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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mars 2009
Sa note : 6/20

LINE UP

-Laurent Fabisz
(chant)

-Damien Spanu
(guitare)

-Axel Limonier
(guitare)

-Sébastien Gouttes
(basse)

-Pierre Roellinger
(batterie)

TRACKLIST

1)Bleeding Life
2)Headbanger
3)Destiny
4)Red Revenge
5)Judgement Day
6)Kryzees Rocks
7)Back to My Life
8)The Believer
9)The Wheel of Fate
10)Trick or Treats

DISCOGRAPHIE


Kryzees - The Wheel of Fate
(2008) - heavy metal - Label : Autoproduction



Kryzees, petit groupe bien de chez nous au nom imprononçable, sort aujourd’hui son premier album : The Wheel Of Fate. Sonnez, trompettes ! Résonnez, tambours ! Cocorico ! Qui sait, en ces temps fastes pour le metal dans l’Hexagone, peut-être que le nouveau messie est arrivé et qu’il est Français. Ou peut-être aussi que la France, ça reste une terre d’amateurisme bien en retard sur ses homologues européens au niveau metal et que les quelques fers de lance qui marchent actuellement ne sont que de trop rares cache-misères.

Car si cette introduction coupe court à tout suspens, c’est pour mieux vous préparer à la souffrance que représente l’écoute intégrale de cet album. En effet, une minute et onze secondes, c’est le temps précis qu’il faudra à l’illusion pour se dissiper. Cela partait sur un heavy metal traditionnel d’assez bonne facture, bien que manquant salement de personnalité. Un chant pas trop mauvais, des riffs accrocheurs, un mid-tempo avec une bonne énergie, un bon drive. Et puis arrive le refrain. Plus précisément, arrive le chant du refrain, qui transforme ce qui est habituellement un moment épique et fédérateur en épreuve de force pour les tympans. Juste derrière, les soli, deuxième moment de douleur intense. C’est bien simple, les guitaristes n’arrivent pas à aligner plus de trois notes correctement. Quand le passage est simple, il faudra profiter de quelques moments de justesse. Lorsqu’il s’agit d’un plan plus compliqué, on aura droit à une bouillie sonore inaudible. Ca y est, vous êtes prêts à écouter l’album dans son intégralité ?

D’autant que, fort de ces deux points forts (sic) que sont le chant et surtout les guitares, dans notre cas, tous les passages instrumentaux versent dans la caricature la plus absolue. Ces harmonies épiques à la Maiden, cette basse galopante que ne renierait pas un Steve Harris beurré comme un char Leclerc… On en vient très vite à pleurer un retour prochain de la Vierge de Fer. Pour ceux qui tiendront jusqu’à la fin de l’album, on a même le droit à du chant suraigu à la Ripper/Halford ("Trick or Treats"). Après ce qui a été dit plus haut, à vous de faire marcher votre imagination. Pourtant quelques riffs ici et là ne sont pas trop mal sentis, même si cela pue le Powerslave attaqué à l’acide sulfurique. Pour continuer dans la comparaison avec les Anglais, la basse est mixée très en avant et bien que Sébastien Gouttes ne s’en sorte pas trop mal dans cet exercice, on ne peut pas dire qu’il ait été doté d’un son à la hauteur. L’espace sonore des graves est bien plus occupé par les guitares. En tout cas, la production a au moins le mérite d’être moins brouillonne que les instruments qu’elle sert.


Inutile d’insister, Kryzees n’est pas la sensation heavy metal française, loin s’en faut. Trop d’amateurisme, un style à la limite du caricatural, pas de personnalité ou si peu… Toutes ces tares prennent bien trop de place pour laisser s’exprimer les quelques rares bonnes idées parsemées sur The Wheel of Fate.


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