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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mars 2009
Sa note : 10/20

LINE UP

-Zakk Wylde
(chant+guitare)

-Derek Sherinian
(claviers)

-Tony Franklin
(basse)

-Virgil Donati
(batterie)


+ guests:

-Rusty Cooley
(guitare)

-Taka Minamono
(guitare)

-Brett Garsed
(guitare)

-Brian Tichy
(guitare+batterie)

-Jimmy Johnson
(basse)

-Rob Mules
(basse)

-Tina Guo
(violoncelle)

TRACKLIST

1)Antarctica
2)Ascension
3)Primal Eleven
4)Wings of Insanity
5)Frozen by Fire
6)The Lone Spaniard
7)Molecular Intro
8)Molecular Heinosity
9)So Far Gone

DISCOGRAPHIE


Sherinian, Derek - Molecular Heinosity



Bobby croyait être revenu de tout. Il avait fini par trouver son héros : Zakk Wylde, ou Zakkouille, comme il le nommait affectueusement, comme pour se donner l’impression qu’il l’avait connu depuis toujours, qu’il ne comptait plus les cuites passées à ses côtés ; Musique pour gueule de bois, avait-il appelé un de ses albums ! Sacré Zakkouille ! Oui, Bobby, alors, pouvait rire… alors, il ne connaissait pas encore les activités troubles que menait son héros de guitariste au sein d’une communauté onaniste… mais il ne lui restait que peu de temps avant l’horrible découverte, qui changerait sa vie à jamais…

On a beau se dire que ce n’est pas la première fois que Wylde et Sherinian collaborent sur un disque de ce dernier, le couple semble toujours mal assorti : un redneck qui fait parler la poudre et un top model qui prend son pied à faire causer la molette de pitch, ça fait rarement bon ménage. Mais dans le fond, taquiner le manche n’a jamais posé problème à Zakk, et comme chez Derek c’est festival de virtuosité et de mauvais goût 24/24, il peut s’en donner à cœur joie. Comme on s’y attend, le résultat est catastrophique dès que la bande joue la carte de l’émotion, et le lamentable "The Lone Spaniard" sera un exemple de plus, entre la mélodie en carton dont même Richard Clayderman n’aurait pas voulu, la basse fretless qui n’a rien à faire là, et le soliste qui en fait tellement des kilo-tonnes qu’on finit par croire à un exercice parodique. Par chance, il s’agit du seul titre de Molecular Heinosity qui cherche à faire pleurer les yeux ; le reste se veut agressif, épique, et bandant.

Voilà qui correspond mieux à notre fine équipe, qui s’y connaît dans les riffs de porc et les solos à décorner les bœufs (ou l’inverse). La suite en trois parties qui ouvre l’album est impresionnante, même si on est en terrain connu : rythmiques asymétriques, sons de claviers stridents, thèmes mélodiques grandiloquents, tout ça se retrouve dans une mixture finalement pas si indigeste ! Les plans sont accrocheurs, les moments de répit bien sentis, et si les solos restent baveux, ils servent le propos plutôt que de l’alourdir et ont même une certaine classe, comme celui, excellent, qui referme "Antarctica". On sent l’affaire bien engagée après ce trio d’entrée… et dès "Wings of Insanity" le groupe se ramasse dans sa verbosité, la faute à des compositions qui manquent d’éléments sans doute jugés secondaires comme, par exemple, un riff intéressant, un travail rythmique audacieux, ou bien une certaine variété dans les approches.

Oui, Derek a voulu faire du rentre-dedans, mais les fondations tristement basiques de titres comme "Wings of Insanity" ou "Frozen by Fire" réduit à néant les efforts de la troupe pour nous en mettre plein la vue. On passe d’un shred pénible à l’autre, on s’ennuie devant ces tentatives de poudre aux yeux et on se dit qu’au moins, avec "The Lone Spaniard", on avait l’occasion de se marrer un peu. Il faudra attendre que Zakk prenne le micro sur "So Far Gone" pour que notre attention soit de nouveau captée, tant cette chanson semble plus burnée que tout ce qui a pu la précéder. Lente et menaçante, armée d’un refrain de plomb qui fera un malheur chez les doom fans, elle se paie le luxe d’exploser dans un break de folie où le groupe retrouve les cojones qu’il avait égarées cinq morceaux auparavant, avant de revenir à son ambiance pesante. Un morceau chanté en tuerie d’un album instrumental, voilà qui pose tout de même un problème…


Ça ne suffira peut-être pas à Bobby pour pardonner les exactions de son Zakkouille dans cette fange peu inspirée dans son ensemble, qui montre qu’il ne suffit pas de vouloir jouer le dur pour l’être. Apportez le riff qui va bien, la construction qui surprend, l’ambiance qui convient et vous saurez vous donner les moyens de tout casser, quelques titres le montrent bien ; autrement, la fatuité de l’entreprise transparaîtra, et tous les solos du monde n’y changeront rien.


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