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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mars 2009
Sa note : 6/20

LINE UP

-ST Grey
(chant)

-I.C
(guitare+chant)

-Y
(basse)

-SV
(batterie)

TRACKLIST

1)Intronisation Chamber – Room
2)The Aeon's Tragedy – Where Laments a Mutilated God
3)Fight with Wrath - A Tribute to What Will Never Die
4)The Primal Hate - Sculpting the Concealed Walls of Ignem Odii
5)Honour and Ruins - Riding Death Through Mountains and Seas
6)Of Nine and Fire – The Burning of the Kythera Island

DISCOGRAPHIE


Ignem Odii - Adversa Fraternitas – Prologus



Il y a des jours où le ciel est bleu, où le soleil brille mais ne chauffe pas, et ces jours-là qui annoncent le printemps augurent d'une humeur chantante à l'instar des oiseaux qui s'activent à collecter de quoi bâtir leurs foyers. Ce n'est pas ici que vous trouverez Ignem Odii, car ils travaillent depuis deux ans dans leur souterrain parisien pour accoucher, non sans douleur, de cette démo de six titres répondant au doux nom de Adversa Fraternitas – Prologus.

Franchement, après une journée pareille, c'est la tuile, complètement hors sujet la démo. Et même en cherchant bien, il est impossible de trouver un nom d'oiseau qui puisse ressembler à la voix de ST Grey. Il est difficile de savoir si c'est la faiblesse de la production qui rend la voix si moyenne, mais il est en revanche aisé de savoir que la route risque d'être longue. Bien que vraiment dans la tessiture black, le growl se veut parfois audible et à tort, car mieux vaut qu'il reste secret, un peu lancinant, même s'il mériterait un peu de profondeur au mixage. On fait avec les moyens du bord et c'est louable, mais le rendu est assez approximatif sur le disque.

Ce qui est vrai côté vocal l'est aussi musicalement pour la production. Certains passages ne rendent rien, même si l'idée y est. La voix est souvent trop en avant sur les riffs, la batterie reste honnête même si un peu hachée, la guitare est trop grésillante et saturée - ce qui en passant colle assez bien au style bien que moyennement agréable par moment, la basse quasi inexistante. En revanche, si l'on fait abstraction de la qualité de production et de la technique, on peut ressentir une certaine capacité d'écriture au global, traduite par pas mal de ruptures de rythme, de breaks, et on se prend à imaginer ce que cela rendrait avec une production digne de ce nom...

Allez, il faut quand même justifier un peu plus la note...L'intro "Room 1" était bien pensée pour l'ambiance noire mais la voix dénote, le côté riff rock de "The Aeon's Tragedy" aurait été sympa si ce grésillement ne finissait pas par énerver, les intro et riffs rock de "Fight with Wrath" sont gâchés par la performance vocale (et c'est vraiment dommage car c'est bien en place musicalement), le break vers 6'30" dans "Honour and Ruins" est bien vu et placé pour permettre une bonne transition sur la suite, la fin angoissante et mélancolique de "Of Nine and Fire" aurait mérité des petites sœurs...C'est frustrant au travers de cette analyse de voir avec le recul que les bonnes parties sont largement mangées par les autres.

Enfin, et là prenez-le comme une tirade personnelle, mais la lecture de la biographie laissera pantois quelques uns d'entre vous à coup sûr. Morceau choisi : « D’un Black Metal dynamique aux thèmes archaïques, Ignem Odii évolue vers une musique axée sur la métaphysique, la théologie, la cosmologie, et emprunte des voies ésotériques et religieuses qui contribuent à formuler de nouvelles théories. C’est une philosophie qui possède ses fondements et ses dogmes, son savoir, sa conscience transcendantale et inaccessible ». Que ceux qui trouveront le dynamisme et la formulation de nouvelles théories n'hésitent pas à me téléphoner. Il faut dire que sans livret, il est difficile de vérifier ce que contiennent les textes.


Il faut de l'indulgence et de la patience pour arriver au bout de Adversa Fraternitas – Prologus, ainsi qu'un peu de lucidité pour essayer d'imaginer qu'avec plus de moyens, il y aurait pu y avoir quelque chose d'intéressant, pas génial, mais intéressant. Malheureusement, le niveau technique sonore de cette production en gâche le contenu, ainsi que quelques facilités propres à une démo.


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