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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 23 février 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Richie Wicks
(chant)

-Stony Grantham
(basse)

-Nikki Robson
(guitare)

-Chris Allen
(guitare)

-Scott Higham
(batterie)

TRACKLIST

1)Shadow Keep
2)Incisor
3)Ten Shades Of Black
4)Riot On Earth
5)Six Billion Points of Light
6)Waiting For The Call
7)As The Hourglass Falls
8)Leviathan Rising
9)Heart Shaped Stone
10)With Force We Come
11)How Many Times (Have we tried to save the world)

DISCOGRAPHIE


Shadowkeep - The Hourglass Effect
(2008) - heavy metal - Label : Underclass



Alors Shadowkeep, ce sont des européens qui font du heavy metal. Rien de bien original jusque-là, certes. Cela dit ces bonshommes nous viennent tout droit du pays du rosbeef, du rugby aérien et de l’allumage d’illuminées (Jeanne D’Arc n’est plus là pour en parler aujourd’hui), j’ai nommé l’Angleterre. C’est-à-dire, pas le premier pays qui vient en tête lorsque l’on cause de ce style, même si c’est en grande partie là-bas que tout a commencé. Une sorte de retour aux sources donc.

Oublions tout de suite les comparaisons entre Shadowkeep et ses illustres ainés, dont les noms vous seront sûrement venus en tête à la lecture de cette introduction. Car les prétentions sont ici largement revues à la baisse. Avant de pondre un chef-d’œuvre, il faut d’abord songer à aller à l’essentiel. Ca, Shadowkeep l’a parfaitement compris en pondant un heavy metal tout à fait classique, uniquement basé sur les guitares (même si quelques nappent viennent soutenir discrètement le tout à l’occasion), contrairement à ce que l’appellation prog, sous laquelle on essaie pourtant de nous vendre cet album, laisserait entendre. Notons tout de même, c’est à la mode en ce moment, la présence de quelques growls. Mais contrairement à l’excellent Theocracy, ceux-ci ne sont pas utilisés avec grand génie, à l’image de la très moyenne "With Force We Come". Mais commençons par le commencement, car cela partait bien avec la très efficace "Incisor" : riffs acérés, batterie variée, de la technique, de l’efficacité… Comme dirait l’autre, c’était mieux avant. Car si vous avez le malheur de remettre la piste 11, la perte qualitative risque de vous abimer les oreilles.

Qu’a-t-il bien pu se passer entre ces deux titres ? On verra au fur et à mesure de l’album… Quelques mots sur le chant d’abord. Richie Wicks rappelle par moment Rob Halford, avec son timbre particulier, mais sa légère tendance à gueuler rend parfois les lignes de chants assez agaçantes. D’autant que l’homme ne se retient pas pour pousser des screamings suraigus, à l’image de son idole. Mais si l’on laisse de côté la voix, qui n’empêche tout de même pas l’écoute, il faut reconnaitre que tout cela n’est pas trop mal torché. Même si la production ne brille pas par sa clarté et sa puissance, la faute au manque de moyens probablement, les riffs sont assez efficaces et les guitares de Nikki Robson et de Chris Allen font mouche. Surtout qu’au bon moment, la cadence est interrompue par une ballade pas bien folichonne (Six Billion Points of Light), mais qui permet de relancer l’album pour un "Waiting for the Call" qui n’aurait probablement pas fait d’effet du tout sinon, la double pédale moulinant beaucoup plus souvent dans le vide que lors du titre d’ouverture. Car ça y est, on a déjà sombré dans une monotonie et un ennui qui ne nous lâchera plus jusqu’à la fin de l’album.


L’illusion aura été de courte durée. Car finalement, en 2009, quelques riffs efficaces ne suffisent pas à faire un bon album et Shadowkeep semble pêcher par jeunesse à ce niveau, avec pourtant deux albums et un EP dans la besace. Des productions comme ça, il y en a de toute façon beaucoup et il y en aura d’autres. Alors à moins que vous n’ayez envie de dépenser vos deniers pour les quatre premiers titres (dont une intro…), passez votre chemin.


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