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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Kai Hoffman
(chant)

-Falk Hoffman
(guitare)

-Ramses Razmjoo
(guitare)

-Dirk Riegner
(claviers)

-Martin Hirsch
(basse)

-Lars Graebe
(batterie)

TRACKLIST

1)Away
2)Mein Kleiner Tod
3)Weck Mich Auf
4)Nichts Ist Mehr Wahr
5)Forever In You
6)The Same Way
7)Broken
8)Ich Kann Dich Sehn
9)Lass Mich Los
10)Changes

DISCOGRAPHIE

Alternate (2006)

Secret Discovery - Alternate
(2006) - gothique - Label : Drakker



«Hé, Fernand, Secret Discovery sort son septième album!» Timothée a beau essayer d’impressionner son grand frère gothique, rien n’échappe à Fernand, qui a déjà l’album sur son PC depuis lurette. «Je sais, mais Secret Discovery c’est nul.» Timothée n’a plus qu’à rentrer dans sa chambre la queue basse. Après avoir découvert les Sisters Of Mercy (voir épisodes précédents), le petit frère aimerait bien découvrir des groupes plus actuels, peut-être que s’il écoutait des groupes goth’, il pourrait rentrer dans le move et enfin aller draguer les corbelles bourrées à la sortie du KataBar.

Oui mais voilà, Secret Discovery est malheureusement devenu bien désuet à l’heure actuelle. Il y a quinze ans, les goth’ étaient des gens fréquentables, ils sautaient sur la scène des Sisters Of Mercy, ils crachaient sur Bauhaus et slamait sur du Siouxsie. Aujourd’hui pour être goth’, il faut être triste, lent, et de préférence mou et chiant. Comment voulez-vous que Secret Discovery, groupe de goth’ qui pulse (c’est possible), puisse susciter le moindre spasme à toutes ces limasses maquillées? C’est pourtant pas faute d’essayer, le travail de Riegner sur le mixage est énorme, et sur certaines pistes, on se dit que le but est même largement atteint.

Impossible de parler de Secret Discovery sans parler des Sisters Of Mercy, qui ont toujours eu l’air d’être leurs maîtres à composer, même dans leurs passages les plus metal. Reprenant leur rock lourd et pompeux, les Secret Discovery n’ont toutefois pas pu s’empêcher d’y rajouter quelques éléments typiquement allemands, à commencer par le chant (cinq des dix pistes sont en teuton); mais également une brutalité d’aciérie qui n’est pas sans rappeler la musique agressivo-machinique de l’industrial. Ne prenez pas peur, Secret Discovery ne tombe jamais dans la violence du metal, on a à faire à un groupe goth’ old-school, pas à Paradise Lost. Inutile de dire que les morceaux en allemand sont de (très) loin les meilleurs ici. Si le chanteur est bien plus doué dans ce registre (logique), même les musiciens semblent plus à l’aise sur les morceaux germaniques. L’ouverture "Away" semble intéressante dans son démarrage electro-indus mais tombe ensuite dans la banalité; "Forever In You" est une ballade qui manque de punch et "Broken" se noie elle-même dans ses six minutes répétitives. "Nichts Ist Wehr Mahr", superbement produit, n’arrive pas vraiment à décoller malgré une bonne association piano-guitares et "Ich Kann Dich Sehen" ne vaut que pour son refrain.

A côté de cela, "Mein Kleiner Tod" dispense des couplets simplets mais s’enfonce dans un symphonic-goth du plus bel effet durant les refrains; et on tombe littéralement sous le charme de "Weck Mich Auf", ode martiale remplie de suffisamment d’énergie pour soulever toute une maison de retraite, le chant guttural d’Hoffman porté sur des guitares rougeoyantes, c’est un exemple de réussite. Impossible également de passer à côté de la curiosité qu’est "Lass Mich Los", sorte de croisement improbable entre Depeche Mode et Rammstein. Sur des guitares arides que planche une grosse caisse convulsive, Kai Hoffman alterne des chants en réponse, se montrant aussi convaincant sur du clair qu’en voix sombre. Secret Discovery a réussi son coup.


Il est vraiment dommage que ce disque soit entaché par "Changes", une ballade terminale lourde censément touchante, remplie de (faux) violons et de langueurs (vraiment) monotones. Je vous laisse apprécier par vous-même : «Everything changes! But I always stay the same…» Imaginez Hoffman entrain d’imiter Frank Michael, et vous avez probablement le plus mauvais morceau jamais enregistré par le groupe. Une terminaison qui, heureusement, n’est pas une fatalité, il vous suffira d’appuyer sur STOP à la fin de la précédente et de jouir tranquillement de ce que vous avez auparavant entendu de l’album (qui malgré ses imperfections, le vaut bien).


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