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CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Fabio Del Sal
(chant)

-Antonio Pin
(guitare)

-Andrea Ferrara
(guitare)

-Gianluca Venier
(claviers)

-Stefano Venuto
(basse)

-Ivan Moni Bidin
(batterie)

TRACKLIST

1)Madness
2)Secret
3)It Slowly Dries My Tears
4)Bloody Dream
5)Throughout Time
6)For a Lifetime
7)Only Silence
8)Higher
9)In the Flood
10)Cry Out (bonus track)

DISCOGRAPHIE


Last Warning - Throughout Time
(2009) - heavy metal metal prog - Label : SPV



Last Warning, ce sont des Italiens dont vous n’avez peut-être pas entendu parler. Et pour cause : ils réussissent l’exploit de sortir leurs albums à un rythme inférieur aux allemands de Blind Guardian. Il fallait le faire. Throughout Time est donc leur troisième effort, après celui paru en 1994 et celui de 2000… Pour expliquer partiellement ce si long intervalle, il faudrait évoquer les quelques changements de line-up qu’il y a pu y avoir entre temps, mais ce serait dresser une liste de noms inconnus.

Autant repartir à zéro donc et présenter ce groupe à une grande majorité qui ne connaît sans doute pas. Les Italiens officient donc dans un heavy metal d’apparence assez classique, mais qui emprunte beaucoup au metal prog au niveau de certaines sonorités. A ce titre, le travail de Gianluca Venier aux synthés rappelle parfois celui de Kevin Moore dans son utilisation des nappes ou des claviers leads comme dans les sonorités utilisées. L’appellation prog se justifie aussi par quelques rythmiques un peu alambiquées, souvent utilisées lors de ponts pour arriver à un refrain plus simple et aisément mémorisable, histoire de rester accrocheur. Pour preuve le titre d’ouverture "Madness", qui rappelle parfois fortement le "Metropolis pt I" de qui-vous-savez. Pourtant, lors de quelques passages plus guitaristiques, on évolue plutôt dans le heavy metal pur et dur, à l’allemande. La bonus track, "Cry Out", a d’ailleurs un riff purement heavy speed mélodique, mais c’est peut-être pour ça qu’elle a été placée en bonus track. Notons également la mid-tempo "Bloody Dream", avec son gros riff limite dissonant, sa double pédale estampillée Jorg Michael et son refrain épique. Les quelques nappes de synthé ne trompent personne : on écoute bien du heavy.

Pourtant, un autre élément pouvant porter à confusion est la durée des titres, puisque seulement trois d’entre eux, bonus track comprise, passent en dessous de la barre des 6 minutes. Pas exactement ce qu’il y a de plus accessible donc. Malheureusement, la mixture ne prend pas toujours, la faute à plusieurs éléments qui viennent gêner l’écoute. Première fautive : la production. Même si l’on entend tous les instruments distinctement, le son manque clairement de profondeur et de clarté pour espérer rivaliser avec d’autres productions professionnelles avec plus de moyens. Les guitares manquent de niaque, la batterie est désespérément plate et la voix ne s’en sort guère mieux. Notons d’ailleurs la performance du vocaliste Fabio Del Sal qui est doté d’une tessiture impressionnante, bien qu’il ne s’en serve pas toujours à bon escient et qu’il manque encore un peu de maitrise. Mais vu qu’il s’agit d’un petit nouveau, gageons que ces quelques petits défauts seront corrigés dans le futur (si le prochain album ne sort pas dans 10 ans bien sûr). Reste tout de même quelques titres accrocheurs, notamment la title track assez variée et aux sonorités légères ou encore la parfois plus pop "For a Lifetime".


Malheureusement, quelques bons riffs et mélodies accrocheuses ne suffisent pas à rattraper le sentiment de platitude qui s’échappe de Throughout Time, la faute encore une fois à une production pas du tout à la hauteur. Et il est clair que tant que les Italiens n’augmenteront pas leur rythme de production, ils ne trouveront certainement pas les moyens de faire mieux. Dommage pour un album et un groupe loin d’être dénués d’intérêt.


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