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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mars 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Frank
(chant)

-Pascal
(guitare)

-Manu
(basse)

-David
(batterie)

TRACKLIST

1)Underwater
2)Tonight (We Fly)
3)Murders in the 70’s
4)Chemical Skin
5)Immediate Sugar Rush
6)Run to the Sun
7)Memorabilia
8)Acid Money Love Guru
9)Mandarina
10)Somewhere
11)Rockumentary
12)A Million Days
13)Hesitate
14)Weight of Dreams
15)Solid Liquid Ether

DISCOGRAPHIE


Jenny In Cage - Solid Liquid Ether
(2009) - pop rock - Label : Autoproduction



Mais qu'est-ce qu'elle a donc fait cette pauvre Jenny, pour qu'on la mette en cage ? Je propose d'appeler les services sociaux. Surtout que le groupe de forcenés parisiens qui la retient cache bien son jeu : qui pourrait soupçonner de telles maltraitances un groupe pratiquant une musique aussi peace ? Ben oui : Jenny In Cage fait principalement de la pop-rock simple et pacifique, tout faite d'émotions et de dénuement, et ce ne sont pas les quelques morceaux plus hargneux qui pourraient les faire passer pour des tortionnaires. Bandes de génies du mal, va.

Les membres se présentent pourtant comme un groupe de rock avant tout, et citent même les Deftones parmi leurs influences. Mais si la parenté apparaît évidente lors de l'opener "Underwater", c'est à White Pony qu'on pensera et pas à à Adrenaline : syncopes, chant plaintif et notes tenues, mur de guitares servant uniquement à poser des ambiances, on tape en plein dedans. On tape tellement dedans que ça relève plus du plagiat que de l'influence d'ailleurs. Mais on aurait tort de penser que Solid Liquid Ether se résume à cette approche car le titre en question est le seul de son genre sur l'album. Dès "Tonight (We Fly)" on part dans une pop pure teintée de post-rock, totalement mélodique... mais c'est cette fois-ci l'ombre de Placebo qui plane. Et les titres suivants voient Jenny In Cage développer diverses variations autour d'une pop-rock aux influences plus ou moins digérées (ah, la présence écrasante de Muse dans "A Million Days" !), le point commun étant une simplicité volontaire dans les plans. Autant dire que la première écoute de l'album laisse circonspect, et qu'on se dit qu'on est tombé sur un album générique de plus.

Sauf que Solid Liquid Ether se dévoile sur la longueur, et qu'on finit par comprendre que la simplicité voulue par le groupe peut aussi être une force qu'une faiblesse selon les compos. Faiblesse quand on bascule dans la répétition stérile et énervante, que ce soit dans un registre hyper mélodique comme dans "Chemical" ou "Somewhere" ou plus musclé tel le refrain pénible au possible de "Weight of Dreams". Force quand le groupe parvient sans qu'on comprenne trop pourquoi à faire vivre des moments de grâce, des moments où il bascule dans une forme de beauté pure et envoûtante. La ligne de chant, les cordes et les arpèges de "Memorabilia" sont de cet acabit et transportent l'auditeur au loin sans prévenir dans une mélancolie contemplative. Idem pour une "Hesitate" hypnotique au possible, alors que les thèmes de "Murders in the 70s" sont tellement entêtants que s'en débarasser est quasiment impossible. Cette hétérogénéité est au final assez logique : quand on choisit consciemment de ne pas se planquer derrière des effets et des cache-misères, le risque de se planter est d'autant plus grand. Et le mérite à réussir d'autant plus grand aussi.


Des instants de pure beauté côtoient donc d'autres n'apportant que de l'ennui, ce qui déstabilise toujours un peu. Gros melting-pot de ce que le rock alternatif et la pop anglophone ont pu produire depuis quelques années, Solid Liquid Ether renferme suffisamment de moments réussis pour qu'on parie sur eux. Après tout ceci est le premier album d'un groupe formé il y a deux ans, donc autant voir le verre à moitié plein.


www.myspace.com/jennyincage


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