titre et de la pochette entièrement noire du vinyle : le fantôme de Bon Scott plane. Pourtant l'album est loin d'être funèbre et à l'exception de deux titres dédiés à feu Scott (la légendaire "Hell's Bells" et "Have a Drink on Me"), l'ensemble des titres semble plutôt célébrer le mode de vie qu'affectionnait Scott à grand renfort de riffs rock n' roll. Rock n' Roll? Plus tant que ca, finalement... Bien sûr il y a toujours cette petite touche blues/rock qui peuple la musique des frangins, mais le ton s'est nettement durci depuis Highway To Hell et la voix du père Johnson n'arrange pas les choses. Nettement plus rapeux et beaucoup moins chaleureux, le timbre du gaillard est plus propice aux déferlantes nerveuses qu'aux déclamations sexy/malsaines de son prédécesseur et son arrivée fait plonger définitivement le groupe dans le hard rock. Tout comme la production, d'ailleurs... Plus tendue et axée sur les guitares (qui gagnent en saturation), elle donne aux titres des Aussies un regain de puissance mais fait perdre le côté « live » et chaleureux des premières productions.

Étant donné l'histoire particulière de cet album, il est très facile de croire que le succès de Back In Black ne repose que sur l'aura qui entoure la mort de Bon Scott et tout le décorum qui entoure la sortie de l'album. Si cela n'est pas entièrement faux, ca n'en est pas moins réducteur. Il ne faut pas perdre de vue que l'album des Australiens est peuplé d'excellentes chansons, dont certaines deviendront les « hymnes » des tournées gigantesques, apanage du AC/DC post-Scott. À commencer par le morceau titre "Back In Black". Bénéficiant d'un riff inoxydable, d'un groove qui a brisé plusieurs générations de cervicales et d'un solo qui figure au Panthéon du rock (et ce final, ce final!), le morceau justifie à lui seul l'achat du disque. Enfin avec "Hell's Bells" : intro inquiétante, riff hargneux et le refrain mythique : énorme. Dans la même lignée "Shoot to Thrill" ou "You Shook Me All Night" font bonne figure : bon groove et excellentes lignes de chant d'un Johnson qui donne tout pour faire ses preuves (sans compter son petit côté canaille pas dégueulasse!) et qui y parvient. Dans un registre moins hard-rock, "Givin the Dog a Bone" ou "Shake a Leg" font leur effet et la part belle aux riffs de la paire Young, qui, comme à leur habitude, sonnent comme un seul homme. Ajoutons à cela "Rock n Roll Ain't Noise Pollution", profession de foi d'un Brian Johnson qui semble à l'aise dans son nouveau rôle et qui vient prouver sa légitimité au sein du groupe.


Malheureusement, si Back In Black signe la renaissance du groupe, il marque aussi sa décadence car après ce chef d'œuvre du hard-rock, le groupe connaitra une longue traversée du désert, peuplée d'albums médiocres. En attendant cet hommage posthume au grand chanteur qu'était Bon Scott est une totale réussite. Bientôt 30 ans après sa sortie, Back In Black reste un grand classique, inoxydable et indémodable : 42 millions de personnes ne peuvent pas avoir tout à fait tort...


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